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Par Peter Bodenmann - Mis en ligne le 13.06.2012 à 12:08 |
Chers radicaux à huit francs, La Grèce ne peut pas rembourser ses dettes, ses créanciers doivent les effacer d’une manière ou d’une autre. Un jour ou plus tard. En euros ou en drachmes. Les Etats ont racheté aux banques les dettes de la Grèce. Et ainsi sauvé non la population du pays mais les banques: les bonus pour les banquiers, les dettes pour le peuple. La paix dans les palais, la guerre dans les appartements locatifs. Actuellement, Angela Merkel et Cie étranglent les Grecs. Avec leur politique d’économies, ils entraînent le sud de l’Europe dans une crise profonde et durable. La Grèce n’a pas que des dettes. Elle assume aussi, malheureusement, presque un million de réfugiés. Or, dans les faits, l’Europe a besoin d’immigrants car, sans eux, comme en Allemagne, la population diminuerait terriblement. Pour l’instant, chaque pays de l’espace Schengen gère ses réfugiés. Voilà pourquoi la plupart d’entre eux, qui ont débarqué en Grèce, ne peuvent pas aller plus loin. En fait, on devrait les répartir équitablement au sein de toute l’Union européenne comme l’exige le Commissariat aux réfugiés de l’ONU. Quand on la compare à la Grèce, aussi sur le plan des réfugiés, la Suisse fait face à de petits problèmes. Ils sont à moitié moins nombreux que dans les années 1990. Cinq fois moins par tête d’habitant qu’en Grèce. Au cours de ces années 1990, la droite attisait la haine des gens issus des Balkans. Un jour, bientôt, les Kosovars seront par exemple aussi intégrés que les secondos d’Italie. Un peu de sang neuf né de l’immigration contribue régulièrement à l’enrichissement de la Suisse. Sur cent réfugiés, soixante restent officiellement en Suisse, vingt plongent dans le monde du travail au noir et dans l’illégalité. Seul un réfugié sur cinq retourne dans son pays sous la contrainte. Pas grand-chose n’a changé en la matière ces vingt-cinq dernières années malgré mille et un durcissements de la loi sur l’asile. Philipp Müller, nouveau président des libéraux-radicaux, est plâtrier de formation. Dans ses jeunes années, il a organisé – si nous voulons bien le croire – une petite grève en Suisse romande. Aux Etats-Unis, il a pris part à des démonstrations contre la guerre du Viêtnam. Et il est entré à 23 ans dans l’entreprise criblée de dettes de son père et l’a remise sur pied. Cet infatigable autodidacte a toujours adoré les voitures rapides. Comparé à Fulvio Pelli, Philipp Müller amène un peu d’air frais. Son problème: par rapport aux étrangers et aux réfugiés, il est structurellement un xénophobe. Il doit son ascension politique à son initiative qui voulait limiter à 18% la proportion d’étrangers en Suisse. Maintenant, Philipp Müller exige qu’à l’avenir les réfugiés ne reçoivent plus d’aide sociale, mais seulement une aide urgente. Cela signifie qu’ils devraient se débrouiller avec huit francs par jour après avoir mal dormi dans un abri de la protection civile. Cela prétendument pour dissuader tous les requérants d’asile. Au lieu de cela, seule l’irritante petite criminalité augmentera. Etonnamment – mais peut-être pas – en Suisse personne ne proteste plus haut et fort contre de telles propositions. Cela depuis que Simonetta Sommaruga a rendu la xénophobie rampante acceptable, même par la gauche. Et, logiquement, ne heurte pas de front Philipp Müller. Où se cachent les radicaux romands? Sur quel alpage se balade Pascal Couchepin qui a soutenu l’élection de Philipp Müller? Que fait François Couchepin qui a fort justement combattu la xénophobie exacerbée par Christoph Blocher? Où se dissimulent Gilles Petitpierre et René Rhinow? Qu’arrivet- il aux jeunes radicaux? Manifestement, notre Müller à huit francs a même transformé sans résistance le radical romand en radical à huit francs. La crise du capitalisme détruit toute sagesse et toute décence. Elle rend les cœurs froids. Espérons que la Grèce ou le Portugal remportera l’Euro. Et que, en Grèce, Syriza gagnera les élections. Pour que le Sud puisse faire la fête et que l’Europe modifie sa politique économique et des réfugiés. Salutations un peu irritées. PETER BODENMANN |









