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Par Peter Bodenmann - Mis en ligne le 31.10.2012 à 11:02 |
Cher Monsieur l’ancien conseiller fédéral Merz, Souvenons-nous. Avant votre élection au Conseil fédéral, Marcel Ospel, d’UBS, a empoigné son téléphone. Et travaillé au corps les élus radicaux au Conseil national et aux Etats. C’est pourquoi vous vous êtes imposé face à l’autre radical Franz Steinegger. En tant que représentant du capitalisme financier. Avec Christoph Blocher. Les bouchons de champagne ont sauté du côté de la Bahnhofstrasse à Zurich. A juste titre, comme on a pu le vérifier par la suite. En 2000, votre prédécesseur, lui aussi radical, a nommé un politicien local UDC, Urs Ursprung, à la direction de l’Administration fédérale des contributions. L’ultracompétent vice-directeur Samuel Tanner a été courtcircuité parce que ce président d’un club de football bernois était aussi socialiste. La plus grande tromperie de l’histoire récente de la Suisse s’est ensuite produite sous la forme de votre révision de la fiscalité des entreprises. Quelques points sont pour le moins incontestables: Tromperie No 1: Dans les commentaires de vote, vous avez affirmé que le projet soulagerait les petites et moyennes entreprises. Et qu’il n’entraînait que de modestes pertes fiscales pour la Confédération et les cantons. Comme on le voit maintenant, c’est exactement le contraire qui est vrai: la Confédération et l’AVS perdent des milliards. Seuls les riches et les superriches en profitent, grâce aux remboursements de capital exonérés d’impôt. Tromperie No 2: Au sein de l’administration, le «rouge» Samuel Tanner avait toujours été chargé du dossier de la fiscalité des entreprises. Il a mis en garde à plusieurs reprises son nouveau chef Urs Ursprung, et donc vous aussi, contre la restructuration du système. C’est pourquoi, sans autre forme de procès, on a retiré le dossier au socialiste compétent. Le poisson pourrit toujours par la tête. Le chef est toujours responsable de sa boutique. Et pourtant, vous tentez aujourd’hui de mettre la faute sur Urs Ursprung, l’UDC que vous avez nommé. C’est facile car, entretemps, il a été licencié pour incompétence et Eveline Widmer-Schlumpf a quand même nommé le «rouge» Samuel Tanner chef de l’Administration des contributions, ad interim. Au «Blick», vous avez déclaré qu’en tant que conseiller fédéral vous n’aviez rien su. Et que si vous aviez eu connaissance des pertes, vous auriez évidemment retiré spontanément le projet. Qu’est-ce qui est pire? Un conseiller fédéral qui trompe le peuple ou un conseiller fédéral qui ne maîtrise pas son dossier? Difficile à dire: Urs Ursprung vous a-t-il menti? Ou avez-vous trompé le peuple de concert? Au bout du compte, cela ne change rien. Quand on a fait une faute, il faut tenter de la corriger. Et à ce propos se posent aujourd’hui des questions vraiment délicates: Pourquoi n’admettez-vous pas que le conseiller fédéral de l’époque a grossièrement menti au peuple et que c’est pour cette raison qu’il a gagné de justesse la votation populaire? Pourquoi au n’incitez-vous pas le Conseil fédéral actuel à annuler immédiatement cette tromperie du peuple? Pourquoi, en lieu et place, mettez-vous l’entier de la faute sur l’ex-chef – nommé par vos soins – qui ne vous aurait pas informé? La réponse est simple: avec vos mauvaises excuses, Monsieur l’ancien conseiller fédéral, vous défendez le pactole que vous avez octroyé après coup aux riches et aux superriches. A l’époque, Pinocchio voyait son nez s’allonger. Vous, vous percevez une retraite des contribuables trompés par Urs Ursprung et vous-même. Avec mes salutations un peu étonnées. |









