«Un caractère méditerranéen avec une discipline suisse.» Voilà comment se décrit Ivan Haralambof, directeur de l’antenne romande de la compagnie aérienne Swiss. De la discipline, il en a fallu à ce capitaine à l’armée né à Istanbul pour redresser la barre de la compagnie à Genève: lors de son entrée en fonctions en 2004, les pertes s’élevaient à près de 30 millions de francs par année.
Quatorze mois plus tard, suite à l’arrêt de plusieurs lignes déficitaires et à l’application d’un programme drastique de réduction des coûts, l’escale de Genève rentre dans les chiffres noirs. La société y transporte aujourd’hui près de 2 millions de passagers, contre 800 000 cinq ans plus tôt. «Nous sommes passés de la haine à l’indifférence, puis progressivement à la sympathie», se réjouit le directeur de 49 ans, dont l’un des objectifs consiste à regagner la confiance des Romands.
Un pari ambitieux, aux yeux des traumatismes du passé, en voie d’être réalisé si l’on se réfère aux résultats encourageants qui ont vu le bénéfice de la société doubler au premier trimestre de cette année en Suisse. Ce n’est pas tout. Le taux de remplissage flirte avec 80%. Et la ponctualité n’est pas en reste: près de 85% des vols ont décollé cette année avec moins de 15 minutes de retard.
Ses refuges
SA FAMILLE Marié et père de deux enfants, il considère sa famille comme son équilibre et son «épine dorsale». Elle l’a accompagné lors de ses années passées pour le compte de la compagnie nationale à Moscou, Bruxelles et Istanbul.
TURQUIE Né à Istanbul, il apprécie d’aller se ressourcer sur les rives du Bosphore. Durant sa carrière, débutée à l’âge de 23 ans aux guichets d’enregistrement de Swissair, il a notamment exercé la fonction de responsable pour la Turquie, basé à Istanbul.
Ses adversaires
LES COMPAGNIES LOW-COST Ivan Haralambof défend une philosophie différente de celle des compagnies low-cost. «L’aviation doit rester un rêve, une magie, et pas uniquement représenter un simple produit d’usage servant à transporter des passagers d’un point A à un point B.» Il considère cependant les deux offres comme complémentaires.
LES «ANTI-AVIATION» Toutes les initiatives ou associations souhaitant limiter le développement de l’aviation sont selon lui dangereuses pour le développement du tissu économique local. «En outre, et on a malheureusement tendance à l’oublier, l’environnement est au centre des préoccupations de notre compagnie.» Il met en avant le fait que la société a réduit sa consommation de kérosène pour 100 passagers-kilomètres «d’environ 17% depuis sa création en 2002».
Ses inspirateurs
JEAN-JACQUES GAUER Le directeur du Lausanne Palace fait partie de ses «nombreux clients devenus des amis et vice-versa». Il représente «l’image des valeurs suisses, de l’hospitalité et de la proximité». Image qu’il souhaite lui aussi transmettre en se montrant dévoué pour le client. Un aspect que confirme Jean-Jacques Gauer, qui se souvient qu’Ivan Haralambof est personnellement intervenu pour faciliter les vols de plusieurs clients de l’hôtel, notamment lors de l’éruption du volcan finlandais l’an passé.
RENÉ FASEL Ivan Haralambof partage avec le président de la Fédération internationale de hockey sur glace et membre du Comité int e rna t i ona l olympique une longue amitié et une même passion pour le hockey. Il apprécie le charisme et l’humilité de cet «inconditionnel de Swiss». René Fasel confirme la disponibilité sans faille de celui qu’il appelle «Bobof»: «Je voyage 180 jours par année et il répond toujours présent, au moindre problème. C’est important de pouvoir compter sur une personne comme lui où que l’on se trouve.»
Les compagnons de route
CHRISTOPHE RASCH L’actuel CEO de la chaîne régionale La Télé – alors directeur chez Edipresse – a compté parmi les premiers soutiens d’Ivan Haralambof en 2004 alors que l’image de la compagnie d’aviation était encore très négative. «Il a compris qu’aider Swiss à se repositionner en Suisse romande était dans l’intérêt de tous.» Pour Christophe Rasch, Ivan Haralambof représente l’un des meilleurs ambassadeurs de la «swiss quality»: «Il connaît souvent ses meilleurs clients par leur prénom, ne rate jamais leur embarquement, et même, sait les accueillir ou les dépanner 24 heures sur 24.»
PIERRE KELLER ET PHILIPPE GEX «Amis et véritables ambassadeurs» de la compagnie aérienne, le bouillant ex-directeur de l’Ecal et le syndic d’Yvorne, tous deux candidats au Conseil national sous les couleurs du PLR, lui ont ouvert les portes de leurs réseaux au sein du tissu économique, culturel et politique romand. Philippe Gex relève qu’Ivan Haralambof, «adorateur de havanes et de vin vaudois» est devenu un fidèle de son club de cigares (le White House Havana Club) et qu’il fréquente son carnotzet «avec dévouement». Selon Pierre Keller, sans la qualité et le suivi qu’il porte à son travail, beaucoup de passagers «ne voyageraient tout simplement plus avec Swiss depuis Genève».
CLAUDE NOBS Le fondateur du Festival de Jazz de Montreux compte parmi ceux portant «un véritable amour» pour la compagnie d’aviation: «Nos objectifs convergent lorsqu’il s’agit de vanter et défendre les mérites de la Suisse romande.» Claude Nobs souligne qu’avec son équipe, Ivan Haralambof a résolu les problèmes de centaines de musiciens se rendant au festival: «Quand Prince est arrivé en retard de Montreux à l’aéroport de Genève un dimanche, Ivan a assuré lui-même son transfert en voiture sur le tarmac et il n’a pas manqué son concert suivant.»
ROBERT DEILLON Il considère le directeur de l’Aéroport de Genève comme un «véritable partenaire» qui a su anticiper la croissance du nombre de passagers de l’aéroport genevois et développer cet outil de travail pour le confort de ses utilisateurs, «qu’il s’agisse de passagers ou de compagnies aériennes». Pour sa part, Robert Deillon considère que la notion de service client «coule dans les veines» d’Ivan Haralambof: «Il n’a cessé de se battre pour que la compagnie devienne un acteur incontournable du transport aérien en Suisse romande.»
SLAVA BYKOV Les deux hommes se sont connus à Moscou, puis retrouvés à Lausanne, alors que le joueur de hockey officiait au LHC. «Malgré son statut de légende du hockey sur glace, Slava est une personne attachante, conviviale et disponible. Il n’hésite pas à passer de temps à autre dans nos bureaux à Genève pour saluer les collaborateurs.» Ce dernier met en avant les «qualités d’accueil et la disponibilité de son ami Ivan».
RUDOLF SCHUMACHER Le patron de la compagnie pour le marché suisse est son supérieur hiérarchique depuis seize ans. «Grâce à lui, j’ai mieux compris les différences entre Romands et Alémaniques. Ivan est plus Suisse que s’il avait été Suisse d’origine. C’est un vrai ambassadeur pour sa région.» Ce dernier met en avant l’importance stratégique que son chef a toujours accordée à la Suisse romande, «soutenant tous les projets et contribuant activement au repositionnement de Swiss à Genève».
Tags: Ivan Haralambof, Swiss, réseau,
|