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Au début de l’année, la menace d’une CEP fait effet. Le Conseil fédéral cède, car autant travailler avec les CdG que d’affronter une CEP dont les moyens d’enquête sont sensiblement renforcés, notamment au niveau judiciaire. «Le gouvernement a accepté de nous donner ce fameux accès à la fin de mars 2010 pour écrire un vrai rapport d’enquête», se réjouit André Daguet qui, malgré tout, regrette le fait d’avoir dû travailler dans l’urgence, en deux mois, tout juste.
Mieux, les principaux responsables de l’affaire, les hauts dirigeants d’UBS – Marcel Ospel, Peter Kurer ou encore, Marcel Rohner – cèdent aussi à la pression et témoignent devant les Commissions, réunies par souci de discrétion à l’Hôtel Bellevue ou au Kreuz. Des auditions de deux heures et demie, parfois moins.
«Marcel Ospel semblait un peu fragilisé. Ses mains ont tremblé, même s’il était préparé à débiter ses réponses», glisse un député. «Nous avons interrogé les gens d’UBS sur leurs liens avec les autorités fédérales. Nous avons aussi posé des questions sur ce qui s’était passé à l’interne de la banque, même si ce n’était pas dans notre mandat. Ici, je n’ai pas l’impression que ces banquiers étaient tenus de nous dire la vérité», confie un autre commissaire.
Durant ces semaines, les douze membres des CdG débarquent aussi au Palais fédéral pour inspecter les disques durs des autorités, mais aussi trois classeurs personnels – deux appartenant à Hans-Rudolf Merz, un autre à sa collègue Eveline Widmer-Schlumpf – ainsi que les notes de la chancelière, Corina Casanova. Des notes de séance du Conseil fédéral, rédigées a posteriori, car Pascal Couchepin, alors président de la Confédération, avait exigé dès septembre 2008 de ne pas retranscrire les discussions sur le sauvetage de la grande banque.
«Un exécutif qui ne prend pas de notes de discussions sur le dossier UBS, une Finma qui se réunit informellement avec la BNS dans les trains Inter City Berne-Zurich, tout ce climat de secret est un problème fondamental pour notre démocratie», s’emporte André Daguet. Mais c’est aussi un problème pratique pour le Conseil fédéral car, sans ces traces, comment se rappeler du contenu des discussions antérieures?
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Tags: Crise UBS, rapport parlementaire, Hans-Rudolf Merz, Marcel Ospel, Philipp Hildebrand,
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