ACTUALITÉ
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ACTUALITÉ >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Actifs invendables. Menace pour le système

Par Geneviève Brunet - Mis en ligne le 25.09.2008 à 06:00

Dernière chance. La proposition du Trésor américain de racheter pour 700 milliards de dollars les actifs pourris des banques vise à éviter une série de faillites.

«Nous n’avions pas envie de le faire, mais c’était nécessaire», a déclaré Henry Paulson, secrétaire américain au Trésor, à propos du plan de sauvetage du système financier mondial. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.
 
La somme de 700milliards de dollars qui devrait être mise à la disposition d’un fonds public – après approbation du Congrès – pour acheter les actifs invendables des banques est énorme: elle représente une charge potentielle de quelque 2300dollars pour chaque habitant des Etats-Unis.
Elle ne constitue toutefois qu’une goutte d’eau en regard de l’océan des 51000milliards de dollars que pesait le marché mondial des dérivés de crédits en juin 2007; juste avant la première grande secousse de la crise financière en cours.

Proche de zéro. Ces 700 milliards permettront tout juste de sortir du bilan des banques leurs titres les plus toxiques: ceux qu’elles n’ont plus aucune chance de vendre mais qui pourraient encore devoir être dévalués de trimestre en trimestre, puisque leur valeur de marché se rapproche à grande vitesse de zéro.
 
Or, à chaque dévaluation de ses actifs, une banque doit en vendre d’autres pour maintenir le ratio entre les fonds propres et les engagements au niveau du minimum légal. De quoi avancer à marche forcée vers la faillite. Et la faillite d’une banque – comme Lehman Brothers – ou d’un assureur – comme on l’a craint pour AIG – crée un risque de contrepartie pour de nombreux établissements, l’entreprise qui disparaît ne pouvant pas tenir ses engagements. D’où les pertes essuyées par certains clients sur des fonds monétaires ou des produits structurés jusque-là présentés comme très sûrs.
 
Un début de panique s’est ensuivi aux Etats-Unis avec des retraits massifs de ces fonds. Or, le vrai risque systémique pour le système bancaire est là: une perte de confiance généralisée; avec des banques qui ne se prêtent plus entre elles, faute de pouvoir évaluer la capacité de survie de leurs partenaires, et des clients qui retirent leur argent pour le conserver en billets...
 
Les autorités publiques américaines s’apprêtent à faire peser sur les contribuables le risque d’une facture de quelques centaines de milliards de dollars – en sus des engagements déjà pris envers Fannie Mae et Freddie Mac: si l’évaluation à 700 milliards de la valeur des titres actuellement bradés sur les marchés est trop optimiste, leur vente rapportera beaucoup moins dans quelques années.

Potion amère. Mais cette socialisation d’une partie des pertes des géants bancaires est une potion amère pour éviter un mal bien plus cruel: l’effondrement du système financier mondial qui provoquerait une série de faillites bien au-delà des banques et des assurances. Avec l’entrée en force du plan de sauvetage des actifs gangrenés par la crise, les autres dérivés de crédits qui resteront sur les marchés – ceux qui sont moins exposés aux risques de l’immobilier américain – devraient reprendre rapidement de la valeur.

LEXIQUE
Dérivés de crédit, «ARS»... les produits pourris dont va hériter le ministère des finances américain.
 
ARS
(Auction Rate Security)

Le taux d’intérêt de ces «obligations à enchères» est fixé régulièrement aux enchères. Vendus comme très sûrs avant la disparition de la liquidité sur ce marché, les ARS étaient surtout utilisés par les collectivités publiques. Sous la pression de la justice américaine, Citigroup, Merrill Lynch et UBS ont dû reprendre dans leurs comptes – en avril dernier – 49 milliards d’ARS vendus à des clients qui ont jugé, a posteriori, avoir été mal conseillés à propos des risques réels de ces placements.
 
Dérivé de crédit
Tous les dérivés de crédits ne sont pas devenus des bouts de papiers sans valeur avec la crise des subprimes. Un dérivé de crédit – qui permet à une banque de transférer le risque d’un crédit en conservant les autres composantes du contrat – a pour sous-jacent un crédit ou une obligation.
Sa valeur varie avec celle de ce sous-jacent et l’évolution des taux d’intérêt. Les dérivés sur crédits hypothécaires, crédits commerciaux, prêts aux étudiants ou encours de cartes bancaires représentent un immense marché, évalué à plus de 50000milliards de dollars à la mi-2007. Depuis, la valeur des dérivés sur crédits hypothécaires subprimes, ainsi que les produits composés sur cette base comme les CDO (voir ci-dessous), a dégringolé.

Credit Swap
Cette technique offre aux établissements financiers la possibilité d’échanger entre eux les revenus de crédits de types différents: ceux d’un crédit hypothécaire contre ceux d’un crédit commercial. Un moyen simple, pour une banque, d’équilibrer son portefeuille de prêts s’il est trop exposé à l’immobilier ou à la consommation. La défaillance d’une banque déstabilise la gestion du risque des établissements financiers qui avaient conclu des credit swaps avec elle. La valeur de ces contrats d’échanges part en fumée.

CDO
(Collateralised Debt Obligation)
De drôles de produits mixtes; devenus célèbres avec la crise des subprimes, sur fond de critique des agences de notation qui avaient trop généreusement attribué leur meilleure note – AAA – à certains d’entre eux. Une CDO regroupe des tranches de crédits de qualités différentes: un produit composé d’un peu de subprimes pour beaucoup de prêts à des emprunteurs de première qualité était censé être pourvu du risque minimal, labellisé triple A.
En partant d’un raisonnement qui s’est révélé complètement faux: les emprunteurs des différentes tranches, s’ils étaient amenés à ne pas respecter leurs engagements, feraient défaillance les uns après les autres... Or, certains membres des classes moyennes ont aujourd’hui autant de difficultés que les populations pauvres à faire face à leurs échéances hypothécaires. La valeur de certains CDO a ainsi chuté très vite.

CDS
(Credit Default Swap)
Un contrat entre deux parties engageant l’une à verser une prestation à l’autre si cette dernière était confrontée à une perte sur l’actif ainsi protégé. Les financiers comparent souvent le CDS à un contrat d’assurance. La crise des dérivés de crédits ayant multiplié les défaillances d’emprunteurs, les CDS ne valent parfois plus grand-chose si l’établissement financier censé assurer la couverture du risque est lui-même en grande difficulté financière... Les CDS constituent l’essentiel des dérivés de crédit.  GB




Tags: Trésor américain, banques, économie, milliards, faillite,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ACTUALITÉ
Vague de froid: nouveau week-end sibérien - amélioration en vue
Promeneurs sur le lac de Thoune Keystone
La Suisse a enregistré des températures glaciales pour le troisième week-end consécutif. Dans la nuit de samedi à dimanche, le...


ACTUALITÉ
 Edito. Détox
La semaine passée, nous faisions notre titre principal sur ces petits épargnants suisses qui ont perdu tout ou partie de...
ACTUALITÉ
 Cyclone financier. Le jour d’après
Les faitsSept cents milliards de dollars. C’est ce que l’administration américaine met sur la table pour tenter de redonner confiance...
ACTUALITÉ
 «Avec mon père j’aurais aimé parler d’architecture»
Deux générations d’architectes dans une même famille, c’est assez fréquent et c’est le cas chez les Tschumi. Récemment, on a...
ACTUALITÉ
 Pierre Landolt surfe sur la vague de Kyoto
Une union de retraités collaborant avec de tout jeunes ingénieurs ou l’alliance de praticiens expérimentés et de théoriciens universitaires, c’est...
ACTUALITÉ
 Gerold Bührer. «Nous paierons tous la note américaine»
Aux yeux de Gerold Bührer, le désastre engendré par la crise financière a au moins un côté positif: il est...
ACTUALITÉ
 «Rassurons les épargnants!»
Sheila Bair a été décrite comme la deuxième femme la plus puissante du monde, derrière Angela Merkel, par le magazine...
ACTUALITÉ
 Clients floués: la colère monte
Clients floués: la colère monte
karl, 42 ans, informaticien, Genève«Je lui ai pourtant répété mon aversion au risque. Je voulais un placement pépère»   La moitié de...
ACTUALITÉ
 Al-Quaida «vote» McCain
Tout se passe comme si, depuis un mois, les ennemis jurés de l’Amérique concouraient tacitement à faire gagner John McCain...
ACTUALITÉ
 Payot se diversifie
A l’heure où l’écologie devient une préoccupation de plus en plus importante pour le consommateur, le concept développé par le...
ACTUALITÉ
 Flower Power
Maurice, Siddhartha et Greg sont des militants d’un nouveau genre. Leur panoplie ne se compose pas de banderoles et de...
123