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HOMMAGE
Alexis Weissenberg: l’art sublime de la perfection

Par Sylvie Logean - Mis en ligne le 18.01.2012 à 13:25

Le pianiste franco-bulgare s’est éteint à Lugano au début de janvier. Souvenirs d’une rencontre poignante.

Un seul regard azur suffisait à vous transpercer, à lire en vous comme dans une partition claire et limpide. A l’automne de sa vie, le charisme d’Alexis Weissenberg emplissait encore la pièce de ce monastère d’Engelberg pris dans la neige d’un hiver rigoureux. Son aura bienveillante et douce veillait alors sur les jeunes pianistes professionnels du monde entier, venus apprendre au sein de sa Master Class, fondée à la fin des années 90. Pédagogue d’exception, le musicien bulgare faisait rouler son accent chantant pour prodiguer l’essence de son art, malgré la maladie de Parkinson venue mettre un terme trop précoce à sa carrière fulgurante. Brillant, cérébral, rigoureux, d’une parfaite maîtrise technique, le jeu d’Alexis Weissenberg contrecarrait l’image du personnage tout en retenue et en discrétion. Un art monumental, impressionnant, virtuose, capable de dépasser toutes les difficultés techniques et dont le paroxysme trouvait corps dans Rachmaninov, Bach, Tchaïkovski et Liszt. Mais un jeu qui pouvait aussi se faire sensible, comme dans Schumann et ses Scènes d’enfants.

Une approche grandiose et dépouillée de l’instrument, faisant de cet enfant prodigue né dans une famille juive de Sofia en 1929, l’un des meilleurs pianistes de son temps. Lauréat du prestigieux Concours international Leventritt à 17 ans, Alexis Weissenberg a débuté sur la scène internationale à la fin des années 40 au Carnegie Hall de New York, avant de s’imposer comme soliste sous la baguette d’Herbert von Karajan et du Philharmonique de Berlin en 1967.

De tournée mondiale en tournée mondiale, le chemin du pianiste s’est finalement arrêté en Suisse, où il s’était établi à Lugano. Là où, transperçants et bienveillants, ses yeux se sont définitivement fermés.




Tags: Alexis Weissenberg, pianiste franco-bulgare, hommage,

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Réaction de uqaylah
le 27.02.2012 à 12:38
Vous ne mourrez jamais, Monsieur Weissenberg, comme JS Bach !...
 



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