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Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 13.06.2012 à 11:31 |
C’est un signal très fort qu’ont adressé, ce lundi 11 juin, l’arc lémanique et le monde suisse de la recherche en direction de Bruxelles. Dans la course à la validation de deux projets qui seront désignés comme navires amiraux (flagships) par l’Union européenne en matière de recherche, les hautes écoles et les deux cantons de Genève et Vaud sont plus que jamais prêts à relever le défi. Ils ont dégainé leur atout phare: Neuropolis, un futur pôle destiné aux neurosciences, dans lequel ils investiront quelque 110 millions de francs. Une base désormais très solide pour assurer la mue de Blue Brain – ce projet pionnier de simulation virtuelle du fonctionnement du cerveau – en Human Brain sous l’égide de l’UE, qui a promis une aide d’un milliard d’euros sur dix ans. Si l’EPFL décroche le pactole au début de 2013, elle collaborera avec 120 équipes de 22 pays. Mais la bonne nouvelle dans l’immédiat, c’est que même en cas d’échec, elle poursuivra le programme de recherche en lui donnant une nouvelle ampleur. Le Conseil des écoles polytechniques fédérales (EPF) a déjà approuvé un crédit de 75 millions de francs pour la période 2013-2016, quadruplant ainsi l’aide fédérale au projet, qui s’élève aujourd’hui à 5 millions par an. «Quelle que soit la décision prise à Bruxelles, nous voulons réaliser ce projet», souligne Pascal Broulis, président du Gouvernement vaudois. «Notre société vieillit. A l’avenir, nous devrons de toute façon mettre l’accent sur la recherche relative aux maladies dégénératives comme l’alzheimer ou le parkinson», ajoute-t-il. La métropole lémanique a choisi le modèle du partenariat public-privé pour pérenniser le projet lancé en 2005 par Henry Markram: deux sites seront construits (voir carte page 28) pour la somme de 110 millions. Le canton de Vaud débloquera 35 millions pour un nouveau bâtiment à Lausanne, érigé probablement sur le site de l’Unil devant l’actuel Amphimax et qu’on souhaite mettre en exploitation d’ici à 2016. La maison Rolex – dont le soutien reste secret, mais qu’on estime entre 30 et 40 millions – et la Confédération apporteront le reste. Voilà qui doit faire de l’arc lémanique une capitale européenne des neurosciences. Pour Pascal Broulis, «l’instant est magique». Une semaine après avoir fédéré l’arc lémanique sur le thème des infrastructures ferroviaires, les cantons de Genève et Vaud réitèrent leur alliance sur le thème de la recherche. Politique ou scientifique? Reste à savoir si cette offensive de charme opérera à Bruxelles, où le choix des deux flagships risque d’être plus politique que purement scientifique. La décision du Conseil fédéral d’activer la clause de sauvegarde réintroduisant des contingents pour les travailleurs européens de l’Est a péjoré les chances de projets helvétiques de recherche. Le Switzerlandbashing, soit la critique de la Suisse à tout propos, serait très tendance dans la capitale européenne. Le secrétaire d’Etat à la Recherche Mauro Dell’Ambrogio se refuse à tout commentaire sur le travail du Conseil fédéral, se contentant de déclarer: «Il est important que nous soyons tous conscients des intérêts supérieurs de la Suisse, plutôt que de considérer seulement les aspects ponctuels d’un dossier spécifique.» Et il reste optimiste: «Je ne pense pas que l’UE puisse se passer de la Suisse dans la recherche.»
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