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Par Julie Zaugg - Mis en ligne le 08.06.2011 à 14:09 |
Payer moins pour faire baisser les prix, c’est devenu le leitmotiv de Didier Burkhalter qui a décidé d’examiner à la loupe les coûts engendrés par le matériel médical non-médicamenteux. Les lunettes ont été les premières à en faire les frais: les 180 francs versés par l’assurance maladie de base tous les cinq ans aux adultes et tous les ans aux enfants ne le sont plus depuis janvier. «LORSQU’ON SUBVENTIONNE UNE PRESTATION, CELA TIRE LES PRIX À LA HAUSSE.» Jean-Marc Crevoisier, porte-parole de Didier BurkhalterPrix surfaits. Six mois plus tard, dès le 1er juillet, les appareils auditifs, pris en charge par l’AVS et l’AI, subiront le même sort. Ils ne seront plus remboursés sur facture. A la place, les malentendants recevront un forfait de 840 francs (1650 francs pour deux appareils). Cela permettra d’économiser 30 millions de francs par an. Dans les deux cas, cela a suscité un tollé. Mais les choses ne sont pas si simples. «Lorsqu’on subventionne une prestation, cela a tendance à tirer les prix vers le haut, détaille le porte-parole du conseiller fédéral, Jean-Marc Crevoisier. Ainsi, une partie des opticiens, sachant que leur client allait de toute façon toucher 180 francs de son assurance, ont fixé leurs prix de façon à intégrer ce socle et on a abouti à des montants surfaits.» Une situation qui ne profite ni au client, ni au système dans son ensemble, en poussant les coûts de la santé – et donc les primes – à la hausse. Les faits appuient ce constat: depuis janvier, les prix des lunettes, notamment pour enfant, ont massivement baissé. Des opticiens font carrément des offres à 20 francs. Quelques jours à peine après l’annonce sur les appareils auditifs, des fournisseurs, à l’image du romand AcoustiCentre, proposent déjà des remises de 300 francs. Fort de cette expérience, Didier Burkhalter a décidé de se pencher sur le reste de la Liste des moyens et appareils (Lima) remboursés par l’assurance de base. Le surveillant des prix se livre à un examen similaire. Les bandelettes utilisées par les diabétiques pour mesurer leur taux de glycémie sont un cas d’école. Ce matériel est facturé aujourd’hui par les pharmaciens au plus près du prix maximal prévu par la Lima. Une boîte de 50 pièces coûte 51 francs, alors que son prix maximum autorisé est de 52.30 francs. On trouve pourtant le même matériel en Grande-Bretagne pour 31.90 francs, en Autriche pour 36.50 francs et en Allemagne pour 43.90 francs. Santésuisse a d’ailleurs négocié une convention avec la société DynamiCARE qui lui facture les bandelettes 26.50 francs! Le potentiel d’économies est donc important, et facile à activer: une diminution de 10% du prix maximal, début 2010, a fait chuter les prix d’autant en pharmacie. Béquilles à 15 euros. Parmi les autres prix surfaits, Santésuisse cite les articles pour l’incontinence, les pansements, les appareils de respiration CPAP, les lampes pour la photothérapie et les béquilles. La faîtière des caisses maladie évalue les économies possibles à 90 millions de francs par an. Le surveillant des prix cite lui aussi les aides pour l’incontinence, ainsi que les pompes à insuline. Le cas des béquilles est éloquent: la Lima prévoit 81 francs pour ces aides à la marche, mais on en trouve pour 15 euros à l’étranger… |









