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Ecoutez la chanson de Baba
«Baba’s Song» donne à entendre la voix de l’Afrique à travers la musique d’un orphelin du sida.
Contacté par un réalisateur débutant, Wolfgang Panzer s’est retrouvé au Malawi à produire Mama’s Restaurant, la première série autochtone de la jeune télévision nationale. Dans ce pays, l’un des plus pauvres du monde, le cinéaste d’origine allemande a rencontré Sila Bakali, jeune prodige des percussions. L’enfant lui a inspiré Baba’s Song.
Né en 1995, Sila Bakali tient le rôle de Baba, un orphelin du sida, comme il en existe entre 800 000 et 2 millions au Malawi (12 millions d’habitants), gosses livrées à eux-mêmes, hantant la brousse et les faubourgs, survivant tant bien que mal.
Après le décès de ses parents, Baba est envoyé à l’orphelinat. Il s’enfuit quand on essaie de le vendre à deux lesbiennes alémaniques en mal de maternité. Dans un camp de réfugiés, il rencontre Joe, ancien enfant soldat, roi du système D, séropositif... Les deux enfants nouent une amitié que seule la mort pourra briser.
Silence brisé. Depuis la mort de sa mère, Baba est muet. C’est en chantant qu’il retrouve la voix – évidente métaphore de l’Afrique qui doit trouver sa voie et faire entendre sa voix. Cet enfant qui recouvre la parole renvoie au moine trappiste de Broken Silence (1996), ce film tourné pour trois francs six sous, avec lequel Panzer a connu un immense succès. Baba’s Song s’avère moins enthousiasmant. Le cinéaste reconduit habilement l’insertion de la fiction dans une réalité bien documentée. Mais alternant des scènes au naturalisme trop codifié et des intermèdes musicaux magnifiques, ce Sans famille en Afrique n’évite pas tous les pièges du téléfilm bien-pensant.
Antoine Duplan
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