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Baby blues

Mis en ligne le 18.01.2007 à 00:00

L'Hebdo; 2007-01-18

Grâce et disgrâce Baby blues

Entrée en fonctions le 1er août dernier, Doris Leuthard s'impose comme une conseillère fédérale prometteuse. Dans l'immuable paysage gouvernemental suisse, noirci par la présence de l'encombrant et méchant Christoph Blocher, on a forcément envie de la trouver sublime.

Pourtant, la démocrate-chrétienne s'est retrouvée tancée par la classe politique, ses collègues du Conseil fédéral en tête. Elle s'est imprudemment exprimée sur les forfaits fiscaux, d'une part, et engagée en faveur d'un congé paternité de cinq jours pour les employés de son département, d'autre part.

Comme d'autres ex-chouchous médiatiques, la tant adulée s'est ainsi retrouvée vilipendée. Avant de connaître une timide résurrection médiatique: les sondages sont pour elle.

Il serait temps de parler du fond de sa proposition. Doris Leuthard est devenue martyre pour avoir proposé cinq petits jours de congé paternité au lieu de deux. C'est beaucoup d'honneur pour pas grand-chose. Symboliquement, certes, c'est encourageant. Mais cinq jours, c'est à peine de quoi soigner le début du baby blues de la mère! Ce n'est en tout cas pas assez pour s'initier au partage des tâches, et l'inscrire dans le granit du quotidien.

Si l'on veut vraiment agir pour la famille, il faudrait proposer trois mois au minimum de congé paternité (qui pourrait d'ailleurs succéder aux trois petits mois du congé maternité). Là, on aurait un vrai progrès. Le Conseil fédéral, qui doit se pencher sur ce berceau d'ici à l'été, devrait se montrer plus ambitieux.

Naguère, les hommes servaient le pays sous les drapeaux et les femmes à la maison en s'occupant des enfants. Comme les cours de répétition se sont beaucoup réduits, l'économie pourra supporter sans broncher que les jeunes hommes s'absentent pour ce nouveau service patriotique. Qui consiste, au XXIe siècle, à mettre des enfants au monde et à les élever dans la joie, la bonne humeur et le partage des tâches, pour qu'ils deviennent d'épanouis citoyens, contributeurs à l'AVS. |





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