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Par Christophe Passer - Mis en ligne le 19.09.2012 à 13:43 |
Dans le bistrot de son père, Lausanne, avenue de Cour, il vous emmène dans une petite salle à l’arrière. Sur les murs, des photos de hockey, coupures de presse de son père qui fut un grand joueur, ou le gamin en junior. Quelque chose de juste avant flotte dans la pièce. Juste avant: avant l’inattendu triomphe helvétique de Tomorrow may not be better, l’album de Bastian Baker. Il est ici comme à la maison, s’étire les jambes, une vague nervosité dans les gestes, la façon de tripoter sans cesse le verre devant lui. Il a sa dégaine habituelle pop blouson et T-shirt, décoiffé rebelle, une séduction permanente, l’envie de plaire sans tricher. Dilemme. C’est bien cette question qui l’occupe, depuis quelque temps. Depuis un après-midi de l’été dernier où son téléphone a sonné: «J’étais en Corse, vacances avec des potes. Et on m’annonce que Danse avec les stars, l’émission de TF1, s’intéresse à moi. Je n’avais jamais vu le programme et j’ai commencé par demander avec quelle star j’étais supposé danser, sans déconner. Mais une fois l’appel fini, j’ai constaté le dilemme à venir: trois de mes amis trouvaient ça absolument génial et incroyable, les autres pensaient l’inverse. Je n’avais pas d’a priori, rien n’était encore sûr, je pensais que je ne serais pas retenu au final.» Mais TF1 insiste, confirme le Vaudois dans son casting. Bastian commence cependant par avoir le fier culot de dire non. «Je sortais de concerts, notamment celui du festival de Montreux, qui s’étaient très bien passés. Un public qui n’est pas seulement celui des jeunes filles s’était développé, il y avait une reconnaissance artistique. Je ne savais pas trop ce que j’allais faire dans Danse avec les stars. A partir de là, ils m’ont appelé tous les jours.» Opportunité. Il finit par changer d’avis et accepter le défi. «Tout le monde me disait que j’étais fou d’hésiter. Au fond, je crois qu’il faut prendre ça comme ça vient. Je n’ai rien à perdre.» Danse avec les stars est pour lui une opportunité unique pour se faire connaître en France. «Jusque-là, j’y ai travaillé comme en Suisse: showcases dans les magasins de disques, premières parties de Nolwenn Leroy, le passage dans Taratata, etc. Mais ça reste un marché difficile et particulier où tout, précisément, passe par la télévision. Ce qui prendrait trois ans peut prendre trois mois grâce à Danse avec les stars.» Le petit écran comme sésame: du merveilleux Petit conservatoire de Mireille à Nouvelle Star, des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier à la Star Academy, la musique populaire s’y fait connaître depuis des décennies. Entraînement. Il a déjà rencontré celle qui sera sa partenaire dans l’émission: la danseuse australienne Katrina Patchett qui avait fait virevolter M. Pokora, vainqueur de la première saison. «Elle est super cool. Mais pour le moment, je suis pitoyable en danse», rigole-t-il. Plusieurs semaines d’entraînement précéderont le prime time du 6 octobre.
«CE QUI SERAIT FORMIDABLE, C’EST DE POUVOIR FAIRE ENSUITE UNE TOURNÉE EN FRANCE.»Bastian Baker
Les autres candidats de l’émission (la chanteuse Lorie, Emmanuel Moire, du Roi soleil, Chimène Badi, Amel Bent, l’ex-rugbyman Christophe Dominici, le champion de roller Taïg Khris, l’escrimeuse multimédaillée Laura Flessel, l’ancien mannequin Estelle Lefébure et le comédien Gérard Vives) seront logés à la même enseigne. Il n’y a pas d’éliminé le premier soir et les participants sont sûrs de faire au moins deux émissions devant une moyenne de 5 millions de téléspecteurs. «Le but n’est pas de battre les autres. Ça durera ce que ça durera et je ferai absolument de mon mieux. J’espère surtout profiter de cette vitrine pour faire connaître un peu ma musique. Ce qui serait formidable, c’est de pouvoir ensuite faire une tournée en France.» Ce qui l’agace pour le moment, c’est d’être présenté «comme le Justin Bieber suisse. J’essaierai de demeurer proche de ce que je suis, de ma personnalité. Oui, c’est un grand spectacle qui a ses règles, ses paillettes, mais ça n’empèche pas de rester soi-même.» Prochain album. Baker entrera ensuite en studio, à la fin de l’année, pour un deuxième album décisif. «La plupart des titres sont déjà OK. Le premier disque, c’était des chansons écrites dans ma chambre, entre 15 et 19 ans. Refaire le même genre de chose, ce serait partir dans le mur. Il y aura des compositions plus épurées, guitares et voix. D’autres avec un son très live, nées avec le groupe, en tournée.» Single prévu en avril 2013, puis l’album dans un an. En attendant, il tripote toujours le verre devant lui, passe sans cesse la main dans ses cheveux. Il se réjouit d’y aller, que ça commence enfin. Mais il a peur, aussi, de ce saut à l’élastique dans le showbusiness, l’énorme machine de TF1. Bastian Baker a 21 ans et du talent, une grâce d’ange, une sincérité dans la voix et les chansons. Danser, maintenant? Il se marre: «Ça devrait le faire.» |









