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Austra - Feel It Break

Par Christophe Schenk - Mis en ligne le 25.07.2011 à 08:00


Nouveaux romantiques Empruntant autant à la synth-pop de Kate Bush qu'à l'electro-goth de Fever Ray, Austra trace les contours d'un dancefloor brumeux.

Austra - Lose It

Il y a des labels qu'on chérit. Et d'autres qu'on aime bien seulement. Et qui nous prennent de vitesse parfois. Domino est de ceux-ci. Berceau de quelques musiciens adorés (Bonnie 'Prince' Billy pour l'Europe, Robert Wyatt depuis quelques années, Animal Collective également), terreau de quelques anciens héros (Third Eye Foundation, Hood), refuge de quelques artistes maudits (Clinic, James Yorkston) et base de quelques gros calibres (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys), le label anglais s'est un peu trop diversifié ces dernières années, entre rééditions en vrac (The Feelies, Pavement, Young Marble Giants, Queens Of The Stone Age) et sorties en pagaille (About Group, Blood Orange, Junior Boys). Difficile d'y voir une ligne claire pour le coup...

Cette longue introduction pour vous expliquer comment le premier album d'Austra est resté plusieurs semaines à prendre le poussière sur mon bureau, avant que je ne l'écoute enfin, un peu par hasard. Avant d'y revenir plusieurs fois, un peu séduit.

Emmenée par la chanteuse Katie Stelmanis, le groupe canadien y réussit un joli numéro d'équilibriste electro-pop, avançant sur un fil tendu au-dessus du bassin electro-goth de Fever Ray et de la cuve synth-pop de Kate Bush. Le tout sans jamais y tomber vraiment. Meilleur exemple de ce funambulisme, Lose It varie les ambiances avec aisance, du noir initial aux couleurs plus aigües des vocalises finales de Stelmanis, le tout sur une mélodie aux arrangements minimalistes.

Traçant les contours d'un dancefloor brumeux, cette formule convainc sur les meilleurs morceaux de Feel It Break, de l'introductif Darken Her Horse, petite merveille façon The Knife, à The Future et son étrange mariage entre sonorités indus et baroques, en passant par l'obsédant Beat And The Pulse et ses synthés façon Depeche Mode. Et même si cette tendance à lorgner vers le côté "dark" de la pop n'est pas forcément originale en ces temps de revival gothique - on pense à Esben And The Witch ou Bat For Lashes - le résultat est plus qu'agréable.

On regrettera juste un certain ventre mou en milieu d'album, le groupe peinant à se renouveler, dans ses sonorités comme dans ses structures, jusqu'à atteindre les limites de sa formule sur des titres comme The Choke ou Hate Crime, où seule semble surnager une nostalgie facile pour les toiles d'arraignée eighties. Reste que la fin ouvre de nouveaux horizons grâce à un piano libéré, joueur sur Shoot The Water, princier sur le très lyrique The Beast. De quoi convaincre de garder un oeil sur Austra ou, dans l'immédiat, de remettre Feel It Break sur sa platine... en laissant d'autres nouveautés Domino prendre la poussière quelques semaines encore.

Austra
Feel It Break
Domino/Musikvertrieb

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