Les hommes, objets de tous les fantasmes, de toutes les théories. Qu’ils soient poilus ou imberbes, machos ou sensibles, ils occupent l’esprit de bien des filles et des femmes... Lorsqu’il travaillait pour L’Hebdo, Paul Ackermann a beaucoup écrit sur l’identité masculine et ses évolutions. Désormais journaliste à Paris, il publie un ouvrage à paraître le 26 janvier en Suisse. Masculins singuliers annonce la naissance d’un nouveau genre de mâles, des adultes libérés du combat féministe.
«L’avènement de l’homme réconcilié», est-ce vraiment un phénomène nouveau?
Quand j’ai écrit ce livre, les débats sur le sujet étaient toujours les mêmes. D’un côté, les ultraféministes parlaient de l’homme comme d’un ennemi, la cause de tous leurs malheurs. De l’autre, des gens comme Eric Zemmour revendiquaient le retour au machisme et aux valeurs viriles. Je ne me reconnaissais dans aucun de ces deux discours-là. J’avais l’impression qu’on ne donnait pas la parole aux gens de ma génération, des trentenaires décomplexés, pour qui l’égalité hommes-femmes est déjà une réalité.
Ces fameux trentenaires, de quoi se sont-ils libérés?
L’homme a toujours subi des carcans. Dans les années 50, il était contraint de se montrer dur, d’être fort dans toutes les situations. C’était ce que j’appelle l’homme préhistorique, à la John Wayne, celui des grands westerns. Et puis il y a eu la révolution sexuelle... En effet, Mai 68 a complètement bouleversé ce schéma. L’homme s’est naturellement senti coupable du statut de la femme, et a dû se montrer plus sensible, plus compréhensif, plus fragile. Ici, la figure la plus représentative est celle d’Alain Souchon, icône du «allô maman bobo» de l’époque.
Selon vous, la nouvelle génération n’a pas ces caractéristiques. Peut-on dresser le profil des hommes d’aujourd’hui?
Ce sont des garçons plus libres, qui ne sont plus en conflit avec les femmes. Ils peuvent être fiers d’être des hommes. Ils peuvent créer leur identité comme ils l’entendent. Barack Obama n’a pas peur de jouer avec sa grosse voix pendant ses discours, tandis que Julien Doré porte une barrette sans complexes. Quant à la répartition des tâches dans le ménage, elle est parfaitement assumée.
«Parfaitement»?
Bien sûr, ce que je décris est un idéal. Il reste toujours des hommes qui rechignent à faire la vaisselle, ou d’autres qui, comme dans les banlieues, développent une forme de machisme très violent. Mais je crois que cela tend à disparaître.
Et les femmes, dans tout cela? Qu’en pensent-elles?
Elles sont ravies! Elles en avaient marre des hommes qui se plaignaient, qui n’osaient pas s’affirmer. Il n’y a qu’à voir le succès de Sébastien Chabal pendant la Coupe du monde de rugby! Tout le monde le réclamait, sa virilité presque animale plaisait à tout le monde...
Masculins singuliers. De Paul Ackermann. Robert Laffont, 162 p. Sortie le 26 janvier.
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