L'Hebdo;
2008-05-29 Anton Affentranger - Rempart face aux prédateurs
Ténébreux, l’Å“il vif, cordial, mais aussi tenace: Anton Affentranger est un rempart face aux appétits des raiders, ces gens sans foi ni loi qui ne rêvent que de désosser les entreprises. Anton Affentranger, lui, est du côté des constructeurs, des bâtisseurs. Comme président d’Implenia, numéro un suisse du bâtiment, mais aussi comme dirigeant ou investisseur de Mikron (à Boudry) ou de Dartfish (à Fribourg). Né en Argentine en 1956, Anton Affentranger grandit au Pérou et au Chili, étudie à Genève, travaille ensuite durant environ dix ans pour UBS avant d’être associé et CEO de la Banque privée LODH, puis directeur financier du groupe Roche. «En 2002, j’ai décidé de créer ma propre entreprise», raconte-t-il. De cette dernière aventure, il a retiré une bonne surprise («La liberté d’action») et une mauvaise («La gestion de cette liberté est très complexe. Je n’ai jamais autant travaillé de ma vie!»). Aujourd’hui, il ne se définit plus comme financier mais «comme entrepreneur». En engageant aussi son propre argent dans les sociétés auxquelles il croit.v
LES REFUGES
MARATHON DE NEW YORK Anton Affentranger est un coureur de fond. «Je ne manque jamais le marathon de New York, qui a lieu chaque année en novembre», lâche-t-il. Au moins une fois par année, il va donc croquer un bout de la Grosse Pomme. Il y a travaillé pour le compte d’UBS, d’où sa parfaite maîtrise de l’anglais. Polyglotte, le Suisse parle aussi couramment l’allemand (il a passé sa maturité en Suisse alémanique), le français (diplôme d’économie politique à l’Université de Genève) et l’espagnol.
AMERIQUE LATINE L’espagnol? Logique: Anton Affentranger est né en Argentine. Il a ensuite grandi au Pérou, dans la ville côtière de Chiclayo, ainsi qu’au Chili. Son père travaillait alors dans la région, pour Nestlé. L’Amérique latine lui est chère. Son auteur préféré est Pablo Neruda. L’entrepreneur aime aussi danser le tango et se perdre dans les paysages lunaires du nord de l’Argentine, dans la région de Salto.
LES MONTAGNES DU VALAIS Avec sa femme, il possède un appartement à Zermatt. C’est un fan de haute montagne, hiver comme été. Cela lui permet de prendre un peu de hauteur et de recul par rapport à ses activités d’entrepreneur et d’investisseur au sein de sociétés industrielles ou de firmes spécialisées dans les hautes technologies. Depuis la création de sa société, il ne compte plus ses heures. Qu’en pense sa femme? «C’est simple, elle travaille au sein de notre entreprise. Elle comprend donc parfaitement ses besoins, d’autant plus qu’elle est en charge de la comptabilité.»
la musique POUR SE RESSOURCER, ANTON AFFENTRANGER ECOUTE AUSSI DE LA MUSIQUE CLASSIQUE. ET NOTAMMENT DU BACH.
L’EQUIPE
NICOLAS FULPIUS Ce Genevois, partenaire d’affentranger associates SA, a rejoint l’équipe de l’ancien banquier. Il ne tarit pas d’éloges sur Anton Affentranger: «Il combine de manière unique deux qualités rares mais indispensables à ce rôle que sont la passion et la ténacité. Passionné, il l’est par l’idée de bâtir, de s’investir pour un projet et pour les hommes et les femmes qui y travaillent. C’est grâce à cet engagement personnel qu’il révèle des talents et fait naître des opportunités là où d’autres manquent d’audace. Mais sa réussite, il la construit aussi sur une ténacité hors du commun. Jamais, je ne l’ai vu se désunir dans la difficulté, s’engager sur une option à court terme ou agir à l’encontre de ses convictions personnelles.»
L’ENNEMI
ROGER BÜHLER Le responsable suisse du raider britannique Laxey Partners est la bête noire d’Anton Affentranger. Après avoir joué au chat et à la souris avec le fabricant thurgovien Saurer et empoisonné la vie du groupe métallurgique soleurois Swissmetal et de sa filiale de Reconvilier (l’ancienne usine Boillat), Laxey a tenté de s’em-parer d’Implenia. Mais il s’est heurté à un mur, l’ensemble du conseil d’administration formant un bloc de béton autour de son président. Laxey, qui reste avec 38% le plus gros actionnaire d’Implenia, a aussi déclenché l’ire de la Commission fédérale des banques: à cause de son manque de transparence dans ses agissements, la CFB a déposé le 7 mars 2008 une plainte pénale contre le raider. Aujourd’hui, Laxey a trouvé en Suisse de nouvelles proies: le commerçant en vêtements Vögele et le régisseur publicitaire vaudois PubliGroupe.
LES CONCURRENTS
KARL STEINER Le premier job d’Anton Affentranger, c’est de présider Implenia. L’un de ses concurrents est Karl Steiner SA, qui officie surtout comme entreprise générale: cette société basée à Zurich emploie 550 personnes. En quel- ques années, le secteur de la construction s’est considérablement consolidé. Implenia – qui fait travailler environ 6000 personnes – domine le marché suisse depuis sa naissance, en mars 2006. Le bernois Losinger (900 employés) – qui appartient au géant français Bouy-gues – et le genevois Induni (450 salariés) sont aussi très présents sur le marché.
L’INDUSTRIE
JOHANN SCHNEIDER-AMMANN Le CEO du groupe bernois Ammann a soutenu Mikron, fabricant de composants électroniques, aux côtés d’Affentranger. Comme président de Swissmem (l’Association suisse des fabricants de machines), c’est l’un des plus influents industriels de Suisse. Le Bernois siège notamment au conseil d’administration de Swatch Group. Il est aussi parlementaire, dans les rangs du Parti radical. Pour Johann Schneider-Ammann, Anton Affentranger représente «une très forte personnalité, extrêmement intègre, qui comprend mieux l’industrie que bien des industriels». Joli compliment.
eduard rikli CEO DE MIKRON DEPUIS JANVIER 2004, EDUARD RIKLI VIENT DE FETER LE CENTENAIRE DU GROUPE QUI EMPLOIE 1087 COLLABORATEURS EN SUISSE, DONT PRES DE 400 A BOUDRY (NE). POUR EDUARD RIKLI, «ANTON AFFENTRANGER VA DIRECTEMENT A L’ESSENTIEL ET SON ARGUMENTATION EST TRES FONDEE. IL MAITRISE SES DOSSIERS ET EST TRES PRESENT DANS LES SEANCES. IL EST ENTHOUSIASTE ET TRANSMET SON ENTHOUSIASME. IL NE SE LAISSE PAS DETOURNER DE SES OBJECTIFS.» ENFIN, ANTON AFFENTRANGER PEUT AUSSI COMPTER SUR L’APPUI, AU CONSEIL DE MIKRON, D’UNE AUTRE POINTURE DE L’ECONOMIE SUISSE: L’AVOCAT PETER FORSTMOSER, PRESIDENT DU CONSEIL DE SWISS RE ET PROFESSEUR DE DROIT A L’UNIVERSITE DE ZURICH. LA START-UP
VICTOR BERGONZOLI CEO de Dartfish, une entreprise fribourgeoise high-tech, Victor Bergonzoli travaille avec Anton Affentranger depuis 2002: «Anton Affentranger combine une solide expérience financière à un esprit d’entrepreneur. Cette combinaison est très intéressante pour les gens qui travaillent dans les sociétés dans lesquelles il a investi, car il est très impliqué dans la marche des affaires et ce qui se passe sur les marchés.»
susan kish TRES ACTIVE DANS LES RESEAUX D’ENTREPRENEURS, CETTE ZURICHOISE EST MEMBRE DU CONSEIL DE DARTFISH: «JE CONNAIS TONY DEPUIS VINGT ANS, DEPUIS L’EPOQUE OU NOS BUREAUX ETAIENT PROCHES, A NEW YORK. IL INSPIRE LE RESPECT ET LA CONFIANCE. ON PEUT COMPTER SUR LUI, DANS LES BONS COMME LES MAUVAIS MOMENTS.»
L’INDUSTRIE
JOHANN SCHNEIDER-AMMANN Le CEO du groupe bernois Ammann a soutenu Mikron, fabricant de composants électroniques, aux côtés d’Affentranger. Comme président de Swissmem (l’Association suisse des fabricants de machines), c’est l’un des plus influents industriels de Suisse. Le Bernois siège notamment au conseil d’administration de Swatch Group. Il est aussi parlementaire, dans les rangs du Parti radical. Pour Johann Schneider-Ammann, Anton Affentranger représente «une très forte personnalité, extrêmement intègre, qui comprend mieux l’industrie que bien des industriels». Joli compliment.
EDUARD RIKLI CEO de Mikron depuis janvier 2004, Eduard Rikli vient de fêter le centenaire du groupe qui emploie 1087 collaborateurs en Suisse, dont près de 400 à Boudry (NE). Pour Eduard Rikli, «Anton Affentranger va directement à l’essentiel et son argumentation est très fondée. Il maîtrise ses dossiers et est très présent dans les séances. Il est enthousiaste et transmet son enthousiasme. Il ne se laisse pas détourner de ses objectifs.» Enfin, Anton Affentranger peut aussi compter sur l’appui, au conseil de Mikron, d’une autre pointure de l’économie suisse: l’avocat Peter Forstmoser, président du conseil de Swiss Re et professeur de droit à l’Université de Zurich.
ANTON AFFENTRANGER Au stade du Letzigrund, rénové par Implenia.
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