POLITIQUE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > POLITIQUE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

La lettre ouverte de Peter Bodenmann
Aux électeurs fatigués

Par Peter Bodenmann - Mis en ligne le 19.10.2011 à 14:12

 

Chers électeurs fatigués, chers abstentionnistes,

Quand ces lignes paraîtront, la plupart des Suisses soucieux de voter l’auront déjà fait. Plus de 55% des ayants droit au vote sans doute ne le feront pas d’ici à dimanche midi. A ceux-là il faut ajouter les 22% d’étrangers qui vivent en Suisse mais n’ont pas le droit de vote. La plupart des gens qui paient des impôts ne votent pas. Volontairement ou non.

Pour l’instant, la haine exacerbée de ce qui vient d’ailleurs, des étrangers remplace volontairement la mutation depuis longtemps attendue du capitalisme.

Il y a huit ans, il y a quatre ans, l’émotion était forte. Cette fois, la campagne électorale fut ennuyeuse. Ce qui a suscité l’intérêt, ce fut de savoir si le Valaisan Christian Constantin s’imposerait face au Valaisan Sepp Blatter et à son émule Platini.

Ou vice-versa. Pour les uns, le football est le plus beau passe-temps du monde, pour les autres c’est une drogue parmi d’autres.

Et dire que nous vivons une des phases les plus passionnantes de l’évolution du capitalisme! Pour le vieux banquier allemand Ludwig Poullain, c’est clair: 20% des établissements bancaires sont encore au service de l’économie réelle, les 80% restants lui nuisent.

L’univers de l’argent synthétique entrave et détruit la production et la consommation de biens et de services. De l’avis du banquier, tôt ou tard le système explosera.

L’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, 91 ans, qualifie les banquiers d’affaires d’«idiots certes intelligents mais borgnes». La WirtschaftsWoche, l’hebdomadaire dominant du capitalisme allemand, exige dès maintenant la nationalisation complète des banques endettées «too big to fail».

On se frotte les yeux. Le capitalisme risque de succomber à ses propres contradictions. Comme l’avait un jour analysé non sans pertinence un certain Karl Marx un peu tombé dans l’oubli.

Dans la campagne électorale, ces questions sont évoquées au mieux de façon marginale. Tout semble relativement calme. Nul ne sait ce que cela signifie car tout le monde sait que, ces prochaines années, l’ambiance sera plus agitée que ce que nous pouvons et voulons imaginer.

- Assistera-t-on, après les élections, à une grande vague de licenciements parce que beaucoup d’entreprises manifestent encore quelques égards pour leurs politiciens bourgeois?

- Combien de banques devront-elles être sauvées encore une fois par le contribuable dans la seule Europe?

- Combien de temps la Grèce, les salariés, retraités et chômeurs grecs seront-ils brutalement étranglés par la troïka du capital?

- Quand admettra-t-on que les gros revenus, les grosses fortunes ne doivent pas continuer à croître mais au contraire assumer les coûts des crises qu’ils ont engendrées?

- Combien de temps faut-il encore pour que la mutation écologique se réalise enfin, pour que le capitalisme fossile soit remplacé par le capitalisme solaire?

- Quand le travail rémunéré et le travail à domicile disponibles seront-ils répartis plus ou moins également sur tous ceux qui veulent et peuvent travailler?

Pour l’instant, la haine exacerbée de ce qui vient d’ailleurs, des étrangers remplace volontairement la mutation depuis longtemps attendue du capitalisme. Que nous le voulions ou non, nous autres électeurs et non-électeurs en sommes hélas responsables.




Tags: lettre ouverte, Peter Bodenmann, élections fédérales 2011,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


POLITIQUE
Résidences secondaires: la situation acquise doit rester garantie
Des résidences secondaires à Grimentz (archives) Keystone
Le groupe de travail sur les résidences secondaires s'est mis d'accord jeudi sur un projet d'ordonnance visant à clarifier les...
POLITIQUE
Breivik ne fera pas appel s'il est reconnu responsable
Anders Behring Breivik à son procès Keystone
Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes, a affirmé jeudi qu'il ne ferait pas appel s'il était...
POLITIQUE
Libre circulation: la Suisse condamnée pour la clause de sauvegarde
Des gardes-frontières suisses (archives) Keystone
Le Parlement européen a adopté une résolution condamnant la décision suisse de limiter l'arrivée de citoyens de huit pays européens....
POLITIQUE
La "guerre des chefs" bat déjà son plein à l'UMP
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP,  se bat pour la présidence du parti (archives) Keystone
La "guerre des chefs" a bel et bien commencé à l'UMP: François Fillon a confirmé jeudi ses ambitions pour la...
POLITIQUE
Travail.Suisse: le congé paternité fait lentement son chemin
Les parents bénéficient toujours plus de congés lors de la naissance d'un enfant (archives) Keystone
Même si le congé paternité a peu progressé depuis l'an dernier, l'enquête annuelle de Travail.Suisse montre que les employeurs publics...


POLITIQUE
 La chronique de Jean-François Kahn: Hollande: le nouveau paradoxe français
A l’occasion d’une primaire à l’américaine – une première dans l’histoire française – le peuple de gauche s’est exprimé. Assez...
POLITIQUE
 Elections: Peu de réponses face à la finance
Royaume des banques, la Suisse est frappée de plein fouet par la crise économico-financière. En cette veille d’élections, alors que...
POLITIQUE
 Elections fédérales: Sécurité intérieure
EMEUTES Les commandants des pplices l'avouent: en cas d'émeutes, comme celles qui ont ébranlé Londres cet été, ils seraient très rapidement dépourvus. Ils manquent d'hommes et de moyens. Ennio Leanza / Keystone
A l’autre bout de la table de ce bistrot genevois, Paul (prénom d’emprunt) parle d’une voix monocorde. Presque lasse. Après...
POLITIQUE
 La chronique de Jacques Pilet: Le message des indignés
Mais que veulent-ils donc, ces campeurs citadins? Les journalistes comme les politiques ne savent pas trop comment empoigner cette soudaine...
POLITIQUE
 Grâce et disgrâce: L’obsession des BRIC
Pendant qu’à Berne on spécule sur ses chances de réélection, Johann Schneider-Ammann s’est offert une virée en Amérique latine. L’ESSENTIEL DE...