Responsable de Dexia Asset Management en Suisse depuis le 1er mai, Bernard de Halleux a en charge, à Genève, un milliard de francs sur les 115 milliards d’euros confiés globalement à l’entité de gestion d’actifs du groupe, essentiellement pilotée depuis Bruxelles.
Egalement responsable de la clientèle banques centrales et fonds souverains, il note chez ses clients institutionnels ayant le franc pour référence – à l’instar des caisses de pension – un réel souci de diversification et de gestion active pour tenter de dégager du rendement.
Tâche ardue, à l’ombre d’une devise dont la hausse face au dollar et à l’euro pourrait bien, comme en 2010, grignoter les performances obtenues dans ces monnaies. Nous l’avons interrogé sur les solutions proposées pour tenter de réaliser malgré tout une performance.
«La gestion alternative reste un bon moyen de dégager de l’alpha», estime cet expert. Spécialiste de la gestion alternative – avec un pôle de 7 milliards d’euros gérés dans des hedge funds à Paris – Dexia Asset Management diffuse en Suisse ses fonds single strategy ou multi strategies «à 85% auprès de clients institutionnels, mais aussi dans les fonds de fonds de banques ou auprès de leur clientèle privée».
Monitoring des risques souverains. Alors que la plupart des caisses de pension gèrent un important portefeuille obligataire et que le risque de défaut sur dettes souveraines a pris de l’ampleur ces derniers mois, certains clients ont opté pour «un monitoring actif du risque souverain». Dans ce cadre, «les spreads entre dettes souveraines sont régulièrement surveillés, de même que l’évolution du risque de dégradation de la note d’emprunteur de différents Etats».
De quoi permettre de réagir rapidement en cas de baisse de qualité du compartiment obligations. Une aide précieuse à la gestion «pour certains fonds de pension d’organisations internationales». Toujours au chapitre des obligations, la dette des pays émergents suscite un regain d’intérêt auprès de caisses de pension suisses soucieuses de doper un peu leur résultat.
Encore faut-il choisir un fonds obligataire en dettes émergentes tenant compte des spécificités fiscales des différents pays: «Certaines taxes imposées sur les placements des étrangers sont susceptibles de pénaliser sensiblement la performance.»
En ce qui concerne l’allocation globale en actions, «nombre de caisses de pension diversifient ce compartiment pour être plus exposées aux actions des pays émergents». Autre jalon sur la piste du rendement en francs: «Opter pour un mécanisme de contrôle dynamique des risques de l’ensemble de son allocation d’actifs.»
Il s’agit là plutôt d’éviter de perdre de l’argent, en couvrant les positions menacées de baisse: «La préservation du capital est devenue un souci majeur tant pour les clients privés que pour les caisses de pension ou les fonds souverains.» Ses clients institutionnels, lorsqu’ils sont gérés en euros, optent-ils parfois tout simplement pour un dépôt gelé en francs?
«Une telle attitude reviendrait à faire un pari sur la hausse d’une devise: cela n’entre pas dans la stratégie de gestion de grands institutionnels, tels, par exemple, les fonds gérant les retraites complémentaires françaises.»
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