Point final
À table! et que ça saute!
Impossible d’allumer la télévision sans tomber sur une émission culinaire. Pas le rendez-vous à la bonne franquette, avec un chef gourmand qui prépare sa fameuse sole aux petits oignons, mais des dispositifs vicieux appliquant aux fourneaux l’esprit de compétition cher à la Star Ac.
MARRE DE LA MATELOTE DE DINDON À LA CRÈME D’ANDOUILLE
Passons sur Dîner à la ferme, popularisé par la bonne TSR des chaumières, dans laquelle un agriculteur fait découvrir les produits du terroir à des confrères et augmenter leur taux de cholestérol, car il y a pire.
Des concours implacables: quatre équipes ont trois heures pour faire le marché et préparer un repas complet.
Un gag peut détendre l’affaire, comme le coulis aux piments et cayenne dont une concurrente africaine nappe la printanière de pintadeau. Les concurrents finissent en nage, infantilisés, humiliés et de la béarnaise jusqu’au sourcil.
Ailleurs, trois candidats disposent d’une heure pour observer la timbale d’asperges au tourteau d’un chef et la reproduire à l’identique.
Attention! Pour corser la difficulté, des produits inutiles (morilles, navets, banane, réglisse, savon noir...) sont dissimulés parmi les ingrédients de base – et un homard de payer de sa vie l’incompétence d’un concurrent.
Marre de la matelote de dindon à la crème d’andouille et des amourettes de raton laveur confites au citron vert. Marre de la dictature de la haute gastronomie et de la compétitivité réunies.
Vivent les spaghettis. Faits sans stress, dégustés peinard dans la paix du soir, loin des gueulantes et des projecteurs, avec un verre de pinard. Ou deux.
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