Cher Christophe Darbellay,
Les Zurichois ont voté la suppression du forfait fiscal accordé aux riches étrangers. Quelques-uns ont déménagé, mais la majorité est restée et paie désormais plus d’impôts que tous ceux qui, auparavant, bénéficiaient d’un forfait.
Quelle somme les partis bourgeois et leurs comités reçoivent-ils d’economiesuisse?
L’expérience nous apprend que plus de justice fiscale ne nuit pas, bien au contraire.
Le professeur Ueli Maeder a fait un calcul: sur 1000 personnes au monde, une seule vit en Suisse. Les gens qui habitent notre pays ont dix fois plus de fortune par personne que la moyenne mondiale.
Et en Suisse, cette fortune est répartie de manière très inégale. Trois pour cent des ménages disposent de 50% de la fortune totale.
Ueli Maeder et ses coauteurs ont parlé de cette opposition entre les classes avec les riches et les superriches de Suisse. Nombre d’entre eux ont mauvaise conscience, peur des protestations ou même d’une révolte contre les inégalités sociales croissantes, tant au niveau national qu’international.
Les chiffres de Maeder ont provoqué dans le Courrier des lecteurs du Tagesanzeiger une tempête d’indignation. Tout simplement parce que de plus en plus de gens remarquent que les choses ne peuvent plus continuer ainsi.
Une initiative du Parti socialiste exige plus de justice fiscale. Aucun canton de Suisse romande, aucune commune des cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura, Fribourg ou Valais, n’aurait à augmenter les impôts des riches et superriches si cette initiative est acceptée.
Ce sont les paradis fiscaux de Suisse centrale qui seraient quelque peu asséchés. Ils appâtent en effet avant tout des étrangers par leurs impôts très bas à l’intention des riches et des superriches. A Wollerau, on ne paie que la moitié de l’impôt dont on doit s’acquitter à Zurich ou à Sion.
Ce système a des conséquences perverses: là où les impôts sont trop bas, les prix des terrains agricoles ou à bâtir explosent, de même que les loyers. Dans les paradis fiscaux de Suisse centrale, un nouvel appartement de 4 pièces et demie coûte plus d’un million de francs. Les salariés qui bénéficient de revenus faibles ou moyens sont ainsi chassés de ces paradis fiscaux.
Et la spirale continue de tourner dans la mauvaise direction. Dernièrement, c’est Obwald, canton qui vit largement de la péréquation financière, qui a fait de la sous-enchère en offrant des cadeaux fiscaux encore plus importants.
La majorité des Suissesses et des Suisses, tout comme une grande majorité des électeurs du PDC, voteraient aujourd’hui en faveur de l’initiative du PS. A raison, et au contraire des délégués du PDC suisse, qui recommandent un refus.
Dans les semaines qui viennent, le Valaisan Pascal Gentinetta va dépenser beaucoup d’argent, pour que le Valaisan Christophe Darbellay fasse une publicité qui va à l’encontre des intérêts de son propre canton. Cela amène quelques questions:
- Quelle somme les partis bourgeois et leurs comités reçoivent-ils d’economiesuisse?
- Quelle somme economiesuisse et les banques injectentelles directement dans cette campagne de votation?
- Quelle sera la pression sur les cantons et communes romands si les paradis fiscaux de Suisse centrale demandent toujours moins d’impôts?
- Cela a-t-il un sens de pousser ver le haut le prix du sol par des impôts maintenus inutilement très bas?
- Est-il nécessaire de pousser hors de cantons comme celui de Zoug la population à faible et moyen revenu?
- Chaque voix contre l’initiative du PS n’est-elle pas une voix de plus contre la Suisse romande?
J’espère qu’au soir de la votation, vous aurez l’air plus vieux que vous ne l’êtes en réalité. Et que la barrière de röstis se noie dans le lac de Zoug. Avec tous mes voeux.
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