EDITO
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD


HOME > EDITO >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Editorial
À la recherche du rêve américain

Par Alain Jeannet - Mis en ligne le 03.11.2010 à 08:41

Barack Obama aura fait un coupable idéal, pendant cette campagne menée à coups de centaines de millions de dollars et de couplets haineux.

Une longue crise économique? Un flip identitaire durable? Personne n’y a vraiment intérêt.

La dette publique, abyssale? C’est de sa faute. Un chômage de 10% (en réalité, près de 20%)? Encore lui. Sans oublier sa réforme du système de santé, qui plongerait tout droit les Etats-Unis dans l’enfer socialiste, selon les slogans du Tea Party.

Mais pour beaucoup d’électeurs, c’est la catastrophe immobilière qui marque la fin du rêve américain. Images insupportables de familles chassées de leur maison, la classe moyenne en voie de clochardisation, villages de tentes en marge des métropoles...

Même les plus fervents partisans d’Obama sont troublés, eux qui le croyaient capable de miracles. Un ressort s’est brisé. C’est l’évidence: Obama s’est montré peu éloquent sur les questions économiques.

Prudent, distant... On se demande d’ailleurs pourquoi. Mais s’il veut survivre au plan destiné à l’abattre, il devra s’y mettre sérieusement (lire notre article)

D’abord rappeler quelques faits. La dette? Sous le règne de Bush fils, elle est passée de 57% à 83% du PIB. La machine infernale était lancée bien avant son arrivée à Washington.

L’effritement industriel des Etats-Unis? Il remonte aux années 80, quand 20% de la population active travaillait encore dans le secondaire.

Aujourd’hui, ils ne sont plus que 9%: les marques américaines restent à la pointe, mais les iPad et les iPhone sont fabriqués à Shenzhen. C’est chez les sous-traitants chinois que se créent les emplois.

Pas dans les usines californiennes. Et qui a imaginé le concept de la Ownership Society, la société des propriétaires? Le patron de la Fed, Alan Greenspan, et son disciple Bill Clinton. Les voilà, les vrais coupables des subprimes, les auteurs de cette illusion américaine.

Alors? Obama a amorcé plus de réformes que la plupart des autres présidents américains. Mais il n’a pas encore réussi à faire passer sa vision pour l’économie américaine.

Les pièces du puzzle sont pourtant connues: une reprise en main du système éducatif en voie de médiocratisation; la création de jobs industriels, notamment dans les nouvelles énergies; des grands travaux d’infrastructure, tout ça sous la pression croissante des Européens, des Brésiliens, des Chinois qui craindront que le rebond américain ne se fasse à leurs frais. Une fois de plus (lire notre article).

Une longue crise économique? Un flip identitaire durable? Personne n’y aurait intérêt, vraiment. Il faut réparer le rêve américain. Ou en inventer un nouveau.

Malgré la défaite d’Obama au midterm, on voit mal qui d’autre que lui pourrait l’incarner. Qu’il se fasse battre en 2012 par un(e) allumé(e) du Tea Party, et le rêve tournerait au cauchemar. Pour les Etats-Unis comme pour le reste du monde.




Tags: rêve américain, Barack Obama, élections américaines,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.