ARCHIVES
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ARCHIVES >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Aquand un vrai choix?

Mis en ligne le 09.11.2006 à 00:00

L'Hebdo; 2006-11-09

Aquand un vrai choix?

La Suisse a peut-être inventé le lait en poudre et la Swatch. En revanche, en matière de soutien aux familles, elle en est encore à l'âge de la pierre. D'accord, le 26 novembre, nous votons sur une harmonisation des allocations familiales: 200 francs par enfant au minimum; et 250 francs pour chaque rejeton en formation. C'est un pas dans la bonne direction. Indispensable. Mais le chemin reste long.

Curieusement, alors même que la politique familiale devient un thème politique chaud, un nombre croissant de jeunes femmes rêvent de se consacrer à plein temps à l'éducation de leurs enfants. Ce qui, il y a peu, aurait passé pour une dérive archaïque redevient socialement défendable. Nostalgie des valeurs traditionnelles? Simple fatigue devant la difficulté d'avoir des enfants tout en continuant à travailler? Un peu de tout ça. Reste cette réalité: le retour au foyer est truffé de pièges (lire l'enquête pilotée par Sonia Arnal en p. 22).

Parce qu'elles renoncent plus volontiers que les hommes à leur carrière, les femmes se mettent dans une position de dépendance financière qui se révèle souvent suicidaire. Plus d'un mariage sur deux se termine par un divorce, on a tendance à l'oublier. Le schéma est caricatural, on l'observe pourtant invariablement: je sacrifie ma carrière pour favoriser celle de mon conjoint. Une fois les enfants hors du nid, celui-ci me quitte pour une femme plus jeune. Et je n'ai plus que les yeux pour pleurer.

La situation est d'autant plus paradoxale que les femmes sont désormais aussi bien formées que les hommes. Elles constituent plus de la moitié de la population universitaire. Que de talents et d'argent potentiellement gâchés! Est-il bien raisonnable qu'une diplômée en médecine, par exemple, dont les études ont coûté plus d'un million de francs, n'exerce jamais son métier? Ou seulement à temps très partiel? Pourquoi ceux qui, dans l'économie, anticipent déjà une pénurie de main-d'oeuvre ne se montrent-ils pas plus créatifs quand il s'agit d'inciter les femmes à réintégrer le monde du travail? Comment mieux concilier épanouissement professionnel et bonheur privé?

La Suisse a tout intérêt à développer une vraie politique familiale. Il suffit de s'inspirer des pays les plus avancés (lire notre prochaine édition). Les recettes? Le congé de paternité, comme en Suède. La scolarisation précoce et les incitations fiscales, comme en France. Résultat: une augmentation des naissances et, plus spectaculaire encore, une nette tendance à la baisse des divorces.

Il est absurde de culpabiliser les femmes qui ne sacrifient pas leurs ambitions professionnelles à leur rôle de mère. Comme il serait vain, d'ailleurs, de stigmatiser celles qui privilégient un retour au foyer. Que diable!: chacun prend ses propres paris sur la vie. Mais au moins faut-il pouvoir opter entre plusieurs voies. Aujourd'hui, c'est cruel, ce choix n'existe pas. |

Les femmes se mettent trop souvent dans une position financière suicidaire.

Alain Jeannet Rédacteur en chef






Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.