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Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 10.10.2012 à 12:30 |
C’est quasiment la seule plateforme d’échanges entre la Suisse et l’Europe en Suisse alémanique. Le Forum de Lucerne, dont la 23e édition se déroulera les 5 et 6 novembre, connaît un succès grandissant, même s’il reste ignoré des Romands. La soirée ouverte au grand public fait toujours salle comble en attirant à chaque fois plus de 1000 personnes dans ce palais de la culture et des congrès qu’est le KKL de Jean Nouvel. Ce succès, les organisateurs le doivent à leur flair pour aborder un thème brûlant sur lequel s’expriment des invités de haut niveau, cela depuis la création de la manifestation en 1996. A cette époque, la Suisse accuse encore le choc du rejet par le peuple de l’adhésion à l’Espace économique européen (EEE), verdict que le Conseil fédéral tente laborieusement de dépasser en entamant ce qui deviendra la voie bilatérale. «Nous avons alors pressenti que le thème de l’Europe allait gagner en importance en Suisse», raconte le directeur du forum Christof Wicki. La première édition est déjà une réussite. Les organisateurs ont rassemblé cinq ministres des Affaires étrangères, tous des pays de l’AELE, pour parler de leur relation avec Bruxelles. Mais un an plus tard, ils sont victimes de leur volonté de coller à l’actualité. Aux heures les plus chaudes des négociations d’un accord sur les transports avec l’UE, ils ont convié plusieurs ministres des Transports, ainsi que le commissaire européen de l’époque, le Britannique Neil Kinnock. Or, à la suite d’un blocage au niveau diplomatique, tout ce beau monde annule sa participation au dernier moment et la soirée publique doit être biffée du programme. Contexte dépassionné. «Notre but est de faire dialoguer les acteurs des mondes politique, économique et scientifique, cela dans un but rationnel, en dehors de toute polémique», souligne Christof Wicki. Dans ce contexte dépassionné, le rendez-vous de Lucerne est très apprécié des décideurs. «La force du forum est de réunir des invités de haut niveau sur des thèmes très actuels, chacun se nourrissant de la réflexion des autres», relève Jan Atteslander, responsable des relations internationales de l’association Economiesuisse. Lors de chaque édition ou presque, un conseiller fédéral est au rendez-vous, de même qu’un ministre étranger ou un commissaire européen.
«LE MÉRITE DU FORUM EST DE RAPPELER QUE L’UE RESTE LE PARTENAIRE LE PLUS IMPORTANT DE LA SUISSE.»Michael Fust, du Nomes
«Le mérite du forum est de rappeler que l’UE reste de loin le partenaire le plus important de la Suisse, non seulement sur le plan économique, mais aussi à l’échelon scientifique et culturel», note pour sa part le secrétaire du Nouveau mouvement européen suisse Michael Fust. Les chiffres sont éloquents: la Suisse y écoule 58% de ses exportations (118 milliards en 2011) et y puise 78% de ses importations (143 milliards en 2011). «Dès lors, même si nous ne sommes pas membres de l’UE, tout ce qui s’y passe a une influence directe sur notre pays», ajoute-t-il. Basculements globaux. Porté par une association à but non lucratif, tournant sur un budget annuel d’environ 500 000 francs, le Forum de Lucerne, dont L’Hebdo est partenaire, consacrera son prochain symposium aux basculements globaux du pouvoir sur les plans économique et politique et leurs conséquences sur l’Europe et la Suisse. Ses deux orateurs les plus attendus sont la conseillère fédérale Doris Leuthard et l’ancien ministre polonais des Affaires étrangères Adam Daniel Rotfeld. Mais d’éminents experts analyseront aussi le futur rôle que deux grands voisins de l’UE, la Russie et la Turquie, sont appelés à y jouer. Programme complet sous www.europa-forumluzern.ch |









