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L’essentiel en 3 points |
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• Dépenses Les Suisses anticipent la crise en modifiant leurs habitudes de consommation. Désormais, ils comparent les prix, surfent sur l’internet et achètent d’occasion. • Profils Tout le monde n’économise pas de la même manière. Etes-vous radin par nécessité, par choix, par jeu ou par civisme? Pour évaluer votre rapport à l’argent, faites le test. • Inflation Pour Aymo Brunetti, chef de la politique économique du seco, la Confédération est encore loin de la récession, même si le pouvoir d’achat est en baisse. |
Isabelle Miggliozzi est radine. Rien d’insultant car, dans ce cas, le terme est strictement exact: cette mère de famille est inscrite sur le site communautaire radin.ch. Comme plus de 8400 autres abonnés, elle le consulte régulièrement afin d’alléger ses dépenses mensuelles. Bons plans, cadeaux, coupons de réduction... Plusieurs fois par jour, les personnes inscrites partagent avec elle leurs petites astuces pour acheter moins cher. «C’est un système efficace, explique Isabelle, qui habite Yvonand (Vd). Par exemple, il m’arrive souvent de gagner de la nourriture pour chiens à certains concours. J’ai deux toutous, alors c’est toujours ça de pris.» Radin.ch, qui a fêté son premier anniversaire en juin dernier, se targue aujourd’hui de compter plus d’un million de visiteurs.
Ce joli succès est à mettre en relation avec une réalité moins rose, celle de la dégradation du climat économique. «Ces derniers mois, tout est devenu plus cher, indique Isabelle. Loyer, assurance, benzine… Du coup, on est contraint d’économiser sur la nourriture pour continuer à se payer quelques extras.»
Retour de l’inflation. L’augmentation des prix ressentie par Isabelle est-elle conforme à la réalité? «Oui, répond Nadia Thiongane, économiste à la Fédération romande des consommateurs (FRC). Le coût des biens alimentaires a progressé depuis la fin de 2007. En vérité, c’est la première fois depuis quinze ans que l’inflation est si importante. Elle est principalement due à l’augmentation des prix des matières premières. Et, d’un autre côté, le pouvoir d’achat est en baisse depuis plusieurs années à cause de la faible progression des salaires.» Résultat: le consommateur s’affole. La peur de la crise pousse les Suisses à dépenser moins, et épargner plus.
C’est ce que montre une enquête réalisée par le seco auprès de 1000 ménages, tous budgets confondus (juillet 2008). Avec des charges plus élevées et des revenus qui stagnent, de nombreux Suisses ne s’y retrouvent plus. Pour maintenir un bon niveau de vie, certains Confédérés sont obligés de sortir leur calculatrice et de se remettre à compter. «Quand l’économie va bien, les classes moyennes sont sereines et vivent sans angoisse. Mais, en période de récession, même les plus aisés retrouvent les limites de l’argent, et leur rapport à la dépense change», note Jeanne Lazarus, coauteur de l’ouvrage Sociologie de l’argent, publié en 2007 aux Editions La Découverte. Ces nouveaux radins redécouvrent la prudence, et surveillent mieux leur porte-monnaie.
Pas de honte. Un comportement dont Jacques Dutertre fait l’apologie dans son livre intitulé Vivez plus riche, vive les radins (édité chez Bonneton). «Il faut oublier les vieux clichés de l’oncle Picsou assis sur son tas d’or, affirme-t-il avec emphase. Avec les temps modernes est arrivé le radin nouveau, et celui-ci n’a aucun rapport avec le fameux Harpagon de Molière. Le radin, c’est vous, c’est moi, c’est quelqu’un de normal, plein de bon sens, qui veut juste décider par lui-même de ce qui est bien pour lui.»
Car, contrairement à l’avare qui garde tout pour lui, le radin est plutôt généreux, ouvert, et aime à partager ses idées avec d’autres. Comme Elvira, cadre au Comité international de la Croix-Rouge, à Genève, qui a créé l’Association les bons tuyaux il y a trois ans. Le principe? «Une grosse communauté, où les gens peuvent s’échanger des conseils, revendre des billets de concert, mettre des petites annonces immobilières…» Le succès est tel que la structure compte maintenant 1200 membres. Un bel exemple de joyeuse radinerie collective, où chacun trouve son compte.
Il n’y a donc plus de honte à être radin. Au contraire, faire ses comptes est même devenu un vrai phénomène de société. Marie-Claude François-Laugier est une psychologue française spécialisée dans le rapport à l’argent (L’argent dans le couple et la famille, chez Payot). «Pendant des siècles, du fait des valeurs chrétiennes et des principes de la Bible, parler d’argent était tabou. Mais, depuis les grands krachs boursiers, cela a changé. Aujourd’hui, il est de bon ton de montrer qu’on sait être gestionnaire, qu’on ne se laisse pas griser par les incitations à la consommation. Faire des économies est très valorisé. En période de récession, la peur du manque revient à grands pas et nous pousse à ne pas faire d’excès. Nous sommes comme des fourmis, nous faisons des provisions pendant l’hiver, pour éviter la disette.»
Pléthore de sites. En Suisse, pays épargné par la crise jusqu’à présent, le phénomène ne fait que commencer. Mais il existe déjà une pléthore de sites internet appâtant le radin en quête du juste prix. Des traditionnelles petites annonces aux outils de comparaison de prix, tout y est. Ricardo.ch propose des produits d’occasion vendus aux enchères, bonsplans.ch recense les soldes et autres promotions sur le marché de Suisse romande et eboutic.ch vous invite à des ventes privées. Quant au dernier en date, carburants.ch, il permet de trouver les pompes à essence les moins chères. Mais s’informer sur les soldes et autres actions prend beaucoup de temps.
Comme Isabelle, Michèle Sanglard, alias Bichon63, est accro à radin.ch. A 45 ans, cette employée d’une société de transports collectionne les astuces pour faire des économies. «Je suis folle de radin.ch. Je m’y connecte tous les jours, que ce soit au boulot ou à la maison. J’ai déjà gagné une année de croquettes pour chat, des bons Migros, des places de théâtre, de cinéma… Tous les mois, j’ai au moins un cadeau.» Et ce n’est pas tout. Le budget courses de Michèle est de 600 francs par mois, pour deux personnes. Afin de ne pas le dépasser, elle s’est organisée. «J’épluche le magazine de Migros et aussi celui de Coop.
J’achète les produits de base en grosses quantités quand ils sont en action, par exemple la lessive ou l’huile d’olive.» Quant aux charges, Michèle essaie aussi de les réduire. Grâce à un site de comparaison en ligne, elle a changé d’assurance. Un geste qui lui permet d’économiser 100 francs par mois par rapport à son contrat précédent.
Petits extras. Tout cela ne l’empêche pas d’aller régulièrement au restaurant ou de partir en vacances aux Canaries – «avec easyJet, on peut aller partout, et pas cher». Car être économe, c’est aussi se faire plaisir. A Migros, les clients qui achètent les produits M-Budget sont les mêmes que ceux qui craquent pour des articles «sélection». «Je me sers de mon argent pour faire des économies et je me sers de mes économies pour dépenser de l’argent», disait Francis Blanche. Ce proverbe, le nouveau radin l’applique à la lettre. Selon les économistes, il s’agit d’«arbitrage». Nadia Thiongane, de la FRC: «Les consommateurs d’aujourd’hui ne veulent pas renoncer à leurs loisirs et à leurs gadgets électroniques. Afin de pouvoir se le permettre, ils sont prêts à économiser sur l’alimentation.» Le cas d’Isabelle est tout à fait significatif. Car, si elle cherche à réduire ses factures au supermarché, elle n’a pas hésité, avec son mari, à s’offrir un GPS... acheté sur l’internet. Ainsi qu’un vélo électrique, d’un montant de 2000 francs. Dans ses motivations, on trouve aussi la préoccupation écologique. A l’ère du réchauffement climatique et du tout pétrole, le nouveau radin est attentif à ne pas trop gaspiller.
Les nouveaux radins sont donc surtout malins. Ils correspondent à l’image idéale de l’acteur économique prôné par la théorie classique libérale, celle de l’homo oeconomicus. Celui-ci «maximise sa satisfaction en utilisant au mieux ses ressources». Mais ce n’est pas le seul gagnant: les entreprises aussi suivent le mouvement. Dans leurs publicités, elles caressent le nouveau radin dans le sens du poil, en lui promettent les meilleurs prix. Cette stratégie marketing a débuté en Allemagne en 2003, quand la firme d’électroménager Saturn a lancé le slogan «Geiz ist geil» (comprenez: Etre radin, c’est cool). Côté helvète, Coop utilise le terme «économes», tandis que les publicités pour la chaîne Mediamarkt mettent en avant la devise «Je ne suis pas fou».
Une manière hypocrite de s’adresser au client, pense la sociologue Jeanne Lazarus. «En utilisant ces mots, les marques font oublier que, si le consommateur est radin, c’est qu’il n’a pas trop le choix de l’être. Les gens les plus pauvres ne font pas des économies par choix, mais par nécessité. Il ne faut pas oublier que compter son argent tous les jours est très contraignant. Certains en souffrent beaucoup.» MM
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«Il faut laisser croire à l’internaute qu’il a trouvé le bon filon» |
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À malin, malin et demi! Si certains ne comptent pas le temps passé sur la Toile pour consommer futé, ils ignorent souvent qu’ils font le bonheur des professionnels de l’e-marketing. Pour qui la recherche du bon plan et, surtout, le partage des infos avec une communauté d’amis représente du pain bénit. «L’objectif est d’arriver à ce que la promotion du produit soit faite par le client final», explique Stéphane Perino, créateur et directeur d’Agence Virtuelle SA, société genevoise spécialisée qui s’occupe notamment de la promotion sur l’internet de LeShop et d’easyJet. Pas étonnant donc de retrouver toutes les promos de la compagnie d’aviation «low-cost» sur radin.ch. «Ce type de sites, les réseaux sociaux, mais aussi les blogs et les forums, font partie de nos priorités. On plante nos graines de manière à générer des thématiques de discussions.»
Pour remplir les avions. Après avoir travaillé sur MSN et Google, Agence Virtuelle se concentre aujourd’hui sur Facebook. La publicité sur le réseau social qui compte plus de 400 ?000 membres en Suisse et retient l’attention des 16-30 ans plusieurs heures par jour est autorisée depuis novembre 2007. Les entreprises ont accès au profil des internautes. Elles ont aussi la possibilité de créer leurs propres pages. Ainsi, un utilisateur peut non seulement venir visionner ces pages, mais également se déclarer fan d’une marque et l’ajouter à sa liste d’amis... Toute action apparaît dans son profil et dans son rapport d’activité que peuvent consulter tous ses amis. L’avantage? L’information au sujet de la marque est répercutée de façon virale à travers le réseau de contacts de l’utilisateur et se propage sans fin. Dans le cas d’easyJet, la mise à disposition de l’horaire permet d’inciter des groupe d’amis à préparer un week-end à Ibiza, tout en donnant envie à leurs connaissances... Stéphane Perino: «Le défi est de donner à l’internaute l’impression qu’il a trouvé le bon filon. Il doit être convaincu de sa ruse.» Et, assure le patron, le jeu en vaut la chandelle: «Les retours sur investissement peuvent se monter à des millions de francs.» PO
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Quelle sorte de radin êtes-vous?
«La Suisse résiste mieux que l’Union européenne»
Aymo Brunetti. Pour le chef de la politique économique, la Suisse est encore loin de la récession. Mais il ne nie pas une perte de pouvoir d’achat.
Entre 2004 et 2007, la Suisse a traversé une période économique idéale marquée par une forte création d’emplois, une inflation inexistante et une croissance élevée. Mais la crise financière aux Etats-Unis et les turbulences sur les marchés des matières premières ont refroidi le climat. Au point que l’on envisage le pire. Chef de la Direction de la politique économique du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco), Aymo Brunetti met toutefois en garde contre un excès de pessimisme.
Est-ce que nous sommes en récession? Certainement pas. Et nos prévisions indiquent pour le moment qu’il n’y a pas ce danger à l’horizon. Entre 2004 et 2007, la Suisse a connu une période «parfaite». C’est une raison pour laquelle le refroidissement actuel se ressent si fort. Mais ce n’est certainement pas une récession. Une vraie récession ne signifie pas seulement que le PIB recule durant deux trimestres consécutifs - ce qui n’est actuellement pas le cas - mais également que l’emploi baisse, que les revenus, de même que la consommation et la production reculent. Nous sommes loin de tout cela.
Alors, pourquoi y a-t-il tant de pessimisme? La réaction est compréhensible, car l’économie mondiale a connu deux chocs notables: la crise financière et l’augmentation des prix des matières premières, du pétrole en particulier. Ces deux séismes sont fortement présents dans les médias. Ils amplifient les effets du ralentissement et donnent l’impression de problèmes majeurs. Mais la réalité des chiffres et les tests conjoncturels ne disent pas ça.
Ce pessimisme ne risque-t-il pas de provoquer la crise? Je ne pense pas que l’effet d’autopersuasion puisse être si fort. Le chemin est encore long avant que les gens ne réduisent leur consommation de manière sensible. Celle-ci reste stable. Il y a peut-être des changements d’habitude, mais sans que les effets soient trop importants.
Cela vaut pour aujourd’hui. Et demain? Pour l’avenir, et nous le répétons depuis plusieurs mois, nous attendons un recul de la croissance. Après une période affichant des taux de plus de 3% annuels, nous devrions descendre à 1,9% pour 2008 et 1,3% pour 2009.
L’état d’urgence est décrété en Espagne ou en France, alors que la Suisse tire son épingle du jeu. Pourquoi? A long terme, la Suisse et l’Europe ont des cycles conjoncturels très similaires. Aujourd’hui, deux raisons peuvent contribuer à la meilleure résistance helvétique. Tout d’abord, la libre circulation des personnes a assurément favorisé l’augmentation de la croissance en Suisse. Ensuite, il y a la structure de nos exportations. Nos produits sont fortement demandés par les pays producteurs de pétrole et nous vendons beaucoup en Asie où le dynamisme reste élevé. Mais il n’est pas pensable, à mon avis, que la Suisse demeure en haute conjoncture, alors que le reste de l’Europe souffre.
Pour se rassurer, un Suisse sur deux prévoit d’épargner plus. La consommation, pilier de la croissance, est-elle menacée? Dans la durée, cette réaction n’aura pas beaucoup d’effets. Car l’épargne reste toujours dans le système. L’argent déposé à la banque lui permet d’accorder des crédits. Il ne s’envole pas.
Après quinze ans de quasi-absence, on assiste au retour de l’inflation. Une longue période sans inflation est toujours «dangereuse», parce qu’on en vient à la considérer comme négligeable. Une vigilance continue est de rigueur avec l’inflation. Il faut être prêt à réagir. Actuellement l’inflation est plus élevée que ce que souhaiterait la Banque nationale suisse. Mais nous savons qu’un effet spécial - la flambée des prix du pétrole - en est à l’origine. Sans cette variation, les prix seraient beaucoup plus stables. Nous sommes dans une période de changement important des prix relatifs. Le pétrole se fait rare, son prix augmente. On ne peut pas lutter contre ce phénomène. Mais ce n’est pas un signe d’inflation durable s’intégrant dans une «spirale à la hausse». Si le prix du pétrole demeure au niveau actuel, l’inflation va reculer nettement en 2009.
Vous ne pouvez cependant pas nier que le pouvoir d’achat des Suisses a diminué… Certainement. Mais tout le monde en souffre, aussi bien les salariés que les entreprises.
Une forte augmentation des salaires n’augmenterait-elle pas le risque de spirale inflationniste? Ce n’est pas exclu. Toutefois, la situation ne devient dangereuse qu’au moment où les revendications intègrent des attentes inflationnistes. Lorsque les gens se disent: «Je vais demander plus que ce que je veux, parce que je pense que l’inflation sera importante.» Si cette spirale se met en place, l’inflation pourrait augmenter de manière incontrôlée. Dans une telle situation, la politique monétaire serait forcée d’augmenter fortement les taux d’intérêt, et la récession serait presque certaine.
L’Espagne, très touchée par la crise, vient d’injecter 20 milliards d’euros pour soutenir son économie. Une politique de ce type est-elle envisageable en Suisse? La politique conjoncturelle en Suisse n’est pas discrétionnaire. Si un problème conjoncturel voit le jour, l’Etat ne verse pas d’argent pour stimuler la croissance. L’utilité de ce genre de politique est très discutable. Tout d’abord, parce que la Suisse est tellement petite et ouverte que chaque stimulation profiterait fortement aux autres pays en raison de notre taux d’importation qui atteint presque 50%. Ensuite, parce que, pour mener une telle politique, il faut être très rapide, ce que le processus de décision politique ne permet pas dans notre pays. Nous préférons renforcer les stabilisateurs automatiques, comme l’assurance chômage ou le frein à l’endettement, qui stabilise la majorité des dépenses de la Confédération sur un cycle conjoncturel. Ils sont construits afin de laisser les déficits se creuser en période difficile et de générer des excédents en haute conjoncture, ce qui revient à pratiquer une politique conjoncturelle anticyclique automatique.
Pensez-vous que le chômage fera son retour? Une baisse de la croissance se répercute sur le chômage avec un ou deux ans de retard. Raison pour laquelle, cette année et en 2009, le taux de chômage devrait rester stable. En décembre, les prévisions pour 2010 nous donneront de nouveaux éléments pour cerner le futur. PO
Évolution Crise d’angoisse conjoncturelle
La récession est là. Au moins dans les têtes. Car les chiffres et les pronostics, même s’ils s’affichent souvent en recul, demeurent positifs. Un signe de cette crise d’angoisse? L’indice SMD, du nom de la banque de données des médias suisses. Au cours du dernier trimestre, le mot «récession» est apparu plus de 700 fois, soit trois fois plus que durant la même période de 2007. En plus d’une dépression, l’économie suisse donne des signes de schizophrénie, que ce soit chez les consommateurs ou dans les entreprises. Ainsi, les premiers affichent sans retenue leur rogne contre l’inflation, ce fléau indolore depuis quinze ans, qui ronge à nouveau la puissance du porte-monnaie. Mais ils ne se restreignent pas pour autant. Les activités du commerce de détail étaient florissantes à la mi-2008, après une fin 2007 et un début d’année hésitants.
Même les ventes de voitures continuent de progresser (+5,8%), alors même que l’essence, dans le sillage du prix du pétrole, n’a jamais été aussi chère. Une explication à ce comportement: la progression forte des salaires nominaux effectifs en 2008 et le plein-emploi (moins de 100000 chômeurs), qui ont permis au particulier de surmonter, en partie, ses craintes au moment d’engager des dépenses. Reste que le climat pessimiste persistant dans les pays qui entourent la Suisse – inflation forte et croissance faible notamment en France et en Allemagne – commence à peser sur le moral, comme l’indique le recul de l’indice de consommation publié mardi par l’UBS.
Côté industrie aussi, l’évolution est difficile à cerner. Les entreprises affichent des carnets de commandes bien remplis, ce qui permet aux analystes d’écarter une forte hausse prochaine du chômage, signe de morosité. Cependant, les incertitudes concernant l’évolution des coûts du capital et de l’énergie les poussent à jouer la prudence. Celles-ci hésitent à investir dans leurs appareils de production. D’autres signes alimentent la morosité: le secteur de la construction, indicateur de tendance, est en recul. Sans compter les mauvaises nouvelles qui se multiplient, comme, cette semaine, les pertes d’OC Oerlikon ou la restructuration d’Edipresse ( voir lien).
Avec tous ces présages, la tête ne sera pas facile à soigner. PO |
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