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Nos belles années 2000
Beaux-arts: L’art partout, tout le temps, pour tous

Par CHRISTIAN BERNARD - Mis en ligne le 16.12.2009 à 15:14

Pour le directeur du Mamco à Genève, l’art a cessé d’être dominé par des critères occidentaux, mais a perdu son âme dans une bulle spéculative affolante.

Les décennies sont d’utiles unités de mesure du temps, mais il est rare que l’histoire s’y loge docilement. Ainsi en estil de celle qui s’achève bientôt, la première du XXIe siècle. Il est évidemment trop tôt pour dire ce que la postérité en sauvera. L’exercice est très périlleux. Qu’est-ce qui a réellement marqué la scène de l’art contemporain au cours des dix dernières années? Le changement de siècle et de millénaire s’est-il traduit dans l’activité artistique? Evidemment non. Si l’on prend deux événements encore récents qui ont marqué la conscience occidentale et ont été présentés comme des moments de bascule décisifs, la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) et l’attaque du World Trade Center de New York (11 septembre 2001), on constate aisément qu’ils n’ont pas retenti durablement sur les formes de l’art.

Mais s’il fallait situer un tournant dans le cours de l’art, c’est bien dans la deuxième moitié des années 80 du siècle passé qu’il faudrait le placer. Et ce changement majeur, c’est l’accélération du mouvement général de la mondialisation qui en est à la fois l’horizon et la cause. L’effondrement du bloc soviétique n’en est qu’un aspect. Une critique américaine avait alors lumineusement résumé la nouvelle donne: l’histoire de l’art avait basculé dans la géographie. L’exposition Les magiciens de la Terre (Paris, 1989) en a dressé magistralement la première cartographie.

En effet, ce qui caractérise désormais l’art actuel, c’est sa condition plurielle, la fin de la domination des critères occidentaux, la coexistence à l’échelle mondiale de formes diversement acculturées. Il n’y a plus de capitale de l’art comme Paris a pu l’être jusqu’à la dernière guerre mondiale ou comme New York l’est ensuite devenue. Le monde de l’art est devenu multipolaire. La Tate Modern en a esquissé la généalogie au long du XXe siècle en 2001 dans une mémorable exposition (Century City. Art and Culture in the Modern Metropolis).

L’art multiplié. L’information va partout en temps réel via l’internet et les œuvres circulent sur tous les continents à travers les expositions biennales ou triennales ou bien les foires commerciales qui se sont multipliées ces quinze dernières années. Il n’y a jamais eu autant d’artistes, d’expositions, autant de lieux voués à l’art, de collectionneurs, d’amateurs, de visiteurs que durant ces vingt dernières années. L’évolution des pratiques culturelles dans les vieilles nations, le développement de ces pratiques dans les pays émergents, les progrès de l’éducation, les conquêtes du féminisme, la reconnaissance des minorités, toutes ces données ont changé l’art aussi bien quantitativement que qualitativement.

Un des effets de cette évolution, au cours de la première décennie du nouveau siècle, a été la démultiplication des figures du monde de l’art. En particulier, celle du commissaire d’exposition, autrement nommé le curateur. A l’«auteur d’exposition» incarné, sinon inventé, par le Suisse Harald Szeemann, s’est progressivement substitué le «collectif curatorial». Les expositions de groupe sont aujourd’hui souvent conçues et réalisées en commun par des commissaires associés. Cela tient, d’une part, à l’impossibilité croissante de maîtriser l’information sur une scène artistique en expansion exponentielle et, d’autre part, à un attrait nouveau pour le débat, le partage, l’identité communautaire, l’être-ensemble postfamilial, plutôt que pour la proposition personnelle assumée singulièrement. L’«esthétique relationnelle» théorisée par Nicolas Bourriaud dès 1998 s’est largement imposée comme la nouvelle vulgate de l’art contemporain. Le vieux rêve d’un art au service du lien social y a revêtu ses habits neufs. Tout cela implique que la dimension anthropologique d’une œuvre et sa capacité à susciter des formes de convivialité sont aujourd’hui des critères qui prévalent nettement sur les considérations formelles ou esthétiques.

Bulle spéculative. Un autre trait des deux derniers lustres a été, sur un tout autre plan, l’affolante croissance de la bulle spéculative sur le marché de l’art. Des œuvres y ont atteint des sommets aberrants, des artistes y ont été insensément surestimés et l’impact médiatique de ces opérations financières a fait croire que l’art y était en jeu et y trouvait sa vraie valeur alors qu’il y perdait son âme et toute signification recevable, tandis que la critique et les institutions devaient se contenter de compter les points d’une partie qui se moquait de leur expertise. La figure du «grand collectionneur» s’est alors imposée, nouvelle diva d’un jeu social biaisé où l’appréciation des œuvres s’établit sur son quotient d’appartenance aux prétendues «collections privées» de référence. L’éclatement de cette bulle spéculative à la faveur de la crise actuelle n’a fait qu’atténuer les dégâts de cette nouvelle «classe critique».

Closky et Rondinone. Si je ne devais retenir de cette masse incommensurable d’événements artistiques que quelques manifestations exemplaires à mes yeux, je voudrais ne pas oublier les rétrospectives de Rirkrit Tiravanija au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (Couvent des cordeliers, 2005) et de Claude Closky au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (Mac/Val, 2008). Dans l’un et l’autre cas, ces artistes ont complètement renouvelé l’idée même de rétrospective en proposant une récapitulation de leur travail fondée sur une réinvention intégrale de leurs œuvres. Belle leçon de créativité et de réflexivité, aux antipodes des stratégies marchandes. De même, garderai-je longtemps en mémoire les expositions de Charles Ray dans la galerie Matthew Marks à New York en 2006 (A Four Dimensional Being Writes Poetry on a Field With Sculptures) et du Suisse Ugo Rondinone au Palais de Tokyo à Paris en 2007 (The Third Mind). Ces deux artistes y ont créé des formes nouvelles de l’hommage et de l’expression de la dette en rassemblant de façon inédite et étonnamment éclairante des œuvres des artistes, connus ou non, qui les ont marqués.

Quand l’art se fait exercice d’admiration et de gratitude, quand il s’émancipe des poncifs qui font les groupes et des cadres qui rétrécissent l’histoire, quand les artistes remettent entièrement en jeu leur œuvre et exaltent leurs ressources intimes, alors rien de l’époque ne saurait les dater. Et c’est ainsi que s’écrit l’histoire, loin des récits de surface.


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Tags: réstrospective artistique, Christian Bernard,

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Festival   



Samedi 15 octobre 2011 au Samedi 5 mai 2012
Hiver de Danses
«HIVER de DANSES» est un concept élargi pour la promotion de la danse contemporaine, dans la ligne et l’esprit du festival «neuchâtel scène ouverte» (2003-2010). Les détails des 10 week-ends figurent dans Temps libre sous la rubrique «Danse»
En Ville, Neuchâtel
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Théâtre / Opéra / Danse   



Lundi 26 décembre 2011 au Lundi 2 janvier 2012
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Opéra bouffe - Direction musicale Cyril Diederich / mise en scène Omar Porras / avec: B. Uria Monzon, L. Guillod, S. Guèze, S. Patterson, F. Longbois, J.-P. Lafont, Sinfonietta de Lausanne, Choeur - Nouvelle production de l'Opéra de Lausanne
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Vendredi 28 octobre 2011 au Samedi 31 décembre 2011
Frank V de Friedrich Dürrenmatt, traduction Jean -Pierre Porret et Jean-Roger Caussimon, musique de Paul Burkhard, mise en scène: Gérard William
Comédie burlesque d'une banque privée. On y joue,chante et danse. Pour Dürrenmatt, c'est une vraie jubilation de caricaturer l'arrogance des banques. Par sa musique, Paul Burkhard renforce l'esprit satirique de la pièce et la rend cocasse
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Samedi 31 décembre 2011
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Rens./Loc.: 079 384 30 66
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Chanson - Variété / Café-théâtre   



Mercredi 28 décembre 2011 au Dimanche 15 janvier 2012
On Mouille! - La Croisière de l’Helvetia
L’Helvetia, fleuron de la flotte suisse, avec ses cabines de luxure, ses hublots avec vue sur la politique cantonale et fédérale, son pont V.I.P, son grand cabaret, son terrain synthétique de foot ou encore ses boutiques avec défilé de mode...
Salle de la Fontenelle, Cernier
Rens./Loc.: Banque Raiffeisen de Cernier au 032 858 24 33

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Jeudi 27 octobre 2011 au Vendredi 11 mai 2012
Saison 2011/2012 de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds
Les meilleurs interprètes de la scène internationale s’arrêteront à la Salle de musique, le temps d’illuminer de leur talent une acoustique internationalement reconnue, génératrice de miracles d’inspiration.
L'Heure Bleue - Salle de musique, La Chaux-de-Fonds
Rens./Loc.: 032 967 60 50
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Jazz / Rock / Musique du monde   



Samedi 25 février 2012
SAMUEL BLASER Consort in Motion
Samuel Blaser se partage entre New-York et Berlin. Excellent technicien, il utilise pleinement les ressources de son instrument avec beaucoup de finesse et sans ostentation.
Théâtre du Pommier, Neuchâtel
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Discothèque   



Samedi 31 décembre 2011
BACK IN TIME : CULT & DANCE NEW-YEAR PARTY
Le 31 décembre 2011, le Bleu Lézard s'enflammera sur deux étages aux ambiances festives garanties !

Bleu Lézard, Lausanne
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Jeudi 8 mars 2012
LOTO
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Conférences / Lecture   



Vendredi 20 janvier 2012 au Vendredi 16 mars 2012
CONSTRUIRE UN FEU
LECTURE-PROMENADE-FONDUE

Texte : Jack London
Traduction : Christine Le Bœuf
Conception et jeu : Jean-Louis Johannides

Par la Cie En déroute, en partenariat avec Arc-en- scènes et la Métairie « Les Gümmenen »
Centre de culture ABC, La Chaux-de-Fonds
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