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NOUVELLE VIE. Après avoir dirigé le WEF de janvier 2003 à novembre 2010, André Schneider s’offre un dernier défi professionnel en lançant sa propre société de conseil à Genève.
Eddy Mottaz

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Interview
André Schneider: «Je lance ma société»

Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 05.01.2011 à 10:32

L’APRÈS-WEF. Trois mois après avoir démissionné de la direction du WEF, André Schneider rebondit. Il vient de fonder André Schneider Global Advisory, une société de conseil.

L’annonce de sa démission avait fait l’effet d’une bombe dans le ciel économique suisse. Le 2 novembre 2010, André Schneider, directeur du Forum économique mondial (WEF), quittait ses fonctions avec effet immédiat. Moins de trois mois avant le début de la grand-messe de Davos, dont ce Bernois de 51 ans est la cheville ouvrière.

«LE FORUM A BESOIN D’UN VISIONNAIRE. JE NE LE SUIS PAS. MOI, JE SUIS UN BÂTISSEUR. JE TRADUIS DES VISIONS EN RÉALITÉS.»

Quelle mouche avait piqué l’éternel numéro deux du WEF, un homme qui avait su grandir à l’ombre du fondateur Klaus Schwab? Avaitil voulu être calife à la place du calife? Fallait-il y voir une crise de palais alors qu’André Schneider a longtemps fait figure de successeur du professeur Schwab? Y avait-il de la friture sur la ligne entre les deux patrons du WEF? André Schneider, à l’autre bout de la table de ce bistrot genevois, sourit.

Non, il n’est pas parti en mauvais termes avec le fondateur du WEF. Non, il n’a pas claqué la porte. Et non, il n’a pas tiré un trait sur le WEF, «son bébé», explique-t-il. Il voulait simplement s’offrir un dernier défi professionnel. Un défi qu’il présente en exclusivité à L’Hebdo: André Schneider Global Advisory (www.andreschneider-globaladvisory.com). Interview.

Comment allez-vous, Monsieur Schneider?

Très bien.

Vous semblez détendu depuis votre départ fracassant de la direction du Forum économique mondial en novembre 2010.

Plutôt, oui. J’ai pu enfin prendre quelques semaines de repos. J’ai pu refaire du sport et m’occuper de ma famille.

Vous en avez profité pour perdre du poids, non?

Effectivement. Plus de 8 kilos en huit semaines. C’était bien lapreuve que j’avais dépassé certaines limites dans mon précédent emploi. Mon corps me réclamait une pause.

On dit aussi que vous étiez au bout du rouleau au moment où vous avez annoncé votre démission. Vous ne nous faisiez pas une petite dépression?

Il faut avouer que mon poste était probablement trop lourd pour un seul homme. Je ne me plains pas. C’est moi qui l’ai bien voulu en acceptant toujours plus de responsabilités dans une structure qui est passée de 90 collaborateurs en 1998 à plus de 400 aujourd’hui (pour un budget de 140 millions de francs, ndlr). Or, à la fin, je me sentais fatigué. Je ne peux pas dire que j’étais déprimé, mais il me fallait un nouveau défi. Je n’envisageais de toute manière pas de finir ma carrière au WEF.

Donc, vous n’avez pas été viré ou vous n’êtes pas parti en mauvais termes avec Klaus Schwab comme on a pu le lire ici ou là?

J’ai entendu tellement de rumeurs fantaisistes à ce sujet. Franchement, j’aurais pu passer mon temps à les démentir. Mais j’avais autre chose à faire. Je réfléchissais à mon avenir.

Donc, vous nous affirmez qu’il n’y a pas de problème avec Klaus Schwab?

Dans un monde parfait, personne n’aime les changements. Vous pouvez donc vous imaginer que Klaus Schwab n’a pas sauté de joie quand je lui ai annoncé mon intention de démissionner. Mais je tiens à rassurer tout le monde. Nous nous entendons très bien. Et je continue à avoir son soutien. Je suis d’ailleurs encore en contact avec mes anciens collègues et je leur donne des conseils quand c’est nécessaire.

N’empêche, votre nom a été rapidement effacé du site internet du Forum économique, quasiment à la minute où votre démission a été annoncée. Votre bureau a été vidé très rapidement. Même le WEF, pourtant champion de la communication, n’a quasiment rien dit à votre sujet. Comme s’il ne voulait plus parler de vous. Comme s’il voulait effacer la trace de votre règne. D’ailleurs, allez-vous au Forum de Davos cette année?

Non. Je ne suis pas invité. Et c’est tout à fait normal. Je ne fais pas partie des dirigeants des 1000 plus grosses entreprises de la planète. Quant à la politique de communication du WEF, elle lui appartient. Je ne souhaite pas la commenter. Vous savez, ce n’est jamais le bon moment pour partir. Mais je devais prendre ce virage. J’y pense depuis deux ou trois ans. Depuis que j’ai passé le cap des dix ans au service du WEF et, surtout, que j’ai eu 50 ans.

Dans le même temps, on vous voyait bien succéder un jour ou l’autre à Klaus Schwab qui a déjà dépassé l’âge de la retraite avec ses 72 ans.

Cela n’a jamais été mon objectif. Le forum a besoin d’un visionnaire. Je ne le suis pas. Moi, je suis un bâtisseur. Je traduis des visions en réalités. Et c’est bien ce que je compte faire aujourd’hui. Je lance ma propre entreprise de conseil, André Schneider Global Advisory. Elle est basée à Genève.

Une société qui porte votre propre nom. N’est-ce pas un brin narcissique?

Disons que je suis connu et que je compte bien profiter de mon carnet d’adresses.

Quel est votre projet?

Je vais faire ce que je sais faire le mieux: mettre en contact des gens, créer des plateformes d’échange où les entreprises, les ONG et les Etats pourront aller plus loin en travaillant ensemble pour le bien commun.

En gros, vous voulez devenir le Henri Dunant de l’économie?

Je veux être avant tout un facilitateur. L’économie d’aujourd’hui a davantage besoin de passerelles. Si l’on veut trouver des solutions au réchauffement planétaire, par exemple, ce n’est pas en bricolant quelque chose dans son coin, mais en partageant les idées et les informations et en créant des projets communs.

Un service que propose déjà le WEF?

Non, et nous ne serons jamais des concurrents. Le forum, après quarante ans d’histoire, est indétrônable et nombreux sont ceux qui ont essayé de s’y attaquer et qui s’y sont cassé les dents. Non, mon but n’est pas de créer un événement, mais d’utiliser mes connaissances pour qu’une ONG, une entreprise et un Etat puissent aller plus loin dans leurs réflexions et trouvent des solutions en commun.

Concrètement, cela donne quoi?

Une ONG peut très bien participer à l’élaboration d’une législation en s’appuyant sur l’expérience d’une entreprise. Personne ne détient la vérité. En outre, si les grandes sociétés peuvent avoir accès à de telles structures de dialogue, il y a un réel manque pour les petites et moyennes entreprises (PME). J’ai envie de me consacrer à cemarché dans un premier temps. Je veux par exemple les aider à s’implanter dans de nouveaux marchés comme la Chine et l’Inde où je possède de très bons contacts.

Vous allez plutôt vous concentrer sur la Suisse?

Pas uniquement. Mes premiers contrats concernent en grande partie des organisations basées en Suisse, mais ma vocation est globale. Je veux jouer les intermédiaires entre les mondes et les réalités en aidant à la mise en place de plateformes où on peut se parler sans tabou et mettre en œuvre des solutions nécessaires pour tout le monde.

Mais il y a Wikileaks pour cela?

Je suis pour la transparence. Mais il y a des limites. Trop de transparence tue parfois le dialogue et tue des solutions alternatives. Au WEF par exemple, il y avait de nombreuses discussions privées où les gens osaient se parler librement. Et je suis sûr que cela a fait avancer le monde. Cela dit, pour revenir sur Wikileaks, c’est un phénomène passionnant. Il est incroyable de pouvoir sortir de telles informations en provenance de l’administration américaine qui est pourtant réputée pour la sécurisation de ses systèmes. Concernant la Suisse, imaginez les dégâts pour la place financière suisse, si aujourd’hui Wikileaks publiait les listes des clients de nos banques. Ça serait une catastrophe.

Et si on se revoit dans trois ou quatre ans? Où en serez-vous?

Probablement aurai-je cinq collaborateurs et ma société réalisera un chiffre d’affaires d’un à trois millions de francs par an. Mais attention, l’argent n’a jamais été une motivation. Je veux être au service du monde. Et le travail ne va pas manquer en ces temps difficiles.


Profil

André Schneider

Né le 19 novembre 1959, marié et père de 4 enfants, André Schneider est docteur en informatique et musicien professionnel (tuba). Il a rejoint le Forum économique mondial (WEF) en 1998. Il a occupé la position de directeur général et de chief operating officer de janvier 2003 à novembre 2010.




André Schneider


Tags: WEF, André Schneider, Global Advisory,

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Réaction de jhappy2011
le 10.01.2011 à 13:51
What Andre is saying is a lie! He got thrown out...
 



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