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La lettre ouverte de Peter Bodenmann
Aux hommes de l’UDC

Par Peter Bodenmann - Mis en ligne le 02.12.2011 à 09:46

Chers hommes de l’UDC,

Cet automne, vous vouliez conquérir le Conseil des Etats. Vous avez donc lancé une razzia sur le Sénat. Avec des hommes seulement, pas de femmes. Comme en 2007, avant la non-réélection de Christoph Blocher, vous étiez sûrs de la victoire, trop sûrs. Les résultats en un coup d’oeil: A Bâle-Campagne, Caspar Baader s’est misérablement planté au Conseil des Etats et, au Conseil national, il fait moins de voix que Susanne Leutenegger Oberholzer. A Berne, le conseiller aux Etats sortant Adrian Amstutz a clairement échoué. Au lieu de ça, c’est Hans Stöckli qui accède au «Stöckli».

En Argovie, votre parti conduit par le camionneur Ulrich Giezendanner a fini dans le fossé. La libérale-radicale Christine Egerszegi-Obrist a rallié 30 000 suffrages de plus que votre champion.

A Zurich, Christoph Blocher a voulu se tester. C’est pourquoi il s’est lancé dans un second tour. Et n’a atteint qu’une bonne moitié des suffrages des deux sortants qui, franchement, n’impressionnent personne.

Et dans le réactionnaire canton de Saint-Gall, Paul Rechsteiner a liquidé votre président de parti. Toni Brunner a perdu malgré la présence du candidat PDC, donc malgré une situation de départ idéale.

Les défaites font fichtrement mal. Reste à voir si on en tire des leçons. Pour l’instant, cela paraît douteux.

Ils sont nombreux à l’UDC à vouloir devenir plus raisonnables, plus consensuels. Si L’UDC entreprend de se rapprocher du centre, si elle devient un grand PBD, elle continuera à perdre des voix. Alors d’autres partis dissidents jailliront, comme champignons après la pluie, à la droite de l’éventail politique. Par ailleurs, votre parti, avec ses fantasmes d’omnipotence, va de nouveau se ramasser à la prochaine élection du Conseil fédéral. Tout simplement parce qu’après votre razzia ratée sur le Conseil des Etats, les autres partis vont maintenant régler avec vous les comptes restés ouverts. Avec bonheur.

En Suisse, pour les partis qui font de l’opposition, les élections au système majoritaire sont sacrément ardues. En règle générale, elles contraignent les partis de gauche comme de droite, les politiciens de gauche comme de droite, à s’adapter. Paul Rechsteiner est l’exception qui confirme la règle, parce que beaucoup d’électrices et d’électeurs ne voulaient pour rien au monde voir Toni Brunner au Conseil des Etats.

 

Pourquoi n’êtes-vous pas plus intelligents en termes de politique de pouvoir? Avez-vous, avec vos succès, oublié la règle de trois?
Peter Bodenmann

 

Ces douze dernières années, votre UDC a remporté toutes les élections. Jusqu’ici, votre parti n’a pas appris à vivre avec la défaite, à apprendre de la défaite.

Le comble de la sottise est l’initiative populaire de l’UDC pour l’élection du Conseil fédéral par le peuple. C’est vous, précisément, qui réclamez qu’à l’avenir le Conseil fédéral soit élu selon les mêmes règles que le Conseil des Etats, selon des règles qui vous ont valu un atterrissage sur le ventre.

Pourquoi au monde n’avez-vous pas demandé une élection du Conseil fédéral à la proportionnelle, alors que cela vous aurait assuré deux sièges?

Pourquoi n’exigez-vous pas une élection par le peuple selon le même système proportionnel en vigueur pour les conseillers d’Etat au Tessin et à Zoug? De manière qu’enfin vous figuriez au Conseil fédéral avec deux représentants authentiques? Pourquoi n’avez-vous pas compris qu’une élection par le peuple n’a ses chances que si le PS et les Verts peuvent eux aussi espérer des temps meilleurs? Pourquoi au monde n’êtesvous pas plus intelligents en termes de politique de pouvoir? Avez-vous, avec vos succès, oublié la règle de trois?

Une dernière question: allez-vous retirer votre initiative pour l’élection du Conseil fédéral par le peuple et en formuler une nouvelle avec Pierre-Yves Maillard? Ou souffrezvous de chiraptophobie, d’une peur insurmontable d’être touchés?

Vous n’êtes probablement pas guérissables. Car vous ne voulez et ne pouvez pas tirer l’enseignement de vos défaites. C’est pourquoi l’UDC – comme avant elle le PS – deviendra de plus en plus sage.

Bien du plaisir lors de votre voyage vers le centre!





Tags: Peter Bodenmann, UDC, Christoph Blocher,

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Réaction de leinad
le 15.03.2012 à 00:34
A monsieur bodenmann c' est un constat réél, à pousser plus...
 



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