A Morat, les socialistes se fâchent
Mis en ligne le 26.09.2011 à 10:17
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C’est un trio d’enfer, craint par tous ses adversaires. Christian Levrat, le président du PS suisse, Alain Berset, le conseiller aux Etats et stratège, et enfin Jean-François Steiert, le spécialiste de la santé et membre du « dream team » de l’ancien président Peter Bodenmann dans les années 90. Comme lors de chaque session parlementaire, tous trois avaient donné rendez-vous à la population au restaurant de la Gare à Morat jeudi 22 septembre.Un rendez-vous unique en Suisse : des parlementaires qui viennent se présenter devant leur électorat pour leur rendre des comptes. Mais aussi une formidable leçon d’instruction civique. Alain Berset explique pourquoi le Conseil des Etats a renoncé à opposer un contre-projet à l’initiative de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) exigeant de soumettre tous les traités internationaux au peuple. Jean-François Steiert, dans un allemand irréprochable, s’énerve des dérives des grandes assurances maladie, qui privatisent la médecine et imposent un diktat « malsain ».Et Christian Levrat ? Il est déchaîné. Il a laissé tomber la cravate et retroussé ses manches. Il fustige les plans du ministre de la Défense Ueli Maurer d’ériger une antenne de 40 mètres au sommet du Moléson, et cela dans la semaine qui suit grâce à une procédure accélérée dont bénéficie l’armée. Il a appris la nouvelle le matin même et décide aussitôt que « jamais l’armée n’imposera une telle antenne ».A Morat, Christian Levrat raconte comment il mobilise toute la république fribourgeoise, du Conseil d’Etat à l’ensemble de la députation fribourgeoise à Berne – à l’exception de l’UDC Jean-François Rime - en passant par tous les journalistes du Palais, pour combattre ce projet. Il est 21 h en ce jeudi soir et on se demande alors si Christian Levrat n’est pas en train de prendre ses désirs pour des réalités. Le président du PS ne serait-il qu’un simple fanfaron ?La réponse tombe le lendemain. Le préfet de la Gruyère Maurice Ropraz envoie la police cantonale faire cesser tous les travaux au Moléson. Le projet est repoussé à l’an prochain, concède l’armée. Ueli Maurer a appris une chose. Manipuler le parlement pour une armée coûtant cinq milliards de francs, c’est encore possible à Berne en période électorale. Mais défier un Gruérien sur ses terres… mieux vaut oublier. Michel Guillaume
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