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Anzère, le cirque des 4000

Mis en ligne le 20.01.1994 à 00:00

L'Hebdo; 1994-01-20

Anzère, le cirque des 4000

Depuis la terrasse de La Crêperie, située à l'entrée de la place du village, on dénombre une douzaine de géants des Alpes. Du Bietschhorn au massif du Mont-Blanc, le cirque des 4000 déploie son spectacle fabuleux tous les jours de l'année ou presque. Car, on ne le rappellera jamais assez, la station d'Anzère est remarquablement située, plein sud, au coeur de la région la plus ensoleillée du pays.

Alors que la station, complètement «artificielle», ne compte que quelques poignées de résidants, on y croise plus de 7000 vacanciers en plein hiver. Ce n'est pas un hasard si Anzère agit comme un aimant. Le domaine skiable, qui se situe entre 1500 et 2500 mètres d'altitude, assure des conditions idéales dès les premières chutes de neige. Une dou- zaine d'installations mécaniques desservent les quelque 40 km de pistes, parmi lesquels 5 km de pistes noires réservées aux spécialistes. Quant aux fondeurs, ils se faufilent à travers les forêts qui s'étendent sur les 12 km de la piste du Chamossaire, au-dessus de la station.

Anzère a su très tôt se mettre au goût du jour en créant l'une des premières écoles de parapente du pays. Emmenés par des courants thermiques très favorables, des dizaines de parapentistes zèbrent le ciel valaisan durant le week-end. Et s'il vous tente de jouer les hommes (femmes)-oiseaux, sachez que les moniteurs organisent des baptêmes de l'air en double pour une centaine de francs seulement, frissons garantis... Les skieurs les plus exigeants ont, eux, la possibilité de dévaler les pentes du Wildhorn (3247 m) depuis qu'Anzère a opté pour le ski héliporté. Ajoutons, pour clore le chapitre sportif, que la station propose également une piste de curling, une petite patinoire artificielle et une piscine couverte.

Le centre d'Anzère, aménagé en zone piétonne, fait le bonheur des enfants. Ils s'y ébattent sur une place de jeux ou dévalent la petite piste de luge qui aboutit aux pieds d'un énorme bonhomme de neige. Tous les commerces sont regroupés autour des quelques bistrots typiques (ne manquez pas les spécialités du Café des Premiers Pas!) Enfin, pour les amateurs de culture régionale, signalons la présence du Musée alpin, qui retrace les coutumes de la région et présente les quatre bisses qui sillonnent la commune d'Ayent.

pratique

Musée alpin, Hôtel Zodiaque. Tél. (027) 38 38 44.

Ecole de parapente, initia- tion chaque mardi. Vol biplace, 100 francs. Tél. (027) 38 52 24.

Hôtel des Masques, comp- ter 150 francs la chambre double hors saison. Tél. (027) 38 51 18.

Office du tourisme d'Anzère, tél. (027) 38 25 19.

Une station fabriquée

Jadis, les pâturages d'«Antsère» étaient tellement morcelés qu'on ne pouvait y faire brouter des troupeaux sans forcément empiéter sur la propriété du voisin. La contrée, mise à ban, était fauchée le jour de la Saint-Barthélemy.Avant 1960, il n'y avait que cinq mazots à Anzère (on peut admirer le dernier rescapé à l'entrée de la station). C'est Pierre Gutknecht, un instructeur de ski, qui eut l'idée d'exploiter les champs de ski au début des années soixante. Le premier projet (1960-61) ayant avorté, il a fallu l'intervention de la holding Pro- Anzère, patronnée par l'architecte genevois Jean Hentsch, pour que la station naisse véritablement en 1965. Deux ans plus tard, un bus postal assurait la liaison depuis Sion. Dès lors, la station était lancée...

voyager

La guerre de la Manche

La publication des tarifs d'Eurotunnel, la semaine dernière, a pu faire saliver le consommateur. Non pas que les prix du «Shuttle» (nom de la navette ferroviaire qui embarquera dès le 8 mai les voitures de Calais à Douvres) soient particulièrement bas, mais parce qu'avant même leur annonce certaines compagnies de ferries ont annoncé des baisses de leurs tarifs.

Cela promet un beau bras de fer au moment où les choses sérieuses auront vraiment commencé, c'est-à-dire à la fin de l'été, quand Eurotunnel aura atteint son niveau optimal de fonctionnement, avec quatre navettes par heure dans les deux sens, qui pourront chacune embarquer 180 voitures. Ce sera l'heure des premiers (mé)comptes, avec peut-être de nouvelles baisses de prix, que ce soit pour le tunnel ferroviaire ou pour les ferries.

D'ici là, une comparaison des tarifs reste très aléatoire: si le Shuttle est en moyenne plus cher que les ferries, il peut être avantageux suivant les saisons, le nombre de passagers ou l'heure d'embarquement.

Reste que, vu de Suisse, cette guerre des prix est lointaine. Pour preuve, les compagnies d'aviation ou les principaux voyagistes restent de marbre face à l'ouverture d'Eurotunnel. «Nous ne sommes pas vraiment concernés, explique Michael Wyler, porte-parole de Swissair. Au départ de la Suisse, l'avion restera le moyen de transport le plus courant pour l'Angleterre, car le trajet en voiture par Calais est long et coûteux si vous comptez l'essence, les frais d'autoroute et de traversée de la Manche.» Même son de cloche du côté de Kuoni: «Dans les vols intervilles, Londres restera certainement à la première place, prédit une responsable. Eurotunnel ne devrait pas changer grand-chose aux habitudes suisses.»

A. R.




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