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Dossier
L’alcool au travail: comment briser la loi du silence

Par William Türler - Mis en ligne le 12.03.2010 à 11:28

25% des accidents professionnels en Suisse sont liés à la consommation d’alcool. Un sujet sensible au sein des entreprises, qui pourtant reconnaissent le problème et commencent à réagir. Enquête.

Des gueules de bois qui tendent à se généraliser les matins de semaine. Un verre vite fait avant de reprendre le travail après une pause. Une motivation en chute libre et une qualité du travail qui se détériore... Dans la plupart des entreprises, on trouve des collaborateurs ayant ce que l’on appelle pudiquement une «consommation inappropriée d’alcool». Or, ces situations, que l’on préfère si souvent ne pas voir, peuvent aboutir à des conséquences graves, telles que l’isolement, les accidents, le licenciement ou même le suicide.

Selon la dernière étude de l’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA), publiée en décembre dernier, entre 15 et 25% des accidents au travail sont dus à l’absorption de produits alcoolisés et près de 5% des actifs peuvent être considérés comme dépendants de la boisson. Des chiffres inquiétants – confirmés au niveau international par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – qui démontrent l’étendue d’un problème encore largement tabou en milieu professionnel. Selon l’ISPA, à peine un tiers des sociétés ont abordé cette question à l’interne au cours des deux dernières années et seules 30% possèdent des réglementations spécifiques lorsqu’un cas est avéré. Consciente qu’il existe un déficit d’information et de prise de conscience, l’ISPA a ouvert un site internet (www.alcoolautravail.ch) spécifiquement dédié à cette problématique.

Et la démarche commence à porter ses fruits: certaines entreprises parlent désormais ouvertement des problèmes de dépendances. La permanence des Alcooliques anonymes à Genève reçoit ainsi toujours plus d’appels en provenance directe des employeurs. Spécialiste en addictions aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Barbara Broers constate pour sa part une hausse des consultations d’employés envoyés directement par leur entreprise: «Un nombre croissant de sociétés établissent un contrat avec ces collaborateurs et leur proposent de suivre un traitement afin de conserver leur travail.» Par ailleurs, selon la spécialiste, près de 20% de la population aurait une «consommation excessive» d’alcool. A l’attention de leurs propres employés, les HUG ont mis en place un programme de soutien, avec une probabilité «deux à trois fois supérieure» que ceux-ci restent abstinents après deux ans.

Marqué dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture ou de la manutention, le risque de consommer de l’alcool durant les heures de travail augmente aussi au sein des professions ayant un rapport direct avec le public, telles que la vente, la restauration ou la sécurité. Le récent suicide du chef de la police grisonne Markus Reinhardt, dont les problèmes d’alcool étaient connus de sa hiérarchie, en offre d’ailleurs une triste illustration. Quant aux médias, ils ne sont guère épargnés: «Des mesures de soutien et d’accompagnement sont proposées aux collaborateurs dont la consommation d’alcool conduit à des dysfonctionnements et une incapacité d’assumer leurs activités professionnelles, en particulier à travers un contrat tripartite entre l’employeur, le collaborateur et une fondation spécialisée dans le traitement des dépendances, souligne Pierre-François Chatton, directeur des ressources humaines à la Radio Télévision Suisse. Par ailleurs, des mesures concrètes ont été prises au sein de l’entreprise où, depuis plusieurs années, la vente d’alcool à la cafétéria est limitée aux heures de repas et celle des alcools forts est interdite.»



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Tags: Alcoolisme, travail, entreprise,

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Réaction de slimnature
le 11.03.2010 à 10:04
Article intéressant qui passe à côté de l'essentiel; les vraie...
 



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