L’éclairage médiatique sur le mariage à la cour du Royaume-Uni de Grande-Bretagne est si intense que l’autre mariage princier de l’année, le 2 juillet à Monaco, s’en trouve jeté dans l’ombre.
Qui s’en souvient? Ce samedi-là pourtant, Albert II de Monaco prendra Charlène Wittstock comme épouse. Cette concurrence - deux unions princières en Europe à deux mois de distance - semble singulièrement compliquer la tâche des équipes de communication du côté de Monaco.
«Pas du tout», répond Hervé Zorgniotti, responsable de la communication du Grimaldi Forum, le centre des congrès qui accueillera cet été une grande exposition sur les «Fastes et grandeur des cours en Europe». «C’est le rythme et la nature de l’actualité en 2011 qui veut cela: elle va de plus en plus vite et un événement chasse l’autre avec énergie.
Dès que le soufflé royal sera redescendu à Londres, les médias commenceront à s’intéresser au mariage à Monaco. Surtout que l’actualité est lourde en ce moment: personne ne songerait à bouder deux événements susceptibles d’égayer un tableau mondial qui reste sombre.
Il y aurait sans doute eu concurrence si les deux mariages avait été rapprochés dans le calendrier. Ce n’est pas le cas: l’un a lieu au printemps, l’autre en été».
Les innombrables communicateurs du prince Albert II n’attendront pas le mois de mai, celui du GP de Monaco, pour partir en trombe. Quelques-uns d’entre eux ont entrepris depuis quelques semaines une tournée des grandes villes européennes pour briefer les journalistes sur le programme des festivités, les procédures d’accréditation ou les sujets «décalés» à réaliser en principauté.
Le menu du prince. La presse est encore instruite sur la nature différente du mariage méditerranéen: «Du côté de William, nous avons un prince héritier d’un trône qui suit des règles établies d’avance, note Geneviève Berti, directrice adjointe du centre de presse du Gouvernement monégasque.
De l’autre côté, nous avons un prince qui dirige l’exécutif de son pays et choisit ses propres règles. Albert II règle les moindres détails de la cérémonie. Rien que pour le repas de mariage, il choisit la couleur de la nappe et le menu, lequel ne sera concocté qu’avec des produits de la région.»
Sans négliger l’enjeu de la couleur de la nappe, celui de la promotion de la principauté est d’un autre tonneau. Tout d’abord parce que le «Rocher» vit pour bonne part des touristes.
Le mariage lui-même, ponctué par un concert géant de Jean-Michel Jarre, et les divers événements prévus pendant l’été devraient les attirer en masse. L’exposition mentionnée plus haut, qui montrera les trésors de vingt cours européennes, devrait être le point fort de cette programmation exceptionnelle.
Surtout, la principauté a lancé en novembre dernier une campagne institutionnelle à l’échelle mondiale, destinée à rehausser la réputation peu flatteuse du territoire, notamment en matière d’argent sale. Cette vaste correction de renommée, décidée après la sortie de Monaco de la liste grise de l’OCDE, est toujours en cours.
La campagne sera donc renforcée le 2 juillet par un événement positif, solennel et retransmis en couleurs sur toutes les télévisions de la planète. Pour l’image un rien écornée des 2 km2, on ne pouvait rêver mieux.
Tags: Monaco, mariage princier,
|