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Impossible challenge. «Trop vite», coupe Liu Yichun. L’architecte de 41 ans, l’un des trois cofondateurs du très en vue atelier Deshaus, ne peut faire que ce constat. «Cela va si vite que les architectes eux-mêmes n’ont plus le temps de réfléchir. Ils dessinent, construisent, mais c’est tout. Cette rapidité de développement est un gros problème.» Un avis que partage Zhu Xiaofeng et qui intéressera sans doute la septantaine d’étudiants en architecture partis de Lausanne en voyage d’étude à Shanghai (lire ci-après: Architecture: 70 étudiants à Shanghai). Le patron de Scenic Architecture va, lui, jusqu’à reconnaître que même pour un architecte de sa trempe, le design devient un impossible challenge. «Nous sommes constamment tentés par trop de projets, nous n’arrêtons pas. Vite dessiné, vite construit!»
Résultat: des forêts de tours, des gratte-ciel par milliers, pour une ville de 19 millions d’habitants qui grandit, qui grandit et pourrait atteindre d’ici à dix ans les 30 millions de résidents.
Une architecture pas toujours heureuse. Une certaine arrogance aussi. «A Shanghai, on est passé d’un état d’infériorité à un bientôt trop-plein d’assurance», observe Uli Sigg, commissaire du pavillon suisse, ancien ambassadeur à Pékin et détenteur de la plus grande collection d’art contemporain chinois au monde.
«Quick thinking, quick acting.» Il n’empêche. Tout n’est pas négatif, loin de là. «Avec son architecture européenne néoclassique ou art déco, ses blocs communistes de béton qui ont autant de charme qu’un camion et ses cathédrales du capitalisme, Shanghai n’est certainement pas aussi harmonieuse qu’un Paris, mais il y a de très belles pièces tout de même», estime l’architecte Carl Schurmann, un ancien de l’EPFL qui vit entre Shanghai et Hong Kong. L’Unesco vient d’ailleurs de nommer Shanghai, centre économique du pays et le premier port commercial du monde, «Ville de design». Cet incroyable développement a donc du bon, pense Daniel Heusser, un Zurichois de l’EPFZ établi en Chine depuis quinze ans (lire son portrait ci-dessous). «Shanghai est une ville de quick thinking, quick acting et parfois aussi, c’est vrai, quick failing. Mais Shanghai a aussi été bridée pendant des années. Et depuis 20-30 ans que le pays s’est ouvert, elle utilise un maximum la fenêtre qui lui est donnée pour se développer, ne sachant pas si un jour elle ne va pas à nouveau se refermer.»
Tags: Shanghai, Exposition universelle 2010, Chine,
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