La confiance est l’huile indispensable aux rouages du système financier. Lorsqu’elle vient à manquer, ils peuvent se gripper instantanément, entraînant un blocage mortifère des échanges entre banques. En 2008, la difficulté pour chaque établissement financier de se forger un jugement rapide sur la santé de ses homologues avait provoqué un gel des prêts interbancaires. De quoi plonger certaines banques dans une crise de liquidité.
Or, l’impossibilité de se financer à court terme pourrait aller jusqu’à provoquer la faillite de celles ne disposant pas d’un coussin suffisant de fonds propres rapidement mobilisables. En annonçant de concert qu’elles mettent à disposition des dollars en quantité illimitée, la Banque nationale suisse, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne et la Fed veulent prévenir une nouvelle crise de liquidité.
Même si les fonds monétaires américains – inquiets des conséquences de possibles défauts sur dettes souveraines européennes dans les comptes des grandes banques de la zone euro – boudent à l’avenir ces dernières, elles ne seront pas déstabilisées par l’assèchement de l’une de leurs sources habituelles de billets verts.
Subir une perte importante est plus facile à surmonter – comme le montre l’exemple d’UBS qui va devoir éponger 2 milliards de dollars à cause d’une bévue d’un de ses traders – que faire l’objet de suspicions susceptibles de transformer une crise de liquidité en véritable insolvabilité.
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