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Après ses numéros d’indépendance allant de théories sur l’esclavagisme à la fin des maisons de disques, Prince a encore changé d’ennemi: l’internet, c’est aussi fini, explique-t-il. Il vomit iTunes, ces derniers temps, au prétexte que la plateforme MP3 vampiriserait la musique sur le dos des créateurs. Prince a ainsi décrété qu’aucun site de téléchargement n’aurait droit à son œuvre.
La dernière s’appelle 20Ten, dizaine de titres sautillants: plutôt un correct album de Prince, dont la production reste hors de portée du tout-venant contemporain. Sticky Like Glue colle aux oreilles, Future Soul Song est une ballade sucrée et on a droit à Lavaux, où il dit son amour des vignes découvertes durant ses passages à Montreux. La critique mondiale est divisée sur ce titre ensoleillé, certes pas révolutionnaire. Certains y voient un des pires morceaux du chanteur, c’est sûrement qu’ils n’aiment pas le chasselas.
On peut déjà écouter ça sur l’internet, même si ça l’énerve. Prince a, comme pour son précédent opus, décidé d’une distribution à travers des journaux contactés par son management. Daily Mirror et Daily Record en Angleterre (2,5 millions de copies), Rolling Stone en Allemagne, etc. Rien chez nous, mais il sera possible de trouver 20Ten cette semaine dans les 130 000 exemplaires en kiosque de l’hebdomadaire français Courrier international, dont 8000 (presque quatre fois plus que d’ordinaire) seront distribués en Suisse vendredi 23 juillet, jour où il était supposé donner aubade à Genève: un concert en voie d’annulation, vu l’amateurisme crasse de ses organisateurs.
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