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Bernard Comment: L’ami jurassien de Lou Reed
Les écrivains romands ne rêvent plus guère de Paris; Bernard Comment est une exception. Né en 1960 à Porrentruy, il quitte l’Ajoie pour étudier à Genève, puis à Paris où il suit les cours de Roland Barthes. Viennent ensuite ses années italiennes, quatre en Toscane auxquelles s’ajoutera plus tard une cinquième à Rome comme pensionnaire de l’Académie de France à la Villa Médicis. A Paris où il s’est établi, il devient directeur de la fiction à France Culture en 1999 et occupe un bureau communiquant avec celui de Laure Adler. La radio s’ajoute ainsi à ses activités de romancier, d’essayiste, de critique, d’éditeur, de traducteur, de scénariste pour le cinéma, et on est épaté par cette aisance avec laquelle il glisse d’un registre à l’autre. Il y a chez Bernard Comment une énergie concentrée, chaleureuse et contagieuse. En 2004, il est entré aux éditions du Seuil où il dirige depuis lors la prestigieuse collection Fiction & Cie qu’avait créée Denis Roche. Pour la rentrée littéraire, il mijote un gros coup: il a réussi à obtenir d’Anna Strasberg, héritière de la succession de Marilyn Monroe, les droits mondiaux pour la publication d’un ensemble inédit de lettres, notes et poèmes de l’actrice qui paraîtra simultanément en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis.
SON RÉSEAU MUSICAL
LOU REED Fin 2007, Bernard Comment a été contacté par l’agent de Lou Reed qui lui a proposé d’éditer en français les textes de l’ensemble de ses chansons. «Lou Reed m’a ensuite appelé, j’ai entendu cette voix mythique au téléphone…» La rencontre a eu lieu à Paris, au restaurant Marius et Jeannette: «Je suis arrivé très tendu, mais on s’est tout de suite très bien entendus.» Depuis lors, ils se sont vus souvent. A Paris ou à New York: «Lou Reed habite un loft magnifique qui donne sur l’Hudson. Récemment, on est allés voir ensemble un match de basket au Madison Square Garden. A travers lui, j’ai aussi rencontré sa compagne Laurie Anderson avec qui je prépare un livre: Stories, des histoires parfois terribles…» L’an dernier, Bernard Comment a édité au Seuil un autre ouvrage de Lou Reed: Le corbeau, livret d’un opéra rock inspiré par Edgar Poe et mis en scèn par Bob Wilson.
HAMÉ Il a rencontré le rappeur et compositeur de La Rumeur au Zénith, alors que son groupe faisait la première partie de Noir Désir. «Je trouve formidable ce garçon plein d’énergie qui est à la fois dans la musique et le cinéma.»
SERGE TEYSSOT GAY On l’a souvent interrogé sur ses liens avec Bertrand Cantat, mais Bernard Comment est en réalité plus proche du guitariste de Noir Désir: «J’ai aimé sa façon de se renouveler en allant du côté de la littérature. Je lui ai fait faire des lectures en musique avec Lydie Salvayre pour France Culture. Sergio est un homme curieux, généreux, audacieux, très inventif et très à l’écoute.»
Tags: Bernard Comment, réseau,
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| Réaction de Perméable le 30.06.2010 à 16:43 | | Comment persiller Paris
Rodrigo Uribe Mallarino, Chroniqueur
29 juin 2010
Il y quelques... Comment persiller Paris Rodrigo Uribe Mallarino, Chroniqueur 29 juin 2010
Il y quelques semaines j’ai visité le centre suisse dans le Marais à Paris. Il était question d’écrivains suisses. J’accompagnais quelques collègues lémaniques. Le jour avant nous avions marché pendant deux heures dans les quartiers de Romainville. Au centre culturel, en mutation comme la plupart des lieux de création artistique en Europe, j’ai reçu le persil qui me manquait pour ma soirée : un journal format tabloïd, 36 pages, fort intéressant. Dans ce numéro apparaissent 39 papiers d’écrivains suisses au sujet de Paris. Inutile de dire qui a écrit en langue française et qui ne le fait pas ; ils ont tous, d’une manière ou d’une autre, une relation étroite avec celle-ci. Le titre du numéro, un peu pédant, un peu ambigu, mais finalement très énergétique, était "On s’offre Paris". Tous les auteurs ne rêvent pas de Paris, c’est sûr, mais un bon nombre d’entre eux ne la manqueraient pas pour rien au monde. Et je pense : comment est la structure langagière d’un écrivain qui ne rêve pas d’un lieu et qui en même temps le désire ?
Bernard Comment y a participé avec un texte d’une page environ. Il évoque quelques noms d’auteurs, politiciens et intellectuels, une liste passionnante, que malheureusement toutes les bonnes bibliothèques de Paris n’ont pas. Romainville refait sa bibliothèque, je vais leur proposer cette liste. Précisément, avec mes collègues suisses nous visitions la Tour Hertzienne de 120 mts, de quoi la comparer avec les éoliennes qui font débat en ce moment. Sur la tour, une antenne de 22 mts rappelle la querelle de l’antenne pour le guidage au ciel, programmé au Mont Tendre dans le Jura. Nous parlions de ces comparaisons. Nous comparions aussi les espaces très habités et denses avec les non denses, un grand casse-tête dans l’arc lémanique actuel. Inutile à Paris de comparer ce qui est parisien avec ce qui ne l’est pas. Mais dans la plupart des papiers du persil, Paris se réduit à un folklore du 19e - 20e siècle qui se limite aux 20 arrondissements. Bernard Comment même considère que la porte d’Orléans est une entrée de la ville.
Les espaces d’urbanité sont parfois la métaphore des genres littéraires. Dans le persil j’ai lu avec satisfaction des extraits de fiction, mais aussi des chroniques, des poèmes, un comte, des commentaires un peu inclassables. Paris est aussi comme ça. 10 millions partagent un quotidien qui leur permet de dire qu’ils sont dans la même ville, comme les 39 auteurs sont dans le même canard le temps d’une lecture. Je pensais : Un nouveau site des Archives Nationales en construction à Pierrefitte, pourrait-t-il nous illustrer ?
Dans ce persil, Pacale Kramer nous fait une brève esquisse de Paris, ville "pas motivante pour un sou". Elle déclare que "St Geramin n’est plus un lieu d’émulation littéraire mais de pure et simple compétition". Cela est conforme à son genre d’écriture dramatique et ne l’empêche pas de travailler sur place. Pas étonnant que dans le même canard, Michel Layaz mentionne un territoire parisien, Ivry, uniquement pour ses qualités funéraires. Mais je pense : un cimetière, ce n’est pas si mal après tout.
L’urbanité parisienne d’aujourd’hui est assez loin des écrivains actuels. La nouvelle dimension de la ville ne les inspire pas énormément et de leur côté ils ne la reconnaissent pas non plus. La mutation demande-t-elle un autre regard sur ce quotidien ? A quelle heure les écrivains qui pratiquent la langue française cesseront-ils de croire que Paris est le chef-lieu de cette langue ? Je regarde ma montre, ils sont en retard. Arriveront-ils jusqu’à Tremblay ?
Paris le 29 juin 2010
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