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Par Luc Debraine - Mis en ligne le 29.08.2012 à 16:02 |
Le hasard est habile, mais à ce pointlà, ce n’est plus du sort, mais du sortilège. Tout oppose tellement les deux Armstrong du moment qu’on a l’impression d’avoir affaire à un conte écrit pour l’édification des petits et des grands. Le destin de l’un, cycliste, file en vitesse vers le bas. Alors que le destin de l’autre, astronaute, monte encore plus haut depuis sa disparition de cette Terre, lui qui a été le premier homme à marcher ailleurs que sur elle. Les forces à l’œuvre sont si antagonistes que l’on dirait aussi un principe de physique fondamental, celui qui permet d’envoyer une fusée Saturne V vers la Lune ou de jeter une seringue dans une poubelle. Sous les yeux de l’humanité entière ou en cachette derrière une caravane pisseuse. La renommée de Neil Armstrong ne cesse de grandir avec les années, alors que celle de Lance Armstrong ne cesse de décliner. Le premier a toujours refusé de bâtir sa propre légende, ce qui lui a réussi. Le second s’est échiné à bâtir la sienne, avec des subterfuges et complicités qui ne dupent désormais plus personne, ce qui a provoqué sa chute. Mais si l’homme peut aller sur la Lune, et que donc rien ne lui est impossible, pourquoi l’une de ses activités les plus belles, les plus saines, les plus désintéressées, le sport, n’arrive pas à se débarrasser de ses tricheurs, profiteurs et corrupteurs? «Citius, altius, fortius», dit la devise, pour le coup plus aéronautique que sportive. |









