L'Hebdo;
1999-11-04 Pages animées par Elisabeth Stoudmann ANDRÉ RABOUD ET SES INVITéS
Grand voyageur en formes et en symboles, le Valaisan André Raboud fêtait ses cinquante ans cette année. Pour marquer l'événement, il a convié six jeunes artistes à partager avec lui les espaces du Manoir. Abstraites ou figuratives, picturales ou tridimensionnelles, les démarches très diverses de David Ciana, Brigitte Hertel, Daniel Leprat, Andréa Pyroth, Alain Quercia et Pierre Zufferey convergent cependant dans leur attachement au matériau, à son expressivité brute ou plus policée. Un souci que l'on retrouve aussi chez Raboud qui présente ici une trentaine de pièces récentes, barques, portes, jeunes filles couchées ou «Dialogues avec l'ange».
M.D.
«André Raboud invite six jeunes artistes», Martigny, Manoir, jusqu'au 12 décembre, ma-di 14-18 h.
7000 ANS DE CRÉATIVITÉ
Avec pour seuls critères l'originalité et la beauté, le Musée Barbier-Mueller retrace à travers ses collections d'art antique un fascinant portrait de 7000 ans de sculpture. Pas question, bien évidemment, d'exhaustivité. Il s'agit, entre le néolithique et la chute de l'Empire romain, d'offrir des jalons témoignant du rayonnement de ces cultures qui ont contribué à la naissance de la civilisation occidentale. L'occasion de suivre, entre diabolo et violon, l'évolution de quelques approches stylisées du corps humain et d'admirer plusieurs pièces inédites de la plus importante culture italique du premier âge du fer, celle de Villanova, près de Bologne.
M.D.
Genève, Musée Barbier Mueller, jusqu'au 15 février 2000, tous les jours 11-17h.
Bulworth
Epuisé par le stress de la campagne électorale, le sénateur Jay Bulworth craque. Il commandite un tueur à gages pour se faire abattre. Ses pulsions suicidaires prennent un nouveau tour sur la tribune, face aux investisseurs ou à la presse: Bulworth se saborde en disant pour une fois la vérité. Son coming out politique commence dans une église de la communauté noire où il rappelle que les Blacks comptent pour beurre. L'esprit du rap descend sur lui. Il dit aux nababs hollywoodiens que leurs films sont de la merde, aux assureurs qu'ils sont des escrocs, aux flics qu'ils sont des pourris. Scandant, tchatchant, il se looke d'enfer, s'exhibe avec une jeune femme noire, met le souk dans les débats télévisés et file un électrochoc salutaire à la société. Sa cote remonte, son envie de mourir disparaît. Encore faut-il pouvoir arrêter le tueur lancé à ses trousses... A l'instar de Clint Eastwood ou de Robert Redford, Warren Beatty est un comédien, une star, un sex symbol qui s'implique dans la vie politique. Avec «Bulworth», il signe une comédie presque musicale et plutôt jubilatoire sur la langue de bois, une parabole nécessaire sur la démocratie toujours plus menacée par la logique économique.
A.D.
De et avec Warren Beatty. Avec Kimberley Deauna Adams, Vinny Argiro. Etats-Unis, 1 h 48.
HANTISE
Un manoir monstrueusement gothique dans le nord de l'Angleterre, sous un ciel de novembre. A n'en pas douter, Hill House sent le fantôme à plein pif. Construite sur le mode labyrinthique par un riche industriel, cette demeure grouille de petites âmes d'enfants. Un psychiatre un peu trop malin y convie quatre cobayes pour analyser les mécanismes de la peur. «Hantise» dégage spontanément une impression de déjà vu (l'escalier en colimaçon). Normal: il est adapté d'un classique de Shirley Jackson qui a déjà inspiré plusieurs films. Cette fois-ci, c'est le trépidant réalisateur de «Speed» qui s'y colle avec les sous de la DreamWorks (Spielberg & Co). C'est donc un thriller rapide, bruyant, nouveau riche, qui abuse du morphing plutôt que d'instiller l'angoisse. Pour un effet réussi (forme enfantine glissant parmi les drapés des rideaux), on a droit à une pléthore d'explosions et de métamorphoses. Traité sur le ton humoristique, «Casper» s'avère plus troublant que cette foire aux fantômes.
A.D.
«Haunting» De Jan De Bont. Avec Liam Neeson, Catherine Zeta-Jones, Lili Taylor. Etats-Unis, 1 h 53.
RÉGLEMENTS DE CONTES
Rien ne va plus dans les contes. A force de les manipuler, le savant Berzélieus, fou et mégalo à souhait, a mis une sacrée pagaille dans les histoires: le Prince charmant de Blanche-Neige la laisse à ses songes et tombe amoureux de Cendrillon. Tout le monde y passe, jusqu'au Père Noël dont le traîneau résiste plutôt mal à une collision de carrosse courgesque. Les marionnettes du Théâtre du Double Jeu convient les petits et les moins petits à sauter d'un personnage à l'autre dans un spectacle bourré de trouvailles qui ne laisse à personne le temps de s'ennuyer.
P. F.
«Règlement de contes». Création du Théâtre Double Jeu, texte de Joël Cruchaud, scénographie de Suzanne Brunner, musique de Will Maës. Lausanne, aula du collège des Bergières, jusqu'au 17 novembre. Rens. (021) 624 54 77.
PSOPHOS
Ils ont frappé des plaques et des peaux, perchés sur les hauteurs des arènes veveysannes et, en rompant avec un système de sonorisation centralisateur et sans grâce, ont apporté quelques (trop) rares moments de relief acoustique et de magie à cette gigantesque place de jeux. Après les ébats musicaux de la Fête des Vignerons, revoici les percussionnistes de l'ensemble Psophos à l'assaut de leur répertoire favori qui, en plus des compositions de leur fondateur Stéphane Borel et de créations collectives, comporte des pages de James Wood et de Steve Reich. A savourer dans l'intimité d'un lieu clos.
D. R.
Psophos en concert, Lausanne, Conservatoire, lu 8, 19 h. Billets à l'entrée.
BARTOK
Un seul acte et un seul lieu, habité par deux êtres qui, comme lors d'une psychanalyse sauvagement menée, ouvriraient une à une les portes du passé et de ses secrets. Judith, amoureuse, veut tout. Barbe-Bleue ne peut donner que ce qu'il est, dans son présent désenchanté. A peine entrevu, le rêve du partage disparaît. Le conte de Perrault, ensanglanté, à la lumière de Sigmund: tel est le magnifique bref opéra de Bartok qui, créé en 1918, est donné ici dans une version piano et précédé par la sonate pour deux pianos et percussions. Une production réunissant huit interprètes dans la mise en scène de Monique Chatelain.
D. R.
«Le château de Barbe-bleue» de Bartok par l'Opéra de Poche, Genève, Théâtre de l'Alhambra, ve 5, sa 6, 20 h 30, di 7, 17 h et 20 h 30. Une heure avant chaque spectacle, conférence d'Alain Perroux. Rens. (022) 319 61 11.
KEZIAH JONES
Lorsqu'il fit son apparition sur les devants de la scène rock franco-anglaise, Keziah Jones suscita immédiatement curiosité et enthousiasme. Un chapeau vissé sur le crâne, une guitare sèche décorée de dessins, il avait pour lui le charme de la spontanéité et d'une musique originale: un drôle de funk acoustique qui s'inspirait des rythmes nigérians de son pays d'origine et qu'il avait baptisé bluefunk. L'histoire voulait qu'il ait été découvert par un directeur artistique dans un métro parisien. On pensait alors que l'industrie du disque avait enfin déniché un génie authentique, que rien ne saurait pervertir. Huit ans et deux albums plus tard, la réalité est tout autre. Keziah Jones propose désormais une musique formatée soul-rock et s'inscrit sans surprise quelque part entre Lenny Kravitz et Ben Harper.
E. S.
Genève, Palladium, je 4 nov, 20 h 30. Billets. Ticket Corner.
JAZZ CONTREBAND
Ils y ont pensé, ils en ont rêvé et ils ont réussi: créer un festival de musiques transfrontalier entre Genève et Annemasse pour réunir le temps de deux semaines des artistes de Suisse, de France et d'ailleurs avec des idées musicales plein la tête. Déboulent ainsi dans le cadre de cette troisième édition le Nigérian Femi Kuti dont les prestations scéniques repoussent toujours plus loin les limites de son afro-beat puissant, le combo de jazz suisse Po Djama accompagné d'un trio de musiciens Gnaoua ou Smokey Wilson et son delta blues de bon aloi. Que les curieux et amateurs d'échanges se passent le mot!
E. S.
Jazz Contreband avec Femi Kuti (Annemasse, Château Rouge, 4 nov, 21 h). Po Djama et les Gnawas (Genève, Sud des Alpes, sa 6, 21 h 30). Malcolm Braff & C.O.M.B.O (Onex, Le Manège, Maison Rochette, sa 6, 21 h). Smokey Wilson Band (Genève, Chat Noir, 6 nov, 22 h.). Rens. (00334) 50 43 24 24 .
CHOPIN
Au programme de quantité de récitals en cet automne de commémoration, joué avec plus ou moins de finesse et de transparence par des interprètes de tous bords, Chopin se déguste jusque dans les bacs des disquaires. Ici, dans un enregistrement public récent, Elisabeth Leonskaya fixe pour la première fois sa vision des concertos No 1 et 2 qui, ornementaux à l'extrême, y trouvent une fluidité de bon aloi, mélange de légèreté et de rigueur. L'écoute trouve sa place, mieux que superficielle. Les guirlandes de notes, bien accrochées et fraîches, ne se noient ni dans le flou de la pédale ni dans celui des sentiments. Un fin Chopin mozartien.
D. R.
Elisabeth Leonskaya avec l'Orchestre philharmonique tchèque, dir. Vladimir Ashkenazy. En cadeau, un 2e CD, portrait de la pianiste en récital. Teldec/Warner.
JOHN DOWLAND
Partant de l'idée qu'une oeuvre de «haute valeur artistique» apparaît atemporelle, le ténor John Potter ose le pas d'arrangements aux couleurs jazz-contemporaines (clarinette basse et saxophone mêlés aux luth, contrebasse et violon baroque) pour offrir les beautés mélancoliques de John Dowland (1563-1626). La volonté de se réapproprier un univers esthétique vieux de 400 ans peut se comprendre. Sauf qu'ici il se retrouve souvent brouillé par les sonorités planes et vocalisantes des vents. Le style musical s'affadit, le chant perd sa ligne et son relief. La tentative de réhabilitation rate son but: ainsi modernisé, Dowland se noie dans un flou sophistiqué superflu et, de surcroît, fortement daté.
D. R.
«In Darkness Let Me Dwell» de John Dowland, par le ténor John Potter, ECM.
NATHALIE RHEIMS
«L'enfance nous avait unis, la mort te prenait, me laissant là une illusion, un mirage.» Un frère meurt, Louis, âgé de trente-trois ans, et la narratrice, sa soeur, l'a accompagné du soleil à la terre. Depuis cette profondeur, qu'elle n'arrive pas à quitter, elle cherche un compagnon qui pourrait aller à rebours avec elle, qu'elle pourrait ramener vers la lumière. Elle pense à Charles Denner, l'acteur qu'elle n'a jamais rencontré mais dont elle pressentait qu'un jour l'aventure de la folie les réunirait. En remontant la vie de Charles Denner, en rencontrant son frère, sa veuve, elle accepte peu à peu la mort de son propre frère. Journal de deux mois d'une concentration émotionnelle unique, «L'un pour l'autre» superpose Charles et Louis, intimement, douloureusement.
I. F.
Nathalie Rheims, «L'un pour l'autre», Galilée, 80 p.
GISèLE HALIMI
«Ma mère ne m'aimait pas.» Fritna, Juive espagnole flamboyante, Tunisienne jusqu'à son indépendance, meurt en janvier 1995. Sa fille, Gisèle Halimi, avocate parisienne et fondatrice avec Simone de Beauvoir de l'association Choisir-La cause des femmes, revient sur sa vie et les rapports difficiles de la mère avec ses enfants. «Tout ce que je suis, tout ce que j'ai fait, c'est, peut-être, parce que ma mère ne m'aimait pas.» Elle raconte Fritna et c'est le mythe de l'amour maternel qui vole en éclats, elle raconte Fritna et c'est Gisèle qui émerge, entière, forte, de l'enfant mal aimée telle qu'elle se raconte dans son journal d'enfant, de la mort tragique du petit frère aux retrouvailles avec la soeur adulte déjà. On en savait un bout sur Gisèle Halimi avec notamment «La cause des femmes» dans lequel elle fait le récit de sa naissance et sa dissimulation pendant trois semaines, mais «Fritna» insiste, universel autant qu'autobiographique; plus qu'émouvant, intelligent.
I. F.
Gisèle Halimi, «Fritna», Plon, 220 p.
Quand l'art fait du cinéma
Pour sa 8e édition, la Biennale de l'image en mouvement interroge la présence du cinéma dans l'art contemporain. Vaste programme! Outre la traditionnelle compétition et des classiques comme Andy Warhol et Jean-Luc Godard, on annonce des oeuvres de Pierre Bismuth, Dominique Gonzalez-Foerster ou Tracey Moffatt. Plusieurs écoles d'art suisses et étrangères présentent les travaux de leurs étudiants. Parallèlement, des théoriciens, historiens et critiques interviendront dans le cadre de tables rondes et de cartes blanches.
La présence toujours plus importante de films, et donc de salles obscures, dans les lieux d'exposition pose effectivement quelques problèmes. Faut-il admettre comme Chris Dercon du Museum Bojmans Van Beuningen de Rotterdam, l'un des intervenants, que nos musées de plein jour se transforment partiellement en «musées lunaires»? Et comment intégrer installations et vidéos dans une collection permanente? Le public doit lui aussi changer d'habitudes pour s'adapter aux langages actuels. Happé de tous côtés par des projections de longueur variable, il n'est désormais plus libre de fixer arbitrairement le temps de sa visite. Il lui faut aussi admettre qu'il ne peut pas tout voir, ou seulement par bribes. Une évolution inévitable et un fabuleux défi pour Chris Dercon qui voit dans ce nouvel usage inhabituel de l'image en mouvement un retour aux beaux jours du cinéma permanent.
Mireille Descombes
«8e Biennale de l'image en mouvement», Genève, Centre pour l'image contemporaine (Saint-Gervais), du 5 au 13 novembre. Exposition jusqu'au 12 décembre. Rens. (022) 908 20 00.
Le blues de Kar Kar
S'il est une région d'Afrique de laquelle le blues est originaire, c'est sans conteste le nord du Mali. Certains bluesmen (Taj Mahal, John Lee Hooker) ne s'y sont pas trompés et se sont prêtés au jeu des rencontres enregistrées. Quant aux Maliens, Ali Farka Touré ou Boubacar Traoré, on leur a toujours accolé l'étiquette de bluesmen africains. Dans le cas de Boubacar, l'affiliation va plus loin puisque sa vie ressemble étrangement à celle d'un authentique bluesman du delta du Mississippi. Elle est scandée de moments douloureux - le décès de sa femme à qui il dédie l'une de ses plus belles chansons «Les enfants de Pierrette», celui de son ami et accompagnateur de longue date Baba Dramé - et d'une brève période de succès dans les années 60. Boubacar alias Kar Kar est un homme simple et modeste, auteur de merveilleuses ballades aux accents mélancoliques qu'il décline sur scène accompagné seulement de sa guitare sèche et d'une calebasse effleurée du bout des doigts. Sur son dernier disque on trouve aussi parfois un kamele n'goni, une basse et d'autres percussions sans que jamais sa musique ne perde de sa force, de sa fulgurance.
Elisabeth Stoudmann
Boubacar Traoré. «Maciré» (Indigo/Rec Rec). En concert à Lausanne: salle du Cazard, ve 5, 20 h 30, et à la grande salle du centre paroissial de Saint-Matthieu (Pierrefleur 20), sa 6, 20 h 30. Billets: Ticket Corner 0848 800 800.
télévision
michel zendali
Blocher, écran total
A force de ne pas comprendre ce qui leur arrive, les politiciens ordinaires et les journalistes bien-pensants ont fini par trouver la cause ultime du grand malheur qui frappe la Suisse: c'est la complaisance fascinée des médias qui a fait le lit de l'UDC lors des dernières élections fédérales. Par une perversion subtile, les médias participeraient donc d'un égal encensement de ce monstre qui fait exploser les catégories politiques suisses. L'attaque a fini par porter: un journal dominical dont l'autocritique n'est pourtant pas le point fort, vient de publier une pénible justification de ce qui fait son beurre semaine après semaine.
L'analyse relève de l'habituelle confusion entre l'image et la réalité. Qu'il y ait à «Arena» un usage excessif de Blocher et de ses clones ne fait finalement qu'entériner un état de fait: depuis quatre ans, l'UDC est un authentique parti d'opposition. Présent sur la quasi-totalité des fronts politiques, il combat violemment la plupart des décisions gouvernementales. Surtout, il instille dans le système politique suisse ce qu'ont longtemps espéré ses réformateurs: le délicieux poison de la controverse. Quand la télévision, dont la capacité de complexité dramaturgique ne dépasse pas celle du western de série B, donne à voir cette image d'une Suisse divisée, elle ne crée rien. Au surplus, elle n'a pas à se justifier d'un phénomène qui la dépasse: la TV reste le dernier forum démocratique de masse depuis la disparition des pratiques et des liens politiques traditionnels. Et s'il est quelque chose dont on pourrait se plaindre, c'est bien que la presse aussi, souvent, pense, présente et écrit à la manière de la télé.
Toute la télévision n'est pas dans «Arena». Il a suffi pour s'en convaincre de regarder le «Temps présent» diffusé la semaine dernière. En quarante minutes, le sujet de Daniel Monnat donnait à voir et à entendre ce qu'est le blochérisme outre-Sarine. Et pour voir, on a vu. Un leader dont la rhétorique à l'emporte-pièce sent la garnison de Vieux Suisses. Un électorat qui rassemble du prolétariat désorienté, de la classe moyenne déstabilisée, du banquier chic éructant contre l'Etat et du xénophobe ordinaire, aussi suisse que possible. Bref, nos voisins de palier, nos copains de service.
Que tout cela additionné ait pu faire 24% ne devrait étonner personne. On souhaite à ceux qui s'en prennent aux médias, d'avoir vu ça. Sur la mondialisation, l'asile, les assurances sociales, il y a dans les questions de ces électeurs de quoi tenir plusieurs congrès de partis. Et si les adversaires de Blocher, au lieu de garder les yeux fixés sur lui et l'écran qui le grossit, s'efforçaient de leur apporter quelques réponses sensées?
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