ÉCONOMIE & FINANCE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

VIGILANCE ACCRUE : Les régulateurs font pression sur les prix.
Keystone

HOME > ÉCONOMIE & FINANCE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Restructurations
Après les banques, la pharma?

Par Cyril Jost - Mis en ligne le 24.11.2010 à 11:23

Les plans d’économies annoncés par Roche et Novartis témoignent d’un secteur en profonde mutation. Y a-t-il un «risque systémique» pour l’économie suisse?

Roche et Novartis fournissent à eux seuls près de 20% des exportations de la Suisse. Leur poids cumulé représente un tiers du SMI (indice qui compose les principales valeurs boursières du pays). La semaine dernière, ces deux géants de l’industrie pharmaceutique ont annoncé coup sur coup d’importants programmes d’économies.

«LA RECHERCHE EST DE PLUS EN PLUS ÉTALÉE GÉOGRAPHIQUEMENT; LA PHARMA DEVIENT UNE ACTIVITÉ GLOBALE.» Patrick Aebischer, président de l’EPFL

Roche supprimera 4800 emplois, dont 770 en Suisse, afin d’économiser quelque 2,4 milliards de francs annuels dès 2012. Novartis prévoit d’optimiser ses coûts dans l’ensemble de ses divisions, sans fournir de chiffres précis. Selon le journal dominical alémanique Sonntag, plusieurs milliers de postes seraient en jeu. Ce que Novartis s’est dépêché de démentir via une déclaration laconique.

Derrière les chiffres rassurants (progression de 11% du bénéfice opérationnel de Roche au premier semestre 2010, progression de 25% pour Novartis au troisième trimestre), se dissimulent de nombreuses incertitudes sur l’avenir des grands groupes pharmaceutiques. «Plusieurs mutations sont en cause, à commencer par la pression sur les prix», explique Maurice Wagner, directeur des affaires publiques de la société lausannoise Debiopharm.

A l’image de cette nouvelle loi votée il y a deux semaines en Allemagne et qui empêchera désormais la fixation libre des tarifs des médicaments. «Les finances publiques fragiles des pays européens et la réforme du système de santé américain ne feront qu’accentuer cette tendance», ajoute Maurice Wagner.

Autre menace: l’expiration prochaine de brevets importants, comme ceux liés au Diopan (dès 2012) et au Gleevec (dès 2015), deux blockbusters fabriqués par Novartis. Alors que les solutions miracle se font attendre, le processus de développement des médicaments n’est plus entre les seules mains des grands groupes.

«Les innovations thérapeutiques ont souvent été valorisées via des petites sociétés liées aux universités, qui ont été ensuite intégrées par le biais d’acquisitions», explique Benoît Dubuis, président de l’organisation lémanique de promotion des sciences de la vie BioAlps. Ainsi, quelque 80% des produits en développement aujourd’hui dans les grandes sociétés pharmaceutiques viennent de l’externe.

Roche et Novartis sont-ils too big to fail, pour faire l’analogie avec les banques comme UBS qui sont de facto couvertes par une garantie de sauvetage par l’Etat en cas de menace existentielle? «Parler de risque systémique est exagéré, mais les difficultés actuelles auxquelles le secteur fait face sont indéniables», estime le président de l’EPFL Patrick Aebischer.

En plus des évolutions déjà évoquées, il cite des menaces à plus long terme, comme la remise en question de l’expérimentation animale et du génie génétique, qui pourrait inciter les géants de la pharma à délocaliser. «La recherche est de plus en plus étalée géographiquement; la pharma devient une activité globale.» Un exemple récent: Novartis a annoncé la construction d’un nouveau hub de sept immeubles à Shanghai entièrement dédiés à la R&D.

Business as usual. Pour le professeur Stefan Catsicas, ancien vice-président de l’EPFL et membre du conseil scientifique de Bank am Bellevue, l’annonce de Roche n’a rien de surprenant. «Suite au récent rachat de Genentech, cette décision était prévisible. Toute fusion aboutit à une rationalisation. C’est très dur pour les personnes concernées mais c’est business as usual.»

Quant aux pertes d’emplois, la région bâloise accuse pour l’instant le coup, ainsi que Burgdorf (BE), où un site de Roche fermera ses portes prochainement. Mais des régions comme l’arc lémanique, plus axé sur le biotech et le medtech que sur la pharmacie traditionnelle, sont dans une dynamique de croissance.

«Ces régions intéressent les grandes entreprises du secteur, soucieuses de pallier le manque de productivité de leurs laboratoires de recherche par des acquisitions, précise Benoît Dubuis. L’important pour notre pays, c’est que les start-up au sein desquelles on transforme les résultats de recherche en produits innovants aient le même esprit de conquête et d’innovation que ceux qui ont jadis fondé l’industrie pharmaceutique du pays.»




Tags: Roche, Novartis, restructurations,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ÉCONOMIE & FINANCE
Les écarts salariaux ont légèrement diminué en 2011
Logo de Novartis (archives) Keystone
Les écarts salariaux se sont légèrement atténués l'an dernier dans les grandes entreprises suisses. En termes de redistribution, les membres...
ÉCONOMIE & FINANCE
BMW rejette les reproches de la COMCO et va recourir auprès du TF
BMW a été sanctionné pour avoir entravé les importations  (archives) Keystone
La Commission de la concurrence (COMCO) inflige une sanction de 156 millions de francs au constructeur automobile BMW pour entrave...
ÉCONOMIE & FINANCE
Logitech prévoit de supprimer jusqu'à 45 postes en Suisse
Logitech a débuté un processus de consultation des employés en Suisse, en préalable à la restructuration annoncée en avril. La...
ÉCONOMIE & FINANCE
Joseph Deiss radié de la Confrérie du Gruyère
Joseph Deiss, ancien conseiller fédéral, a été radié de la Confrérie du Gruyère (archives) Keystone
La position de l'ancien conseiller fédéral Joseph Deiss dans l'affaire du gruyère américain d'Emmi a choqué les quelque 1500 membres...
ÉCONOMIE & FINANCE
Exportations et importations se contractent de près de 5%
Les exportations de montres se portent bien, contrairement à d'autres secteurs (archives) Keystone
Sur fond de morosité conjoncturelle et de franc fort, le commerce extérieur de la Suisse ne cesse de décliner. Les...


ÉCONOMIE & FINANCE
 Immobilier : La nouvelle machine à blanchir
 Dession original Wasem
La Suisse est fière de sa loi sur le blanchiment d’argent. Introduite en 1997, elle a permis à la Confédération...
ÉCONOMIE & FINANCE
 François Reyl: "La Suisse reste une base idéale pour développer l’international"
 Thierry Parel
Genève compte une nouvelle banque. Bénéficiant depuis 1998 du statut de négociant en valeurs mobilières, Reyl & Cie a obtenu...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Horlogerie: Communication
LIVRE Ecrire le temps ou comment raconter la place de Montblanc dans l’horlogerie.
Facebook, Twitter, iPhone, iPad, etc: l’interactivité virtuelle a le vent en poupe dans la communication horlogère. Certes. Mais s’il est...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Pascal Lamy: «Il faut chercher des alternatives au capitalisme de marché»
 Nicolas Righetti / rezo.ch
A l’occasion d’une conférence sur l’ave nir du commerce international lundi 22 novembre à Genève, la présidente de la Confédération...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Nestlé et les femmes
PETRAEA HEYNIKE: 38 ans au service de la multinationale, dont deux à la direction générale. PATRICE BULA: Nouveau chef des unités d’affaires stratégiques, marketing, ventes et Nespresso. Nestlé
«La seule femme au milieu de douze hommes.» C’est ainsi que fut célébrée dans la presse, en mars 2009, l’arrivée...
ÉCONOMIE & FINANCE
 La Lettre ouverte de Peter Bodenmann à Alfred Schindler
Cher Alfred Schindler, On construit et on rénove toujours plus sur notre planète. Le marché des ascenseurs n’est pas en...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Décryptages: Qui paie commande
Dure leçon que celle infligée aux Irlandais. Les drastiques plans de rigueur mis en œuvre dès 2008 – avec baisse...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Contre-temps: Régime minceur
ÉPURÉ En acier avec fond ouvert et mouvement automatique, les trois versions du nouveau Silverstone Time Zone de Graham London offrent les H/M/S et un second fuseau au centre ainsi que la date à 7h.
S’il fallait ne garder qu’une tendance horlogère pour 2010, le néoclassicisme tiendrait la cote. On ne compte plus les marques...