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Guidé par une étoile
Bashung aura chanté jusqu’à son dernier souffle. Un live grandiose témoigne. Chapeau bas.
Bashung va mourir. Il le sait, les spectateurs le savent. Il chante, jusqu’à son dernier souffle, métamorphosé. Le cidevant blouson noir, portant la grande musique électrique à son point de fusion, accomplissant les rites sacrificiels du rock’n’roll, vitesse, danger, abus, a accédé à la dignité du sphinx. Hiératique et droit, un chapeau sur son crâne nu, il slalome avec la maladie pour monter encore sur scène, la semaine en province, le dimanche à l’Elysée-Montmartre. «Entre explosions chimiques et désintégrations physiques, le corps s’est régénéré puis épuisé», écrit Marc Besse dans l’excellent Bashung(s) une vie.
Dépouillée, la musique atteint une plénitude exceptionnelle, «dans le silence ou dans le bruit». Au trio rock (batterie, basse, guitare) se joint un violoncelle qui amène une touche de gravité profonde comme le tombeau. La voix est d’une justesse totale. Le rocker démontre qu’il est un immense orateur musical: le phrasé importe autant que la mélodie. A cet égard, Vénus est exemplaire dans sa bouleversante sobriété: un pizzicato de violoncelle que picore un banjo dont chaque note est comme une étoile qui s’allume, «première à éclairer la nuit...»
«Je vous souhaite la force et la tendresse», lance Bashung au début du concert, avant de nous laisser avec ses chansons fortes et tendres comme viatique. Ecouter Dimanches à l’Elysée jusqu’au vertige, c’est écouter un homme debout, c’est ne plus craindre la mort. Total respect.
Antoine Duplan
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