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La lettre ouverte de Peter Bodenmann
A Christine Beerli

Par Peter Bodenmann - Mis en ligne le 18.11.2009 à 15:48

Chère Christine Beerli,

La politique suisse est aux mains des grandes banques et des géants pharmaceutiques. Ils ont financé et continuent de financer les partis bourgeois. Avec succès et avec de lourdes conséquences. Sinon, vous ne seriez pas, en tant qu’ancienne politicienne radicale, présidente du conseil d’administration de Swissmedic.

Novartis est une entreprise suisse, comme Roche. Ces deux géants de la pharmacie bâloise imposent à notre pays des prix de médicaments trop élevés. A la charge des assurés, et comme signal avant-coureur face à l’étranger.

Dans l’Union européenne, une seule autorité – parallèlement et en concurrence avec les instances nationales – contrôle l’autorisation des médicaments. Si elle donne son feu vert, le médicament concerné est autorisé dans les 27 pays de l’UE.

En Suisse, chaque médicament doit être examiné et autorisé séparément par Swissmedic. Qui travaille mieux: la Suisse ou l’UE? Et ce double contrôle est-il nécessaire?

Des différences de qualité entre les deux autorités ne sont pas perceptibles. Au contraire des différences de tempo. Chez nos voisins, il est possible, depuis plusieurs semaines, de se faire vacciner contre la grippe porcine. Et cela grâce, entre autres, aux deux vaccins Focetria et Celtura, produits par Novartis. Et, avec une pandémie, tout dépend du tempo. La vaccination n’a d’effets qu’après deux semaines: les personnes vaccinées ne tombent plus malades, ni ne contaminent personne. C’est une course contre la montre.

Novartis, avec Daniel Vasella comme CEO, c’est la Suisse. Swissmedic, avec vous, Christine Beerli, comme présidente du conseil d’administration, c’est la Suisse. Focetria et Celtura sont des produits suisses. Rien ne devrait être plus simple que d’autoriser de manière aussi compétente et plus rapidement que l’UE deux médicaments suisses. Erreur sur toute la ligne. En appliquant le droit en vigueur, Swissmedic aurait au moins pu, après l’autorisation par l’Europe des deux enfants suisses Focetria et Celtura, donner son feu vert à la vaccination.

Mais la magouille radicale fonctionne seulement quand il s’agit de monter les prix des médicaments. Pas quand cela concerne le combat urgent contre la grippe porcine.

Tout le monde a des excuses. Tout le monde fait porter le chapeau aux autres. Novartis a-t-elle informé les Suisses plus tard que l’UE? N’était-il pas possible d’échanger les données avec l’Europe, d’autant qu’un accord existe? Le Conseil fédéral n’aurait-il pas dû faire emballer préventivement les médicaments pas encore autorisés? Quand les Américains veulent briser le secret bancaire, celui-ci est levé du jour au lendemain par le Conseil fédéral. Quand UBS a besoin de 40 milliards, la délégation financière des Chambres fédérales décide en un après-midi. Mais, quand il s’agit de la santé des Suissesses et des Suisses, c’est autre chose.

La grippe porcine n’a pas muté. Elle n’est pas pire qu’une grippe normale, au contraire. Et la majorité des Suisses ne se font de toute façon pas vacciner contre les grippes. Nous avons une fois de plus de la chance dans notre malchance. Mais tout aurait pu aussi se passer différemment.

Une seule question, en réalité, reste pendante: avez-vous le courage de proposer au Conseil fédéral que tous les médicaments autorisés par l’UE puissent aussi être commercialisés en Suisse?

La réponse est claire: Roche et Novartis ne veulent pas se passer de Swissmedic. C’est pourquoi le statu quo perdure.

Avec mes meilleures salutations. PETER BODENMANN

La magouille radicale fonctionne seulement quand il s’agit de monter les prix des médicaments. Pas quand cela concerne le combat urgent contre la grippe porcine.




Tags: Peter Bodenmann, Christine Beerli, géants pharmaceutiques, médicaments,

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