Cher Johann Schneider-Ammann, A la suite du PDC, voilà que le Parti radical implose à son tour, malgré le fait que sur le papier, il a toujours deux conseillers fédéraux.
Le Parti socialiste a rendu possible votre élection au Conseil fédéral, au lieu d’élire l’UDC fribourgeois Jean-François Rime. Pour le moment, tant le Parti socialiste que votre propre parti se retrouvent sanctionnés électoralement, pour une raison bien simple: jusqu’à maintenant, vous avez laissé passer toutes les chances qui s’offraient à vous en votre qualité de ministre de l’Economie.
Pourquoi ne présentez-vous pas Kaspar Villiger pour ce qu’il est: une marionnette rémunérée des banques?
Le franc fort est favorable à la place financière, mais pas à l’industrie, dont vous étiez un représentant avant votre élection. Et pourtant, aujourd’hui, après votre élection, vous assistez, impuissant, à la manière dont la place financière impose ses intérêts. Monsieur Industrie était, et reste un Mystery Man au sein du Conseil fédéral.
Comme vous ne voulez, ou ne pouvez, rien faire contre le franc fort, vous devriez au moins veiller à ce que les fabricants, les importateurs et les distributeurs fassent bénéficier les consommateurs des énormes gains sur le change. Les prix, en Suisse, ne devraient pas monter, mais descendre, dans l’intérêt des bas et moyens revenus. Cela déchargerait les entreprises.
Le surveillant des prix et la Commission de la concurrence n’y changent rien. Ils se contentent du rôle de spectateur, sans mettre sous pression mesdames et messieurs les responsables.
En quelque sorte, vous rappelez Moritz Leuenberger à l’observateur. Vous ne faites rien bouger. Dans le meilleur des cas, vous commentez les événements, en vous considérant comme la victime de circonstances qui semblent s’être liguées contre vous. Il vous manque encore une personne à l’esprit subtil et ouvert, qui vous écrive des discours, afin que vous puissiez au moins - comme Moritz Leuenberger autrefois - entretenir un peu le feuilleton.
Prenons en exemple une situation dans laquelle l’expertise d’un ministre de l’Economie serait nécessaire. En Valais, au Tessin et dans les Grisons, nous avons plus de soleil qu’en Allemagne. Avec la même cellule solaire, on peut produire au minimum 50 pour cent de courant en plus.
En Allemagne, le nombre des installations explose, alors qu’en Suisse, il ne se passe rien. Et cela malgré le fait que la Suisse couvre d’argent chaque installation photovoltaïque mise en place jusqu’à maintenant. En Allemagne, l’Etat garantit des prix fixes pendant 20 ans, alors qu’en Suisse, ce sont des prix plus élevés qui sont garantis, et pendant 25 ans. Mais plus aucune demande n’est acceptée, car la caisse des aides est vide.
On se souvient de vos deux prédécesseurs. Leur influence continue de se faire sentir. Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz a accordé aux actionnaires pour son départ un cadeau fiscal de quelque 6 milliards de francs, dupant au passage le peuple et le Parlement. Quant à Kaspar Villiger, il travaille pour cette UBS que l’Etat a dû sauver récemment. Les contribuables doivent continuer à subventionner, au moyen d’une garantie d’Etat de fait, ces banquiers à bonus qui les arnaquent.
Pourquoi ne mettez-vous pas sous pression la Banque nationale? Pourquoi ne faites-vous pas baisser les tarifs d’alimentation pour l’énergie solaire au niveau allemand? Pourquoi n’encouragez-vous pas enfin l’énergie solaire devenue ainsi moins chère? Pourquoi ne revendiquez-vous pas au moins la reprise partielle des cadeaux fiscaux obtenus par Merz pour les superriches? Pourquoi ne présentezvous pas Kaspar Villiger pour ce qu’il est: une marionnette rémunérée des banques?
Vous avez pris la décision de subir en silence et dans la souffrance, sur le Titanic radical, le naufrage du parti qui fut un jour le plus puissant. Comme si vous n’étiez pas assis aux commandes du pouvoir.
Je vous souhaite un naufrage paisible.
| Dossier 'Partis politiques' | | |
Tags: Peter Bodenmann, Johann Schneider-Ammann,
|