A première vue, les Vaudois font partie des chanceux: leurs primes n’augmentent «que» de 6,9%, (+4,4% pour les adultes, +11,2% pour les jeunes et +2,8% pour les enfants). Mais, comme leurs voisins genevois, ils sont assis sur un tas de réserves trop élevé, qui aurait pu servir à atténuer la hausse. «Celle-ci n’aurait dû atteindre que 2% pour les adultes et 1% pour les jeunes, juge Fabrice Ghelfi, le chef du Service des assurances sociales. Nous avons 300 millions de francs de réserves excédentaires.» En 2009, elles atteignaient 33%, alors que le minimum légal est de 10 à 20%.
«Le problème, c’est qu’on a fondé les primes sur des prévisions de coûts de la santé erronées, ajoute-t-il. Les assureurs ont estimé que les frais vaudois allaient croître de 3,5% en 2010 et de 3,8% en 2011, alors qu’ils n’ont augmenté que de 2% en moyenne par année entre 2005 et 2009. Nous pensons qu’ils se trompent. Or, ce 1,5% qu’ils nous attribuent en trop représente 110 millions de francs.»
Le canton ne s’est pas laissé faire. Il a refusé la plupart des propositions de primes, au mois d’août. «Mais l’Office fédéral de la santé publique n’en a pas tenu compte, indique Fabrice Ghelfi. Il a même réussi à augmenter certaines primes au-delà de ce que les caisses réclamaient.» Progrès, Auxilia et Vivacare ont par exemple profité de ce coup de pouce inattendu.
La Confédération leur a demandé de renchérir leurs primes de 6 à 8 francs, jugeant que celles-ci ne suffisaient pas à couvrir les coûts de la santé.
C’est que ceux-ci sont élevés. En 2009, un assuré vaudois coûtait 2929 francs à sa caisse, contre 2630 pour le Suisse moyen. Cette situation se reflète dans le montant des primes: celle d’un adulte atteint en moyenne 412 fr. 80 par mois, contre 373 fr. 80 sur le plan national. «Les coûts de la santé vaudois sont 35% plus chers que ceux de Saint-Gall, alors qu’il s’agit de deux cantons à la démographie semblable, indique Felix Schneuwly, porte-parole de Santésuisse. Le volume de prestations consommé est plus grand et celles-ci coûtent jusqu’à 18% plus cher.»
Fabrice Ghelfi ne nie pas, mais il rappelle que son canton se rapproche de la moyenne nationale: «En 2005, nous étions 22% au-dessus. Aujourd’hui, ce n’est plus que 10%.» Des efforts ont été faits pour limiter la création de lits hospitaliers; un moratoire a été décrété sur le nombre de places en EMS et l’accent a été mis sur les soins à domicile, moins coûteux.
L’autre particularité du canton de Vaud, ce sont les énormes disparités entre caisses. A Lausanne, un adulte qui choisit une prime de 300 francs paiera entre 297 et 517 francs, selon l’assureur qu’il choisit. Cela a motivé le canton à lancer une campagne pour encourager les Vaudois à changer de caisse.
Quelque 36 000 citoyens, notamment ceux touchant des subsides, recevront un dépliant leur expliquant comment procéder, avec une lettre type d’affiliation et de résiliation. Un site internet, une ligne téléphonique, des affiches dans les transports publics et des annonces dans la presse compléteront le dispositif. Une opération similaire réalisée en 2008 avait permis d’économiser 6,4 millions de francs.
Subsides : ce qu'il faut savoir
Nombre de bénéficiaires
En 2010, le canton de Vaud alloue des subsides à 155 000 personnes. Ce nombre va augmenter en 2011. Il est prévu de passer à 167 000.
Montant alloué
Vaud est le plus généreux canton romand en matière de subsides. Pour 2011, le canton va allouer 40 millions de francs supplémentaires. Ce qui fera au total 426 millions de francs. Soit le double de Genève (213 millions) et plus du quadruple de Neuchâtel (86 millions).
Conditions d’octroi
Le revenu déterminant pour le subside est constitué du revenu net. Auquel s’ajoute 5% de la fortune imposable si celle-ci excède 50 000 francs pour les personnes seules et 100 000 francs pour les familles. Pour les personnes seules, le montant déterminant est de 32 000 francs. Pour les couples, il est de 65 000 francs.
Dans la plupart des cas, les personnes susceptibles d’avoir droit à un subside pour leurs primes d’assurance sont automatiquement avisées par l’Etat. A noter que le canton est un de ceux qui dépense proportionnellement le plus pour ses frais de santé: 15,7% du revenu disponible.
Un chiffre nettement supérieur à la moyenne suisse, située à 9%, et stratosphérique par rapport à l’objectif de 6% recommandé par le Conseil fédéral.
Renseignements
Organe cantonal de contrôle de l’assurance maladie et accidents Ch. de Mornex 40, 1014 Lausanne, Tél: 021 557 47 47 http://www.vd.ch/occ
La prime moyenne de ces 6 dernières années (en Fr.)

Les primes les moins chères
Zone 1

Zone 2

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