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Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 18.11.2009 à 16:55 |
Comme nous l’a suggéré Jacques Diouf, j’ai fait une grève de la faim samedi passé. Il s’agissait, selon le directeur général de la FAO qui vient de tenir un sommet mondial à Rome, d’un «témoignage symbolique de solidarité avec le milliard de personnes qui ont faim dans le monde». Franchement, de ce jeûne, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat. M’abstenir de manger une seule journée en sachant que le lendemain, dimanche, m’attendait un petit-déjeuner au miel et aux croissants ne fut pas un acte d’héroïsme. Par ailleurs, ne plus répondre pendant vingt-quatre heures aux appels routiniers d’un estomac largement gâté, c’est excellent pour la santé et physique et mentale. Enfin, quand on jeûne, il est incongru d’en faire état urbi et orbi. Alors, pourquoi briser le silence? Parce que, j’en suis certain, je n’ai pas été tout seul à répondre à l’appel de Jacques Diouf. Convaincu, peut-être comme lui, que les bonnes paroles et les déclarations d’intention ne servent décidément à rien. Le changement, le vrai, ne peut venir que de l’intérieur. Si je n’éprouve pas, ne serait-ce qu’un moment, la sensation de faim, je serai incapable d’agir en faveur de ceux qui sont réellement affamés. De même que, si je n’éprouve pas dans ma propre chair les graves blessures infligées à la planète entière, je serai incapable de prôner un quelconque remède. La faiblesse de l’homme ancien, c’est son imperméabilité. La force de l’homme nouveau, c’est sa sensibilité. LA FORCE DE L’HOMME NOUVEAU, C’EST SA SENSIBILITÉ. |









