50 ans et pas une ride!
Anniversaire. Mattel a concocté un programme de rêve pour fêter Barbie, qui ne cesse de s’adapter à son époque.
Cinquante ans, cela se fête. Avec beaucoup de faste lorsqu’on s’appelle Barbie et qu’on est numéro un mondial des ventes de poupées. Les festivités commencent le 4 février à la Foire du jouet de Nuremberg: un célèbre couturier – Mattel refuse de dévoiler son nom – lui dessinera de nouvelles tenues. Deux semaines plus tard, les rues de New York seront envahies par son effigie, alors que cinquante stylistes de renommée mondiale dévoileront les tenues qu’ils ont créées pour elle, lors de la semaine de la mode, et que, à Paris, cinquante créateurs lui imagineront des accessoires. Pendant ce temps, la plage de Copacabana (Brésil) sera envahie de parasols roses – sa couleur. Enfin, à Shanghai s’ouvrira le premier magasin entièrement voué à son culte.
Mais comment une poupée née en 1959 fait-elle pour être encore numéro un en 2009? Ancienne conservatrice du Musée Forel à Morges, actuelle syndique de cette commune, Nuria Gorrite a monté une exposition sur la petite Américaine en 1997. Le secret de la belle blonde? «Le monde change et elle avance avec lui. Elle s’adapte sans cesse aux nouvelles modes, colle à ce que les gens attendent. Les concepteurs de Barbie sentent ce qui fait l’air du temps et sortent la nouvelle poupée au bon moment.» Porte-parole de la firme américaine, Christian Schultz confirme: «Plus de cent personnes collaborent à la conception de chaque nouveau modèle.» Elle a ressemblé à Brigitte Bardot; aujourd’hui, c’est un mélange de Mischa Barton et de Heidi Klum. Son succès s’explique également par un marketing agressif. Dès les premières années, Mattel a réussi à faire naître un désir parmi les petites filles: acquérir le dernier modèle. D’où une certaine grogne chez les parents qui, en plus, ne voient pas ses mensurations surréalistes d’un très bon œil, l’accusant de provoquer des troubles alimentaires. Si Anne Dafflon Novelle, docteur en psychologie sociale à l’Université de Genève, reconnaît ce danger, elle tient aussi à souligner le côté positif de Barbie: «Elle propose des modèles professionnels pour les filles autres que vendeuses, infirmières ou maîtresses d’école. Barbie est pilote d’avion, médecin, astronome.» Pas de quoi s’inquiéter donc. De toute façon, comme le souligne Nuria Gorrite, Barbie, c’est comme l’acné, c’est moche, mais ça passe et ça ne laisse pas de traces...
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