Arcade Fire, le retour des messies rock
Avec «The Suburbs», leur troisième album, les Canadiens s’imposent comme le grand groupe d’une époque, conciliant succès public et critique. Retour sur un parcours atypique, de l’underground montréalais à la lumière des projecteurs.
N’importe quel directeur artistique vous le dira: le mois d’août n’est pas le moment idéal pour sortir un disque. Encore moins si celui-ci est très attendu. Entre les départs et les retours de vacances, les festivals gargantuesques et la canicule, difficile d’imposer sa musique. Surtout en pleine crise du disque.
Le 2 août, c’est pourtant la date qu’a choisie Arcade Fire pour publier The Suburbs, son troisième album, attendu depuis trois ans par la planète rock. Un pied de nez au music-business qui sied parfaitement au groupe canadien, aussi atypique que phénoménal. Un groupe sorti de nulle part ou presque il y a six ans, appelé aujourd’hui à reprendre le flambeau de Radiohead, et concilier succès critique et public. Le pari n’était pas gagné d’avance.
De l’underground à la lumière. Le 14 septembre 2004, quand sort Funeral, son premier album, personne ou presque n’a entendu parler d’Arcade Fire. Le groupe a bien publié un EP autoproduit un an plus tôt, mais celui-ci a échappé au radar de la critique, malgré des concerts remarqués. Le site web PitchforkMedia est le premier a réagir. Habituellement avare en lauriers – jusqu’à avoir la dent dure - il donne un 9,7 sur 10 à l’album. Et crée le buzz. Vingt-quatre heures après leur mise en vente, les premières copies de Funeral sont épuisées.
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