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Bazar
Réalisateur : Patricia Plattner
Acteurs : Bernadette Lafont, Lou Doillon, Pio Marmaï
Sortie: 2 décembre 2009
Distributeur : Suisse

Sonate d'automne

Avec «Bazar», Patricia Plattner offre à Bernadette Lafont un splendide rôle de vieille dame gourmande et scandaleuse.

Un des plus beaux rôles de Bernadette Lafont est celui de Mona, la tenancière du motel des Petites couleurs (2002). Gouailleuse et sensuelle, la comédienne retrouve Patricia Plattner pour Bazar. Elle incarne Gabrielle, antiquaire bohème et libertaire.

Expropriée de sa boutique, son bazar, sa caverne aux trésors patinés, elle tombe dans les bras de Fred, un ouvrier portugais. Il est beau, il a 25 ans, elle en a quarante de plus. Mais au diable les convenances, il n’y a pas de mal à se faire du bien et tant pis si cet amour d’arrièresaison est sans issue.

Bazar, c’est une «comédie douce-amère sur la nouvelle famille», explique Patricia Plattner. Elle met en scène le petit peuple qui entoure Gabrielle, brocanteurs, galeristes, piliers de bistrot, anciens amants, prolos, bricoleurs et poètes de tous âges. Sans oublier Elvire, sa fille enceinte en partance pour le Chili.

La réalisatrice de Piano panier, du Livre de cristal et de nombreux documentaires, a de la tendresse pour les gens et pour sa ville, Genève. Non la capitale de la diplomatie et du private banking, mais une ville à dimension humaine où se perpétue une qualité de vie à l’ancienne: soirée au bistrot, tour au Puces de Plainpalais, balade brumeuse sur le Salève et, à l’heure du dernier baiser, le tram 12 qui s’en va, bringuebalant, vers la frontière française.

Sourire brumeux. Une mélancolie diffuse nimbe ce film qu’illuminent le sourire craquant de Bernadette Lafont et quelques très beaux plans, comme cette porte cochère ouverte sur la pluie, un accordéon à gauche, un parapluie à droite. Et, Mesdames sachezle, comme c’est une femme derrière la caméra, on y voit la nudité masculine de face et sans voile.

Mais la jolie sonate d’automne composée par Patricia Plattner s’alanguit parfois. La réalisatrice carougeoise perd le tempo au gré d’histoires annexes, comme la mort de Nico, le copain de Fred, qui nous entraîne trop loin de l’attachante tribu de Gabrielle.
 
Antoine Duplan


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