MARINIÈRE Les rayures, arborées par les footballeurs français à l’extérieur, ne font-elles pas penser à l’imagerie homo façon Gaultier? Christophe Ena / Keystone
Tricot
Air marin
Le nouveau maillot extérieur de l’équipe de France de football, étrenné il y a quelques jours en Croatie, fait polémique: la marinière ne fait-elle pas assez mâle?
Le sentiment national peut-il faire bon ménage avec la mode? C’est ce qui ressort des réactions très durement contrastées provoquées par le nouveau maillot de l’équipe de France de football, celui prévu pour les matchs à l’extérieur.
Une bonne vieille marinière, élégantes lignes bleues horizontales imaginées par les designers de chez Nike, équipementier officiel et tout-puissant: le contrat des Américains avec la fédération française est de 42,5 millions d’euros (56 millions de francs suisses) et porte jusqu’en 2018.
Si le sélectionneur Laurent Blanc l’aime bien, son collègue Guy Roux le trouve «horrible». Sur un plateau télé, l’écrivain Nathalie Rheims l’a récemment qualifié «d’ignoble». Un sondage internet a montré les Français divisés en deux camps assez égaux.
La maison Chanel dans les années 30, puis Picasso, donnèrent sa noblesse fashion historique à la marinière, portée estivalement. Mais ensuite, il y eut en 1982 les marins homos de Querelle, le film de Fassbinder. Androgynie encore avec la marinière d’Etienne Daho en 1984 (la cover de l’album La Notte, la notte). Puis Jean Paul Gaultier en 1995, l’imagerie marine et toujours homo du parfum Le mâle.
Le tabou homo absolu dans le football est peut-être le grand non-dit de ce non-débat sur la tradition du tricot tricolore. En attendant, l’élégant nouveau maillot est déjà archiculte et vendu 130 francs chez Colette, boutique parisienne branchée. Quant aux joueurs, leur faute de goût est de l’avoir étrenné par un assez piteux 0 à 0 face aux Croates.
Tags: maillot, équipe de France, football,
|
|