Alexandre Ris: "Il ne faut pas s’attendre à un franc suisse à parité avec l’euro"
Dettes. Etats, banques centrales et FMI ne laisseront pas un pays de la zone euro faire faillite: ils n’auraient alors plus les moyens de sauver le système financier.
Faut-il craindre un krach sur les obligations souveraines?
Les inquiétudes se concentrent sur la Grèce, mais ce pays va recevoir une aide de l’Union européenne. Par ailleurs, compte tenu des quantités d’argent qui ont été investies pour sauver le système bancaire, il est impensable de laisser un membre de la zone euro faire faillite. La volatilité est très forte, avec des excès qui se manifestent par des variations de plusieurs centaines de points de base en quelques jours. La prime de risque des CDS (Credit Default Swap) sur la dette grecque, traitée auparavant à 80 points de base, est montée jusqu’à 400 points avant de redescendre, selon les maturités, entre 200 et 300.
Un juste prix?
La situation de la Grèce n’est pas facile. Ce pays doit lever 53 milliards d’euros cette année et on parle d’un prêt de 25 milliards de l’Union européenne. Reste que la dernière obligation grecque à dix ans – émise ce mois – a été sursouscrite trois fois. Les investisseurs sont prêts à financer l’Etat grec à un certain prix. Ils espèrent que le déficit public, en proportion du PIB, diminuera un peu ces prochaines années.
Vous n’envisagez pas de défauts à moyen terme sur dettes souveraines?
Pas dans les pays développés. Si la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou le Royaume-Uni faisaient faillite, le monde se trouverait dans une situation comparable à celle de septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. L’aversion au risque augmenterait, les primes de risques sur les marchés de crédits exploseraient et on assisterait à un gel des marchés. Mais avec une fuite vers quelle qualité? Les gouvernements, banques centrales et institutions supranationales ont déjà mis tellement d’argent pour sauver le système financier et réduire l’aversion au risque que n’importe quel événement majeur, tel un défaut d’un pays développé, conduirait à une situation où les Etats n’auraient plus les moyens d’agir.
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