À Shanghai, c'est déjà demain
URBANISME. L’organisatrice de l’Exposition universelle 2010 vit des heures éblouissantes et compte bien le faire savoir au reste du monde. «Ville de design», centre économique de la Chine, plus grand port commercial de la planète, Shanghai, 19 millions d’habitants, connaît un développement fulgurant qui pourrait faire d’elle la capitale mondiale du XXIe siècle. Plongée dans la mégapole électrisée.
C’est une question de vitesse. Il y a les villes qui stagnent, celles qui avancent et celles qui se pressent. Shanghai, elle, va plus vite que la musique. Et pas le temps de souffler, le vertige commence dès l’arrivée.
431. Les kilomètres-heure s’affichent sur le compteur du Maglev, le train à sustentation magnétique qui, lui, lévite plus vite que le vent. Trente kilomètres en 7 minutes et 20 secondes. Une sensation presque extraterrestre qui, dès l’arrivée à l’autre bout de Pudong, disparaît aussi vite qu’elle a surgi tant cette petite mise en train paraît déjà on ne peut plus banale.
Les belles et les passants. Retour sur le bitume. Aérien, s’entend. Le taxi file à la vitesse grand V sur l’une des neuf autoroutes suspendues qui couronnent la mégapole. A l’intérieur, l’écran tactile distille des informations alors qu’à l’extérieur, les gratte-ciel dessinent des foultitudes d’horizons. Tiens! Sur la gauche, c’est l’impérial pavillon chinois qui marque à l’acier rouge le site de l’Exposition universelle. Oui, celle de tous les superlatifs. Sur la droite, face au superbe Bund historique dont la longue restauration a été achevée juste à temps pour l’événement, des belles plus ou moins belles s’offrent à tous les passants: une Perle de l’Orient rose bonbon (468 mètres de haut), la sublime tour Jinmao (421 m) et la World Financial Center (492 m). Mais le Décapsuleur géant – c’est son petit nom – n’aura guère que son œil rectangulaire pour pleurer lorsque la «Shanghai Tower» viendra, en 2014 et du haut de ses 632 mètres, lui faire de l’ombre et ainsi lui gâcher le métier.
Ainsi va Shanghai. Une ville encore jeune en regard de certaines des 660 agglomérations chinoises. Mais contrairement à elles – oublions Pékin –, celleci est devenue une mégapole et n’a pas le temps de s’attarder sur le présent et encore moins sur son légendaire passé des concessions (lire les témoignages des commis Tai et Casimir en pages 46-47).
Car aujourd’hui à Shanghai, c’est déjà demain. Pro Helvetia en sait quelque chose, elle qui s’apprête à y ouvrir, le 15 octobre prochain, son tout nouveau bureau de liaison permanent. «La vitesse de décision ici est impressionnante, hallucine encore Sabina Schwarzenbach, cheffe de la communication. Un jour, on décide d’un projet et le lendemain, c’est fait!» Vite oui, toujours plus vite.
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