En refusant la décharge aux ex-dirigeants d’UBS pour la seule année 2007, les actionnaires ? dont sans doute nombre d’employés ? ont fait preuve d’une belle clairvoyance. Leur décision préserve mieux l’avenir de la banque, et l’image de la place financière suisse, que ne l’aurait fait un large blanc-seing pour les trois exercices écoulés. Un vote sans nuance aurait été largement perçu comme un maladroit coup de balai destiné à faire disparaître la poussière sous le tapis. Pire: comme l’aval donné à tous les dirigeants de multinationales de n’être responsables de rien, s’ils ne sont pas coupables aux yeux de la loi. La nuance est d’importance. C’était aux actionnaires d’exprimer leur désaveu pour la stratégie malheureuse ayant mené l’établissement au bord de l’abîme et dynamité la valeur des titres. Ils ont collectivement décidé de se mêler de leurs affaires. Elles sont un peu celles de chaque Suisse: via l’engagement de la BNS dans le sauvetage de la banque aux trois clés et à travers la fortune de caisses de pension largement dotées en actions UBS. Tout comme le sont les portefeuilles de nombreux fonds d’investissement et de pension étrangers qui ont aussi donné de la voix à Bâle. Le «non» énoncé à la Halle Sankt Jacob sera entendu bien au-delà des frontières helvétiques. Il sonne le rappel des règles de la démocratie actionnariale: les décisions importantes appartiennent aux propriétaires de l’entreprise.
LES ACTIONNAIRES SE MÊLENT DE LEURS AFFAIRES.
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