GRACE ET DISGRACE
Aux cocus du 12 mars
Joyeux privilège: le 11 mars, les Suisses voteront pour s’octroyer six semaines de vacances. L’affaire devrait être pliée d’avance. En décembre, un sondage Demoscope indiquait que 76% des gens veulent plus que les quatre semaines inscrites dans le Code des obligations, et même que 57% sont d’accord avec le texte de l’initiative. Pourtant, il est à craindre que le 12 mars, nous nous retrouvions tous cocus et sans le moindre jour supplémentaire de dolce vita.
En comparaison internationale, les Suisses bossent plus d’heures par semaine et jouissent de moins de jours de congé, il ne serait donc pas extravagant d’offrir à tous un «bonus».
On va nous objecter que ce cadeau risque de coûter cher aux entreprises, et qu’il risque carrément de couler l’économie. Ce sera très exagéré. D’abord, nombre d’entreprises et d’administrations donnent déjà cinq semaines à leurs employés, et elles ne sont pas au bord de la faillite. Ensuite, on invoquera les conventions collectives: elles seules peuvent assurer ce réglage fin des avantages. Sauf que les générosités des CCT ne couvrent que 40% des actifs et que ceux qui n’œuvrent pas sous leur bienveillant parapluie contractuel sont justement ceux qui auraient le plus besoin de congés abondants. Enfin, il faut rappeler que les initiants ont été sages: l’augmentation sera progressive, ce n’est qu’en 2018 que les six semaines de farniente seront effectives. La crise sera derrière nous.
UN SYMBOLE FORT POUR PRENDRE CONGÉ DES ANNÉES BLING-BLING.
En prônant l’égalité de traitement en matière de vacances, gravée dans la Constitution, l’initiative poursuit un noble objectif: faire partager les fruits de la croissance. Ces quinze dernières années, la courbe de la productivité s’est envolée (+21,5%) sans que celle des salaires suive (+4,3%).
En matière de progrès social, les Suisses sont sevrés de trop longue date. Quels messages les milieux patronaux ont-ils assénés? Pas de salaire minimum, mais pas de plafond non plus pour dompter les rémunérations stratosphériques et choquantes de quelques grands dirigeants. De moins en moins de salaires automatiquement indexés sur l’inflation, et peu de hausses de salaires significatives. Pas de congé paternité. De moins en moins de rentes AI pour les cassés du système, mais bientôt la retraite à 67 ans, (sur ce point d’ailleurs, on pourrait plaider que plus de vacances sont le meilleur moyen de nous aider à parvenir à cet objectif...).
L’initiative «Six semaines de vacances pour tous» est donc extraordinairement légitime, un symbole fort pour prendre congé des années bling-bling et refonder le sens du bien commun.
Tags: 6 semaines, vacances, Suisse, vote 11 mars 2012,
|
|
|
 |
|
|
| Réaction de Pollux le 20.02.2012 à 12:53 | | Les patrons montrent leur vrai visage avec cette votation pour... Les patrons montrent leur vrai visage avec cette votation pour les 6 semaines de vacances. Ils rèvent que les employés de Suisse soient ce peuple de Shaddoks et qu'ils bossent jour et nuit, comme eux, sans penser, seulement pour la fierté et la patrie. Et nous, pauvres choses interchangeables, ce n'est pas grave si nous tombons malades de fatigue, si nous tombons à l'AI,et partons en piètre état en retraite avant l'heure. Du moment que l'économie Suisse est l'une des plus florissante du monde, de quoi se plaint-on? | |
|
| Réaction de Maguy le 20.02.2012 à 12:40 | Tu pourrais développer sur le fait que la moyenne de... Tu pourrais développer sur le fait que la moyenne de vacances en Suisse est de 4,8 jours/année et donc en 2013 il faudrait rattraper 0,2 jours pour arriver à 5 jours, puis 1 jour seulement sera donné en plus pendant les 5 années suivantes. Ce n’est que progressivement que les 6 semaines seront accordés.
C’est donc un mensonge que de laisser croire que cela est impossible financièrement.
On peut aussi s’étonner que les patrons disent qu'on coûtera plus cher puisque nos salaires sont fixes et qu’ils ne changeront pas qu'on ait 4, 5 ou 6 semaines de vacances. Je ne suis même pas remplacé pendant mes vacances et où je travaille c'est fermé un mois en été, à Pâques et entre Noël et Nouvel-An.
Accorder 6 semaines demande simplement un peu d’organisation aux employeurs pour l’étalement des vacances. Il y a desmoments creux dans toutes les professions
| | |
|
| Réaction de MgB le 20.02.2012 à 12:25 | | Il y a de plus en plus de personnes, mariées... Il y a de plus en plus de personnes, mariées ou célibataires, qui travaillent les samedis dimanches, tard le soir, voire de nuit : professionnels de la santé, de l’hôtellerie-restauration, de la sécurité, de la vente, des métiers de bouche, chauffeurs (marchandises, CFF, trams ou bus) etc.
Difficile alors pour les couples de se retrouver ou d’organiser les horaires pour prendre en charge les enfants et passer du temps ensemble. Sans parler des familles monoparentales. La vie privée passe trop souvent après le travail.
Plus de vacances est une juste réponse pour redonner aux familles leur rôle premier et au travail sa juste fonction celle de gagner notre vie et non l'inverse de vivre pour travailler.
| |
|
| Réaction de slimnature le 03.02.2012 à 20:19 | Maintenant nous savons pourquoi les suisses sont riches.
slim Maintenant nous savons pourquoi les suisses sont riches. slim | | |
|
| Réaction de moor le 03.02.2012 à 17:04 | | Tout ce que dit cet article est tissé de bon... Tout ce que dit cet article est tissé de bon sens.
Mais les Suisses ont élu en octobre dernier un parlement résolument à droite. Celui-ci, responsable des conditions d'application concrète des 6 semaines de vacances, sera capable de faire en sorte que ce soient les employés qui en assument le coup, certainement pas paritairement avec les patrons.
Les gagne-petit qui préfèrent donner leurs suffrages aux milliardaires zurichois de l'UDC et leurs affidés doivent devenir un peu cohérent. Si on vote à droite - a fortiori à l'extrême-droite - il faut accepter de se contenter de 4 semaines de vacances.
J'ai plus que 6 semaines. Je serai solidaire quand mes concitoyens le deviendront. | |
|
| Réaction de Plusjuste le 03.02.2012 à 15:25 | C'est si vrai! On fera de nouveau peur au gens... C'est si vrai! On fera de nouveau peur au gens avec l'argument éculé, usé jusqu'à la corde et faux (surtout) du risque pour l'emploi. Quand on voit que ce sont les entreprises les plus soumises à la concurrence internationale qui sont les plus généreuses en vacances, on ne doit pas se laisser tromper. Refuser l'initiative ne fera qu'enrichir encore plus les actionnaires au lieu de soulager ceux et celles qui gonflent leur portefeuille. Osons dire oui le 11 mars, pour notre santé et nos familles! | | |
|



ACTUALITÉ | Trois personnes ont probablement perdu la vie jeudi dans l'accident d'un hélicoptère civil dans l'Oberland bernois, a annoncé le Ministère... | |
|


ACTUALITÉ | C’est la sinistrose en pays neuchâtelois. En ce vendredi 27 janvier, L’Express plonge ses lecteurs dans la déprime. «Xamax en... | |
|
ACTUALITÉ | Elle a marqué le XXe siècle. La place Vendôme l’avait inspirée pour créer l’octogonal bouchon de son mythique N°5; une... | |
|
ACTUALITÉ | «Ça me touche qu’à la Paradeplatz ou ailleurs, on parle de Veysonnaz ainsi. C’est mon village, j’y connais tout le... | |
|
ACTUALITÉ | Infiltration, boîte aux lettres morte, «fadettes» (relevés d’appels obtenus illégalement): le vocabulaire de l’affaire d’espionnage chez Areva est digne de... | |
|
ACTUALITÉ | Une tempête au sein d’un ouragan. La faillite de Petroplus, mise à genoux par ses créanciers, s’ancre dans une crise... | |
|
ACTUALITÉ | La fascination des Français pour la fonction présidentielle n’en finit pas d’étonner. Un chef d’Etat qui s’installe sur neuf chaînes... | |
|
ACTUALITÉ | Monsieur le Président,
Citoyen de Wängi, commune thurgovienne dont personne n’a jamais entendu parler, vous présidez dans une muette discrétion tant... | |
|
ACTUALITÉ | Naguère patron tout-puissant d’UBS, Marcel Ospel était le plus vantard des banquiers suisses: il a transformé la grande banque suisse... | |
|
ACTUALITÉ | Vous savez, ce genre de cliché ancien: la première impression est toujours la bonne. Nous vivons en un monde raisonnable... | |
|
ACTUALITÉ | Si au moins elle était moche, Ségolène, cela justifierait cyniquement qu’elle ait disparu du clip promotionnel que le Parti socialiste... | |
|
|
|
|
 |
|
|