Bâle. Van Gogh superstar
Quatre mois avant son ouverture, l’exposition des paysages de Vincent Van Gogh au Kunstmuseum se présente comme l’événement européen de l’année prochaine.
Un cadeau de Noël de dernière minute? Offrez un billet pour l’exposition Van Gogh qui s’ouvre au Kunstmuseum de Bâle au printemps. Vingt-huit francs pour admirer 70 tableaux de paysages venus du monde entier, c’est finalement pas cher. Et il vaut mieux s’y prendre à l’avance pour avoir le droit de se fondre en une commune extase devant cyprès, champs de blé et nuit étoilée. Plusieurs centaines de milliers de visiteurs sont attendus entre le 26 avril et le 27 septembre. Et plus de 2000 billets avaient déjà été vendus début décembre, trois semaines après l’ouverture de la location sur l’internet.
Exposition unique, événement européen, panorama sans précédent, les superlatifs fleurissent pour mieux vendre Vincent Van Gogh – Entre terre et ciel: les paysages, manifestation qui s’inscrit clairement dans le trend des grandes expositions spectacles. C’est qu’il faut rentabiliser l’opération soutenue par un «presenting sponsor» de poids, UBS. La grande banque, qui n’avait bien sûr pas prévu les pertes colossales qui l’ont récemment affectée, maintient son financement mais entend rester discrète. Pas question de parader, et encore moins de donner des chiffres même s’«il s’agit de montants considérables». A travers visites privées, invitations et réceptions VIP, l’exposition permettra de soigner relations d’affaires et grands clients. «Nous ne sommes pas Pestalozzi. Une telle manifestation reste un important instrument de communication», reconnaît le porte-parole d’UBS Rudolf Bürgin.
Au Kunstmuseum de Bâle, en revanche, on insiste d’abord sur la dimension artistique de l’opération. «Le thème du paysage est passionnant chez Van Gogh et n’avait jamais été exploré jusqu’ici dans une exposition, insiste Nina Zimmer, l’une des trois commissaires de la manifestation. Les paysages révèlent en outre chez le peintre une dimension très concertée, presque programmatique et conceptuelle. On est loin de l’image du fou inspiré à laquelle il a longtemps été associé.» Tout en se réclamant de l’excellence au niveau scientifique, le Kunstmuseum de Bâle ne peut toutefois cacher une ambition plus terre à terre. A une époque où aucune institution n’échappe à l’impératif de rentabilité, il n’est pas indifférent de faire venir en masse un grand public tout acquis à Van Gogh. Et peut-être de rivaliser ainsi avec la Fondation Beyeler, sa jeune mais ambitieuse et florissante consœur. •
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